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A Aix-en-Provence, un nouveau centre d’art entre classicisme et modernité

Céline Piettre 1 septembre 2015

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Quand on entend le terme de centre d’art, on pense généralement art contemporain. Une association hâtive que déconstruit le Centre d’art de Caumont en présentant une collection d’art classique à moderne avec deux expositions par an. Au cœur d’Aix-en-Provence se dresse le monument historique, fraîchement rénové, qui propose un plongée dans le XVIIIème siècle. Immersion dans ce lieu aux côtés de Sophie Hovanessian, responsable de la programmation culturelle et des expositions, et Christophe Aubas, administrateur. 

caumont T1Vue extérieur de l’Hôtel de Caumont © Sophie Lloyd.

[exponaute] En quoi a consisté la restauration de l’Hôtel de Caumont ? Qu’est-ce qui justifie son classement à l’inventaire des Monuments historiques ? Que peut-on y découvrir ? 

[Christophe Aubas] L’Hôtel de Caumont est un hôtel particulier du début du XVIIIème siècle, dessiné par Robert de Cotte, premier Architecte des Bâtiments du Roi. Au cœur d’Aix-en-Provence, il se distingue par son orientation toute particulière, entre cour et jardin, et son architecture mêlant classicisme parisien et caractère méridional. Au cours du XXème siècle, il a subi des transformations malheureuses. Pourtant, dès 1925, sa porte cochère, sa façade et la rampe en fer forgé de l’escalier monumental ont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Et c’est en 1987 que l’ensemble de l’hôtel est classé au titre des monuments historiques.

Culturespaces a lancé un vaste programme de restauration, avec l’ambition de redonner à l’Hôtel de Caumont son lustre d’antan. Précédés d’une étude approfondie des archives et plans d’époque, les travaux de restauration ont duré près de vingt mois au cours desquels artisans et restaurateurs se sont succédé pour rendre au lieu son éclat originel : sa façade, les ferronneries extérieures et intérieures, les magnifiques atlantes qui accueillent le visiteur dans le vestibule, les gypseries qui habillent murs et plafonds, ses décors à la feuille d’or…

Aujourd’hui, les visiteurs de l’Hôtel de Caumont se plongent dans cette atmosphère si particulière du XVIIIème : ils y découvrent la chambre de la Marquise Pauline de Caumont qui occupa ces lieux jusqu’en 1850, et l’antichambre transformée en salon de musique. Ils s’arrêtent boire un verre ou partager un repas dans les salons décorés avec le raffinement du style XVIIIème. D’autres s’attardent dans les jardins à la française inspirés des dessins originaux.

caumont T 2Restauration de l’Hôtel de Caumont © Caumont Centre d’art Aix-en-Provence.

caumont T3Salon historique : chambre de Pauline de Caumont © Caumont Centre d’art Aix-en-Provence.

Vous prévoyez une périodicité de deux grandes expositions par an, de l’art ancien à la peinture moderne. Pourquoi ce seuil de la peinture moderne ? Qu’en-est-il de l’art contemporain (qu’on a justement tendance à associer au statut de centre d’art) ?  

[Sophie Hovanessian] Deux expositions par an est un rythme soutenu, qui correspond à deux temps forts saisonniers. Nous privilégions une approche qui va de l’art classique à l’art moderne mais rien ne nous empêche d’exposer des artistes vivants, auquel le centre d’art est aussi ouvert. Si nous débutons avec l’art classique et Canaletto, c’est parce que l’art classique est moins présent sur le territoire géographique aixois et que Canaletto représente la quintessence de l’Art du XVIIIème, tout comme l’Hôtel de Caumont. En outre, Canaletto a commencé sa carrière comme peintre d’opéra avec son père à Rome. C’est aussi un bel écho au festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence.

L’exposition Canaletto bénéficie d’une scénographie immersive, notamment musicale. S’agit-il d’une orientation muséographique pour l’avenir ?

[Sophie Hovanessian] Bruno Monnier, PDG de Culturespaces, souhaite développer ce type d’exposition où le numérique et les technologies immersives sont déployés afin d’enrichir le parcours du visiteur par une approche plus interactive de l’art.

Quels artistes feront suite à Canaletto ? 

[Sophie Hovanessian] Cet automne, la collection du prince de Liechtenstein avec Rubens, Van Dyck, Rembrandt…, puis Turner à l’été prochain seront nos prochaines expositions. Nous irons ensuite vers la photographie et l’une des plus grandes stars du cinéma adulée par les photographes, Marilyn Monroe.

Propos recueillis par Céline Piettre.

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