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Méprises, bavures, nettoyage : quand l’art est mal compris

Jéremy Billault 31 août 2015

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Parfois, une œuvre peut laisser perplexe quant aux intentions de l’artiste, ne pas avoir de sens pour certains des spectateurs. Parfois, elle peut passer inaperçue, être considérée comme autre chose. Cette incompréhension-là, l’art contemporain, qui aime jouer avec le quotidien, le pratique, le familier, en a parfois fait les frais. Voici trois exemples plutôt insolites d’œuvres d’art qui auraient largement bénéficié de la présence d’un petit panneau descriptif à leur côté.

Merci du cadeau…

Le 17 juin dernier à Québec, la municipalité a décidé de se débarrasser d’un cadeau de la ville de Paris. En 1987, Jacques Chirac, alors maire de Paris, offre à la ville de Québec une sculpture réalisée par Jean-Pierre Raynaud, intitulée Dialogue avec l’Histoire. Le dialogue n’aura duré que vingt-huit ans. Alors qu’était annoncée sa restauration prochaine, la sculpture a finalement été déplacée, selon une annonce officielle. Ce sont finalement les bulldozers qui décideront de son sort. L’œuvre est pulvérisée. Si l’on ne peut considérer qu’elle ait été incomprise par ceux qui l’ont détruite, il est clair que personne n’ignorait ce dont il s’agissait. L’insolite intervient dans la justification. Après avoir promis à l’artiste que rien ne lui arriverait, la municipalité s’engage dans une lettre à Anne Hidalgo à « réinstaller l’œuvre à l’identique et dans le même esprit que son artiste le souhaite ».

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 Photo :  ICI Radio-Canada.

Beau comme un camion

Lorsqu’il s’agit d’incompréhension face à l’art contemporain, celle-ci est probablement le must. A Karlsruhe, en Allemagne, Erwin Wurm installe son œuvre Truck, à l’occasion du tricentenaire de la ville. Composée du chassis d’un utilitaire et de l’arrière d’un camion, l’installation est un véhicule tordu de façon à être adossé à un mur. Installée à proximité d’un centre d’art contemporain, elle n’a pourtant pas convaincu certains passants, qui y ont vu un véritable camion garé dans une position étrange. La zone étant interdite au stationnement, le Truck en question a vu apparaître sur son pare-brise un superbe petit papier : une amende de 30 euros posée par un contractuel qui devait probablement en avoir vu d’autre.

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Photo : Uli Deck.

« Un vrai bordel »

Dans une galerie d’art, mieux vaut considérer tout comme une potentielle œuvre. C’est en tout cas ce qu’aurait dû se dire la femme de ménage de la Sala Murat à Bari, en Italie, dernière participante en date de la liaison dangereuse qui unit l’art contemporain à l’entretien nocturne. Au sol, deux installations signées Paul Branca et estimées à 10 000 euros, composées de papier journal et de cartons. « Je suis allée ouvrir la salle, a déclaré l’intéressée sans regret mais avec tristesse. J’ai vu tout ce foutoir par terre, les cartons, les bouteilles de verre au-dessus des cartons, un vrai bordel. Alors j’ai pris les cartons, les bouteilles, j’ai tout mis dehors ». Dehors, puis à la poubelle, l’œuvre s’est fondue dans le décor, et a trouvé une interaction fatale, certes, mais en un sens, plutôt poétique. Reste à savoir si l’artiste et la galerie sont prêt à la percevoir, cette poésie.

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 © Galerie Murat, Bari

 

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