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Biopics d’artistes vol.2 : Nos coups de coeur

Marie-Charlotte Burat 24 août 2015

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La vie des artistes est souvent passionnante. Que ce soit l’ensemble de leur existence ou simplement quelques jours qui ont marqué ou changé le court de leur histoire, il est toujours curieux d’en connaître les détails. Après une première série de biopics vol.1, notre sélection continue, et on vous a gardé le meilleur pour la fin. Au programme, Van Gogh, Camille Claudel, Andreï Roublev, Owon et Munch ! Bonne séance. 

Van Gogh

Peintre maudit et incompris, Van Gogh deviendra la figure iconique de l’artiste empreint de folie, au même titre qu’Antonin Artaud. Un état de trouble qui le mènera au suicide à l’âge de 37 ans. Van Gogh commença à dessiner et à peindre en 1880 à 27 ans, en autodidacte, à l’exception de quelques cours. Dépassé par son état mental, il décide de se faire soigner à Auvers-sur-Oise. C’est cette période, les 67 derniers jours de sa vie, que Maurice Pialat s’est attelé à nous décrire par son biopic Van Gogh de 1991. Le réalisateur nous exprime cette lutte interne entre génie créatif et pulsion destructrice qui anime le peintre, ici joué par Jacques Dutronc. La prestation de ce dernier fut saluée par la critique (César du meilleur acteur) et par le public (Van Gogh se positionne à la 21ème place du classement français en 1991). Ce film reste célèbre pour les plans où l’on peut voir Van Gogh peindre avec passion, scènes jouées par Pialat lui-même, peintre à ses heures perdues.

Camille Claudel 1915

Camille Claudel a 48 ans, nous sommes à la veille de la Première Guerre mondiale en 1913, et sa famille décide de l’interner pour la protéger, la voyant en proie à la démence et la paranoïa. Souffrant de sa rupture avec le sculpteur Rodin, l’artiste se replie sur elle-même. Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont est un biopic qui porte exclusivement sur quelques jours en 1915 de la vie de Camille Claudel, au sein de l’asile dans lequel elle réside. De longues journées où elle attend éperdument l’arrivée de son frère, Paul Claudel, qui lui est annoncée dans une lettre. Pour ce film réalisé en 2013, le cinéaste a puisé dans les retranchements de l’actrice Juliette Binoche (c’est elle qui l’a sollicité pour travailler ensemble) qui interprète le rôle de Camille, en lui demandant de se détacher du script et d’improviser. Plus encore, le réalisateur a souhaité tourner dans un réel hôpital psychiatrique aux côtés de ses pensionnaires et des infirmières, donnant l’impression au spectateur d’une réelle immersion.

Andreï Roublev

On sait peu de chose de la vie d’Andreï Roublev, ce moine russe qui peignait des icônes selon la tradition byzantine du XVème siècle. Aussi appelé Saint André l’Iconographe, cet homme d’église vivait dans le monastère Andronikov près de Moscou. Le film du réalisateur russe Andreï Tarkovski vise alors à nous en apprendre davantage sur sa vie et son œuvre. Pour son deuxième long-métrage réalisé en 1969, le réalisateur nous plonge en 1400. Roublev part accompagné de deux autres moines et peintres d’icônes russes, Kyrill et Danill, chez l’artiste Théophane le Grec, dans l’espoir d’être recommandés pour participer à la décoration de l’église de l’Annonciation à Moscou. Seul Roublev est retenu. Le moine se met alors en route en direction de l’église mais s’apprête à vivre un voyage initiatique. Habitué et connu pour ses représentations douces et souples, emplies d’une beauté spirituelle, il est confronté au monde réel, parfois atroce, et s’interroge sur le sens que doit prendre son travail. Une réflexion sur la condition humaine et son art, qui le mènera huit ans plus tard à l’apogée de son œuvre, la Cathédrale de la Dormition de Vladimir.


Owon – Ivre de femmes et de peinture

Owon (ou Jang Seung-Ub), maître de l’art coréen, développa sa pratique tout au long de sa vie. Reconnu comme un artiste de talent, il est aussi célèbre pour sa personnalité marginale et excentrique. Son mythe se fonde aussi sur sa mystérieuse disparition en 1897 dont on ne connaît toujours pas les détails. Considéré à la fois comme un peintre d’exception et un libertin, sa notoriété continue de croître en Corée. C’est ce mélange de peinture, d’alcool et de femmes qu’a voulu exacerber le réalisateur sud-coréen Im Kwon-Taek dans son film. Owon doit lutter chaque jour contre lui-même. Sorti en salle en 2002, ce long-métrage parle aussi d’une Corée du Sud en pleine mutation à la fin du 19ème siècle, qui se doit de s’associer avec l’étranger et de signer des traités avec les puissances impériales. Des bouleversements nationaux qui sont liés au destin de l’artiste et à sa réflexion sur lui-même et sur son art.

Edvard Munch, la danse de la vie

Né en Norvège en 1863, Edvard Munch deviendra l’un des plus grands représentants de son pays. Peintre et graveur expressionniste, il est l’un des pionniers de ce mouvement artistique qui lui vaudra de nombreuses critiques au 19ème siècle. L’art de Munch est comparé à celui d’un homme fiévreux. Des propos illustrés dans le biopic Edvard Munch, la danse de la vie de Peter Watkins réalisé en 1974. Dans une forme narrative entre biopic et le docu-fiction, le réalisateur britannique nous donne une vision subjective de la vie du peintre norvégien. Il le suit de son enfance à sa jeunesse en tant qu’artiste. Dans un siècle acerbe où les conventions de la société puritaine dictent les mœurs — une société bourgeoise que l’artiste rejette —, Munch doit affronter une vie semée de drames familiaux et sentimentaux. Peter Watkins a fait le choix d’un biopic de l’intime où des témoignages fictifs de personnages viennent soutenir sa démarche narrative.

 

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