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Levallois-Perret : des gravures de Boris Taslitzky menacées de destruction

exponaute 18 août 2015

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A Levallois-Perret, la crèche Louise Michel va être démolie pour être remplacée par un immeuble de logement. A son inauguration en 1968, l’artiste Boris Taslitzky avait été invité à graver cinq panneaux à même le ciment. Aujourd’hui ces œuvres pourraient donc être détruites.

Le 22 septembre ils seront détruits. Si la mairie de Levallois-Perret (92) ne revient pas sur sa décision, cinq panneaux en bétons de Boris Taslitzky seront emportés dans la destruction de la crèche pour laquelle ils avaient été conçus. Gravés à même le ciment lors de l’inauguration de la crèche Louise Michel commandée en 1968 par une ville de Levallois communiste, ces panneaux, qui sont pourtant l’œuvre d’un artiste majeur, sont menacés par une décision déjà actée. Suite à cette annonce, beaucoup ont décidé d’agir pour que les gravures soient déplacées, à l’image de l’immense mosaïque du métro londonien réalisée par Eduardo Paolozzi, sauvée in extremis face à la rénovation massive de la station.

Vis de procédure

Interrogée par Le Parisien, Evelyne Taslitzky, fille de l’artiste, s’indigne : « J’ai appris la nouvelle la semaine dernière par des habitants qui ont vu le panneau du permis de construire vissé dans l’œuvre de mon père, ce qui est une première dégradation ». Dégrader l’œuvre, donc, pour annoncer sa disparition. Rapidement, beaucoup se sont émus de voir disparaître ces panneaux de béton. « Si la ville de Levallois n’en veut plus, on peut voir avec un musée ou une autre municipalité », et les candidats devraient être nombreux.

TaslitzkyLe permis de construire vissé à même l’oeuvre d’art. Crédit : M. Ulrich pour L’Humanité

Déjà présenté au Centre Pompidou parisien et à la Tate Modern de Londres, le travail de Boris Taslitzky intéressera d’autres musées si la mairie décide de ne pas valider sa démolition. Après avoir participé à des expositions aux côtés de Picasso, Matisse, Braque ou encore Fernand Léger, l’artiste est arrêté à plusieurs reprises pendant la Seconde Guerre mondiale puis déporté en 1944 à Buchenwald en tant que communiste. Sur place, il réalise 200 dessins, dont une centaine seront édités par Louis Aragon après la guerre, à propos desquels il déclarera :« Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis. D’ailleurs, j’ai l’expérience, j’y suis déjà allé et j’y ai dessiné !… ». L’ensemble des dessins de l’artiste sont disponibles en ligne sur un site internet créé par sa fille.

De son côté, Isabelle Balkany assure que «pour l’instant, rien n’a été démoli. L’urbanisme a le dossier en main. Nous verrons la faisabilité en septembre.» Avec la crèche Louise Michel, c’est donc toute une partie de l’histoire de Levallois qui disparaîtra. Espérons qu’avec elle ne disparaîtra pas une partie de l’histoire de l’art.

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