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« Haricot » VS « bulle de pétrole », la sculpture d’Anish Kapoor a-t-elle été plagiée ?

Marie-Charlotte Burat 14 août 2015

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Anish Kappor a annoncé vouloir porter plainte contre la Chine pour le plagiat d’une de ces œuvres, le Cloud Gate. Située dans la région du Xinjang, au nord-ouest de la Chine, la ville de Karamay va bientôt inaugurer une nouvelle sculpture en forme de « bulle de pétrole », ressemblant fortement à celle d’Anish Kapoor.

Bulle de pétrole TBulle de pétrole, Chine, 2015 © AP

Kapoor et le haricot géant

Non, ce n’est pas la Tour toboggan Arcelormittal , ni le Dirty Corner de l’artiste Anish Kapoor qui est accusé de plagiat en Chine, mais sa sculpture Cloud Gate située à Chicago. Haute de dix mètres et pesant près de cent tonnes, elle est aussi plus communément surnommée le « Bean », pour sa forme caractéristique de haricot… Sacré haricot. Composée de 168 plaques d’acier inoxydables, polie et soudées entre elle, ce haricot géant d’Anish Kapoor est désormais un symbole de la ville de Chicago. Mais plus que la ville, elle est aussi un symbole pour Anish Kapoor. Réalisée entre 2004 et 2006, cette sculpture étincelante est la première que l’artiste ait installée en extérieur.

Cloud T2Anish Kappor, Cloud Gate, © Getty Image

Il faut l’admettre, la nouvelle installation chinoise en forme de « bulle de pétrole » ressemble en beaucoup de points à celle d’Anish Kapoor. De même forme arrondie et avec des matériaux (très) similaires, il y a de quoi poser la question d’un plagiat. Anish Kapoor voit ici un manquement au droit d’auteur et un vol à la créativité. La question est alors de savoir si l’œuvre chinoise entrave le droit moral (qui divulgue, dénature l’œuvre ou atteint la paternité, l’intégrité de l’artiste) ou de patrimoine (représentant le droit d’exploitation de l’œuvre : représentation, reproduction ou adaptation) de l’auteur.

Workers polish a new sculpture in the shape of a giant oil bubble at a tourism resort built near the first drilling well of the Karamay oil field in Xinjiang Uighur Autonomous RegionBulle de pétrole, Chine, 2015 © Reuters

Remuer ciel et terre

Dans la forme, les deux sculptures se rejoignent clairement, une forme ovoïde et métallique. Dans l’idée le responsable de la sculpture se défend en apportant une nuance entre les deux significations de ces œuvres. D’après lui, là où le Cloud Gate de Kapoor cherche à refléter le ciel, la Skyline de la cité des vents, la « bulle de pétrole » veut refléter le sol. Différence flagrante… mais différence tout de même. De plus, « la bulle de pétrole » se défend en prenant un sens à part dans cette ville qui vit essentiellement de son activité d’extraction et de raffinement de produits pétroliers.

Plagiat ou non plagiat ? Seules les autorités nous le diront si Anish Kapoor compte effectivement porter plainte. Sa motivation ne semble pas faiblir et l’artiste compte même demander du soutien à la mairie de Chicago. En attendant, le bureau de tourisme de la ville de Karamay ne souhaite pas divulguer le nom de l’artiste et persiste à plaider dans le sens d’une « coïncidence » entre les deux sculptures. Ce n’est pas l’avis de la population chinoise qui crie au plagiat sur les réseaux sociaux depuis la divulgation des photos de la sculpture qui sera inaugurée, sensément, fin août.

Cloud T1Anish Kappor, Cloud Gate, © Getty Image

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