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A Kaboul, les murs anti-explosions couverts de street-art dénoncent la corruption

Jéremy Billault 13 août 2015

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Sur les murs anti-explosions du palais présidentiel de Kaboul, un collectif d’artistes a décidé de peindre des yeux pour symboliser la lutte contre la corruption. Dans une ville encore marquée par la violence, la corruption s’est répandue dans toute la société, à petite comme à grande échelle.

tumblr_noaw6fYMdd1u7u082o1_1280© Tumblr Everyday Afhanistan 

Les murs ont parfois des oreilles, à Kaboul, ils ont des yeux.  Grâce à un groupe d’artistes de rue, les murs anti-explosions deviennent, des murs anti-corruption. Chez le voisin pakistanais, du côté de Karachi, les murs se couvrent de couleurs pour embellir la ville grâce à plusieurs centaines de mètres de fresques. Ici, les murs surveillent, affublés d’immenses yeux et d’un message clair : «La corruption ne peut pas échapper à Dieu, ni aux hommes.»

Loi de la rue

Loin du street-art illégal, du vandalisme qui sévissait, notamment, à Karachi avant que l’on ne décide de tout repeindre, les yeux afghans sont explicitement autorisés par le président Ashraf Ghani qui accepte que les murs qui protègent son palais soient gratifiés de telles illustrations. Parmi les artistes à l’origine du projet, Maryam, 35 ans qui est passée en France par le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, qui, comme la plupart des afghans,  en a « ras le bol » de la corruption. Partout, dans l’administration, dans les tribunaux, le pot-de-vin est entré dans la vie quotidienne. A tel point qu’au classement de Transparency International (ONGI allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption ), l’Afghanistan se situe à la 172ème place sur 175 pays étudiés, devant le Soudan, la Corée du Nord et la Somalie.

d3d86f2f48540c3d2981a4a3a34044b0_L© Wakil Kohsar pour l’AFP

Qu’ils disparaissent

« Ces murs anti-explosions-ils étaient vraiment laids. Nous voulions les recouvrir pour qu’ils disparaissent. » déclare Kabir, l’un des initiateurs de cette série de fresques. Ces murs, ils sont la conséquence directe d’une violence encore trop présente dans la capitale afghane, ils protègent les riches, le palais présidentiel ici, et laissent les plus démunis sans sécurité. Avec ses yeux, gardiens du peuple, les murs deviennent, à leur façon, le témoignage d’un peuple qui est conscient que la corruption règne et qui ne compte plus le supporter. Accusé de corruption, notamment avec la distribution des aides internationales, Hamid Karzai avait démissionné en 2014. Le nouveau président Ashraf Ghani a décidé de faire de la lutte contre la corruption sa priorité. Désormais, son palais surveille. La corruption ne peut échapper à Dieu, ni au peuple. Les murs seront là pour le rappeler.
3f41686960288bce20b3d3df7e9d461e4e5afe05© Wakil Kohsar pour l’AFP

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