Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Arnaque à Honolulu : La contrebande s’installe-t-elle dans les musées ?

Marie-Charlotte Burat 11 août 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Hawaï, ses plages de sable fin, ses eaux turquoise… et ses trafics d’art. Près de la plage Waikiki, le musée d’art d’Honolulu est le théâtre de contrebande. Il a déposé une plainte le 31 juillet contre Joel Alexander Greene, accusé d’avoir remis au musée des œuvres illégales.

Cambodian_Buddhist_Trinity TTrinity bouddhiste du Cambodge, don de Joel Alexander Greene en 2004 © Musée d’Art Honolulu

Au total, Joel Alexander Greene est poursuivi à hauteur de 80 000 dollars pour les œuvres qu’il aurait données au Musée d’art d’Honolulu et à l’Académie des Arts d’Honolulu, faute de preuve attestant de leurs origines.

L’art de la contrebande

En 2004, Greene propose cinq œuvres d’art d’Asie du Sud d’une valeur de 1.3 million de dollars au Musée d’art d’Honolulu. Parmi elles, une statuette cambodgienne du XIème siècle, pièce maîtresse du lot. En retour, le collectionneur se voyait recevoir une rente de 80 000 dollars. Une affaire plutôt concluante pour les deux parties. De surcroît, Greene s’engageait à léguer trente-sept œuvres d’art supplémentaires à sa mort, mais sans préciser leur provenance…

Le déclic, c’est en 2011 que le musée l’a eu. A cette date, le milieu de l’art reste sous le choc avec l’arrestation de Kapoor et la découverte de l’ampleur de son trafic d’art. A ne pas confondre, nous parlons ici du marchand d’art indien, Subhash Kapoor et non pas le plasticien Anish Kapoor. Ce dernier aurait instauré le plus grand réseau de contrebande au monde, usant des institutions culturelles telles que la National Gallery d’Australie, Toledo Museum of Art dans l’Ohio et surtout le Musée d’art d’Honolulu. Sept des objets donnés par Kapoor au musée d’art d’Honolulu ont été saisis par la Homeland Security Investigation l’année de l’arrestation de Kapoor.

Greene Washing

Après un tel événement, le musée d’art d’Honolulu a redoublé de surveillance, et heureusement. C’est en remuant les archives que les membres du musée se sont aperçu que Greene n’avait pas fourni les documents nécessaires qui attestaient de la nature de l’obtention des œuvres. Greene n’en est pas à son premier tour d’essai, en 2004 déjà, sa collection avait été remise en question. Après avoir conclu un accord auprès du Young Museum de San Francisco, le directeur du musée Yoshino Yamamoto est revenu sur cette entente à défaut de ne pas pouvoir authentifier trois des quatre-vingt pièces de la collection Greene.

Pour sa défense, Greene maintient que lors de l’accord en 2004 avec le musée d’art d’Honolulu, il n’était pas stipulé que le collectionneur doive remettre les documents d’authentification des œuvres. Le legs des 37 objets d’art après sa mort, aurait même été conclu sous cette condition d’après Artnews. A l’heure actuelle, Greene peut encore prouver l’origine de ses pièces s’il en a les moyens pour contester les accusations, ou, faute de preuve, remettre la faute et retourner sa rente.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE