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Tate Britain : Ecouter, sentir, toucher et goûter l’oeuvre d’art

Jéremy Billault 6 août 2015

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A Londres, la Tate Britain s’apprête à lancer une exposition appelée Tate Sensorium, qui tâchera d’illustrer quatre tableaux de la collection permanente en exploitant les cinq sens de ses visiteurs. Révolution ou gadget technologique ?

Le regard ne suffit plus. En Angleterre, cette idée a fait du chemin, s’imposant dans un musée, puis un autre. Dès le mois de juillet, la National Gallery (tout de même) avait choisi six artistes spécialisés dans le son pour illustrer…renforcer…ambiancer… appelez ça comme vous voulez , six des œuvres de sa collection permanente. Cette exposition appelée « paysages sonores » a voulu (pourquoi pas ?)  plonger  le visiteur dans un tableau exposé seul dans une salle insonorisée. Ambition pour certains, «plus mauvaise idée depuis plus d’un siècle» pour d’autres.

Interior II 1964 by Richard Hamilton 1922-2011

Richard Hamilton, Interior II

 

Pas très loin de là, la Tate Britain surenchérit au mois d’août. Voir un tableau ? Has been. Voir et écouter un tableau ? So mois de juillet ! Voir, écouter, sentir et goûter un tableau ? Deal. «Les galeries sont très largement visuelles. Mais les gens ne le sont pas. Le goût, le toucher, l’odorat et l’ouïe peuvent-ils changer la façon dont  nous «voyons» l’art ?» C’est la question que se posera l’exposition Tate Sensorium en exposant, elle aussi, quatre œuvres de sa collection affublées de toutes sortes d’artifices sensoriels.

Figure in a Landscape 1945 by Francis Bacon 1909-1992

Francis Bacon, Figure in a Landscape

Afin de mettre en place ce projet ambitieux, la Tate Britain a fait appel à la technologie. Pour le toucher, un dispositif haptique provoquera des sensations dans la main des visiteurs via des ultrasons, pour l’ouïe, des ultrasons, là-encore, qui auront l’effet d’un casque audio… sans casque audio, of course. Restent l’odorat et le toucher. On vous voit venir, non le tableau de Francis Bacon ne sera pas illustré par un petit-déjeuner anglais. Enfin pas tout à fait. Un laboratoire de parfumerie a trouvé le moyen de capturer et transmettre plusieurs parfums naturels dans la pièce tandis qu’un maître chocolatier stimulera les papilles en fonction de la signification des œuvres. Pour en savoir plus, il faudra faire le déplacement.

Full Stop 1961 by John Latham 1921- 2006

John Latham, Full Stop

Si cette exposition s’inscrit  dans une dynamique de découverte ludique des œuvres d’art, le doute persiste. La galerie cherche probablement à focaliser l’attention sur une oeuvre, en stimulant tout ce qui est «stimulable», à travers une expérience unique. Une expérience qui pourrait inverser la tendance et conduire les visiteurs à délaisser l’oeuvre originale. La National Gallery a été vivement critiquée après son exposition sonore car, dans le fond , est-ce vraiment servir le  Lac Keitele du peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela que de diffuser des gazouillis un peu stupides à ceux qui l’admirent ? Si la Tate Britain agit avec la même subtilité, les œuvres britanniques pourraient en souffrir.  Heureusement pour lui, Arcimboldo est italien et évite la salade de fruit. Pour le moment…

In the Hold c.1913-4 by David Bomberg 1890-1957

David Bomberg, In the Hold

 

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