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Écoute voir : trois abécédaires à voir et à revoir

Marie-Charlotte Burat 3 août 2015

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L’art, ça n’est pas que dans les musées et les livres, c’est aussi sur Internet. Cette semaine, Exponaute a sélectionné trois abécédaires hétéroclites qui valent le détour du coté de l’alphabet. Au programme : l’emblématique Gilles Deleuze, l’entêté érudit Jean-Yves Jouannais, et le blagueur Eric Duyckaerts.

Créer c’est résister

Dans la catégorie des abécédaires, celui de Gilles Deleuze reste le plus emblématique. A travers ce procédé, il exprime sa pensée de A à Z avec certains de ses concepts clés. Pour vous faire découvrir ou redécouvrir cette encyclopédie philosophique, notre choix s’est plus porté sur la lettre R. R comme résistance. Parce que « créer c’est résister » nous explique Deleuze, et que résister, c’est libérer la vie : « L’homme ne cesse pas  d’emprisonner la vie, de tuer la vie. L’artiste c’est celui qui libère une vie puissante. C’est ça résister ». Réalisé par Pierre-André Boutang, ce téléfilm français (trois volets pour une durée totale de 8 heures) tourné en 1988 à la manière d’une conversation, met en scène Gilles Deleuze face à Claire Parnet, amie et ancienne élève. Il ne fut diffusé que plusieurs années plus tard en 1996. Deleuze ne souhaitait pas apparaître à la télévision de son vivant.

L’Encyclopédie des guerres

Notre deuxième abécédaire prend des airs d’encyclopédie : L’Encyclopédie des guerres. A intervalle régulier depuis 2008,  le critique d’art et écrivain français Jean-Yves Jouannais anime au Centre Pompidou une séance sur l’histoire des guerres, qui tient autant de la performance que de la conférence. Ce séminaire d’un nouveau genre prend une forme scénique. L’Encyclopédie des guerres n’a pas pour vocation à être écrite mais à être vécue. Un projet en perpétuel avancement comme il le décrit : « C’est un livre en train de s’écrire et qui va s’écrire en public sur scène ». Jean-Yves Jouannais aborde ainsi des thématiques liées à l’univers de la guerre par ordre alphabétique, des entrées qui sont aussi l’occasion de digressions afin de nous amener à mieux réfléchir sur d’autres sujets. Pour en arriver à ce résultat, l’essayiste français a dû procéder à un minutieux travail de collection et de prélèvement (allant d’un simple mot dans un livre à tout un paragraphe). Une accumulation de savoir qu’il rend visible par cette présentation sous forme de cycle de conférences mensuelles. Jean-Yves Jouannais présente également son encyclopédie des guerres comme un abécédaire burlesque, rendant la guerre grotesque, parce qu’au fond c’est bien ce qu’elle est. A voir en direct ou à visionner sur le site du Centre Pompidou.


Quand A rencontre Z

Changement radical de registre. Après la guerre, l’humour belge. Un abécédaire qui sort de toutes les normes et qui est réhabilité par Éric Duyckaerts avec dextérité. Ce plasticien, vidéaste, performeur belge jongle avec les mots en ayant le sens de la formule et des jeux de mots. Le principe de l’abécédaire est simple, réciter les 26 lettres de l’alphabet dans l’ordre en introduisant une histoire dans laquelle ces dernières deviennent les protagonistes. Réalisé sous forme de performance, l’abécédaire est alors dépossédé de son contenu brut, les lettres de l’alphabet en tant que telles, et entièrement repensé à chaque prestation. Chaque lettre s’anime et interagit avec les autres par le pouvoir d’éloquence de Éric Duyckaerts (il se hisse à la deuxième place au Tournoi d’Eloquence de la Faculté de Droit en 1972). Par de simples intonations il parvient à nous faire reconnaître des mots, des expressions ou simplement une idée. Ce maître de l’analogie frôle l’absurde en poussant la logique dans ses retranchements.

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