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L’artiste Makoto Aida censuré par le Musée d’art contemporain de Tokyo

Jéremy Billault 29 juillet 2015

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Au Japon, l’artiste Makoto Aida a été sommé de modifier ou retirer deux œuvres exposées au Musée d’art contemporain de Tokyo sous prétexte qu’elles sont trop critiques envers le gouvernement en place.  

Modifier une œuvre d’art. Un bel oxymore qui fait pourtant partie des directives du Musée d’art contemporain de Tokyo adressées à Makoto Aida et son travail jugé trop critique envers le gouvernement. Alors que la Chine vient de rendre son passeport à Ai Wei Wei, victime s’il en est de la censure politique, le Japon semble vouloir prendre le relai au cœur même de l’un de ses principaux musées.

Exposé dans le monde entier, l’année dernière de passage à Nantes, Makoto Aida est réputé pour être provocant. Pourtant il est exposé sans déranger jusqu’à ce que, du propre aveu du musée, le gouvernement s’en mêle — selon l’AFP, le musée a reconnu avoir reçu une plainte relayée par les services compétents du gouvernement métropolitain.

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L’artiste japonais Makoto Aida au musée de l’art contemporain de Tokyo (MoT) Photo : AFP

Cas particulier

Outre la répression de son travail, l’artiste s’étonne et revendique le caractère apolitique des œuvres en question. La première est une bannière verticale adressée au ministère de l’Education sur laquelle figurent plusieurs revendications comme « recrutez plus de profs » ou « des cartables moins lourds ». « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, a-t-il déclaré dans une lettre ouverte, ce n’est pas une œuvre politique. Il n’y a pas un mot ni une expression qui vise plus particulièrement le régime actuel ou tel parti. Ce ne sont que des remarques d’ordre général à l’attention d’une structure nommée ministère de l’Éducation.

La seconde œuvre incriminée est une vidéo dans laquelle l’artiste interprète « un homme se faisant appeler Premier Ministre lors d’un discours devant une assemblée internationale », parodiant ainsi le Premier Ministre Shinzo Abe. L’artiste lui reproche « la réticence à exprimer comme l’ont fait ses prédécesseurs des « excuses sincères » envers les populations d’Asie victimes de l’impérialisme nippon avant et durant la guerre du Pacifique, en dépit de nombreux appels à redire les mots de repentance de ses prédécesseurs. » (AFP).

Comparée à certaines autres censures politiques, la pression du gouvernement japonais étonne autant qu’elle révolte. Si Vladimir Poutine n’hésitait pas à retirer du musée de Saint-Pétersbourg un tableau qui le représentait en nuisette, les autorités japonaises n’ont pas été jusqu’à intervenir directement et proposent donc à l’artiste un accord à l’amiable : la modification des œuvres. Pour pouvoir continuer à s’exprimer, Makoto Aida devra donc modérer son propos, inscrire « recrutez plus de profs, s’il vous plaît, même si dans le fond tout va quand même super bien » ou encore « les cartables seront moins lourds sans ces mangas rebelles qui pervertissent la jeunesse». Le gouvernement japonais attend. Et il pourrait attendre longtemps.

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