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Abbaye d’Auberive : un lieu de culte pour l’art expressif

Marie-Charlotte Burat 29 juillet 2015

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L’abbaye d’Auberive, située en Haute Marne (entre Dijon au Sud, et Chaumont au Nord), célèbre ses dix ans en tant qu’espace d’exposition d’art contemporain. Jean-Claude Volot, le fondateur, nous reçoit alors pour l’occasion dans ce lieu historique, au cœur du onzième parc national de France, pour nous présenter le domaine et l’exposition du moment dédiée à Dado (de son vrai nom Miodrag Djuric) suivie des nouvelles acquisitions de la collection Volot. A voir jusqu’au 27 septembre.

20150721_162559 TDado, tryptique de Bowery, 1975, huile sur toile, © Galerie Jaeger Bucher

On ne compte plus les casquettes que revêt Jean-Claude Volot. Passionné autant par le monde de l’entreprise que celui de l’art, Jean-Claude Volot est collectionneur et le fondateur du centre culturel que nous découvrons aujourd’hui. Mais il ne faut pas s’y tromper, l’art pour lui ne rime pas avec investissements mais avec sentiments. Nous découvrons à ces côtés l’abbaye d’Auberive, un lieu au reflet de la collection qu’elle abrite, et une collection au reflet de son collectionneur.

Les réincarnations d’une abbaye

L’abbaye d’Auberive, la famille Volot y tient avec ferveur. Durant plus de quatre ans Jean-Claude Volot et sa femme ont sillonné la France pour trouver un refuge adéquat à leur collection, et ils ont bien fait d’attendre. Ils ont trouvé un lieu atypique pour une collection qui l’est encore davantage. Tantôt abbaye cistercienne, tantôt filature de coton, puis orangerie et même prison, cette Abbaye ne manque pas de caractère. Elle a su préserver une trace de chacune de ses histoires tout en évoluant dans le temps. Le réfectoire des moines nous transporte au XIIIème siècle et nous rappelle que le silence était de rigueur compte tenu de l’incroyable écho de la salle qui rend toute conversation impensable. Plus loin dans le jardin, des tracés en pierre marquent ce qui était autrefois la promenade imposée aux prisonnières de 1856 à 1924, avec un cercle creusé au centre qui leur servait de sanitaires. Parmi les prisonnières, Louise Michel, figure socialiste incarcérée de 1871 à 1873.

Les temps changent et la prison, après être revenue aux mains de moines dans les années 1920 se transforme alors en centre de loisir pour les enfants de l’entreprise Solvay. Un air de colonie de vacances que l’abbaye n’a toujours pas perdu. Les chambres d’hôtes qui sont installées sur le domaine y sont pour beaucoup mais sans commune mesure avec l’ambiance « bon enfant » qui règne grâce à la Fanfare non conventionnelle qui s’était installée pour la semaine du 19 au 25 juillet à l’abbaye.

Auberive - aile ouest 3 TAbbaye d’Auberive – aile ouest © Abbaye d’Auberive

Déistes de l’art

Mais ce lieu est avant tout au service de la collection. Un lieu qui devait pouvoir accueillir les œuvres de différents artistes tout en laissant un espace bien délimité à chacun. L’abbaye, par ses enchâssements de salles se prêtait donc parfaitement à la mission. Là encore nous ne sommes pas loin de l’esprit colonie. « On ne peut pas placer deux œuvres qui ne s’entendent pas ensemble » nous explique Alexia, la fille de Jean-Claude Volot qui l’accompagne dans le commissariat des expositions. (Des propos qui prennent tous leurs sens au cours de la visite et aux vues de la scénographie.)

Car oui, l’abbaye d’Auberive, c’est aussi une histoire de famille. Une famille à comprendre au sens large où les œuvres en font partie intégrante, tels les bébés des Volot. Des enfants pas si petits, la collection ayant débuté il y a désormais trente ans. Aujourd’hui elle rassemble plus de 2500 tableaux, photographies, sculptures, dessins et gravures. « Je n’ai jamais vendu un seul tableau » explique Jean-Claude Volot. Ce lien qui le lie avec ses œuvres est palpable, à tel point que le collectionneur n’hésite pas à nous présenter ses pièces en les touchant du doigt. Sa collection se compose de travaux « expressifs » comme il les définit, puissante par la violence qu’elles dégagent. De l’art brut et de l’art singulier (on retrouve notamment dans la collection Fred Deux, présenté cette année à la Halle Saint-Pierre, Pierre Bettencourt, José Garcia Tella mais aussi Chaissac et Rebeyrolle) qui font échos à son parcours. De la même manière que l’art brut se définit initialement par une pratique de l’art dénuée de tout apprentissage artistique, Jean-Claude Volot a acquis ses premières pièces, ayant profité d’une ascension professionnelle rapide, en étant tout d’abord néophyte. Il croit en une culture artistique qui se construit au fil du temps.

Découcaj' 19 Myria TMyriam Mihindou, Découcaj’ 19, 2006, tirage argentique contrecollé sur acier, © Fonds de l’abbaye d’Auberive

José Garcia Tell TJosé Garcia Tella, La Place Furstenberg, 1970, aquarelle et encre de chine sur papier © Fonds de l’abbaye d’Auberive

Les bavards XII  TP. Rebeyrolle, Les bavards XII,1987, huile sur toile, Fonds de l’abbaye d’Auberive © Galerie Lelong – Fabrice Gibert

La foi(e) des œuvres

Ce collectionneur fait en premier lieu confiance à ses sens, à ce qui le touche.  Il a ce goût prononcé pour les marges, ce goût pour les œuvres « qui vous prennent aux tripes ». Des tripes particulièrement visibles dans l’exposition Dado (lien), où les viscères parviennent à maintenir une tête attachée à son corps. D’un organe au végétale et de l’humain à l’animal. Un mélange de rêve et d’inconscient qui nous fait penser aux scènes cauchemardesques d’Henry Darger ou à l’épisode mythique de La Chute des anges rebelles de Bruegel où les personnages sont transformés en démons. Cette exposition comme la majeure partie de la collection parle de la nature humaine. L’humain en général, des atrocités de la guerre et de la violence. Mais aussi de l’humain qui les collectionne, Jean-Claude Volot. Cet homme à la recherche des chocs esthétiques.

 ToucansDado,Les Toucans,  1968, huile sur toile, collection particulière © Baudoin Lebon

La Lapine TDado,La Lapine,  huile acrylique sur toile, © Fond abbaye d’Auberive

Meisodem TDado, Meisodem, 1987, huile sur toile, © collection Dragab Nedeljkovic

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