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A Karachi, le « mur de la haine» devient une galerie d’art

Jéremy Billault 28 juillet 2015

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A Karachi au Pakistan, un long mur couvert de graffitis incitant à la violence est devenu symbole de paix. Grâce à un collectif d’artistes, ce mur devient une sorte de galerie d’art à ciel ouvert et espère tourner la page d’une période sombre pour la ville. 

Une nouvelle histoire de mur. On connaissait celle du mur de Berlin, transformé en galerie d’art à ciel ouvert, voici celle du mur de Karachi. Recouvert de graffitis offensants, injurieux, faisant l’apologie des violences communautaires, ce mur est aujourd’hui symbole d’optimisme et de renouveau. Dans cette ville de 20 millions d’habitants, souvent associée à une violence urbaine qui se matérialise sur ce mur, plusieurs artistes espèrent changer les choses avec quelques coups de pinceaux.


Karachi Economy Ahead Of Budget

Crédit photo : Getty Images

« Imaginons à nouveau les murs de Karachi »

Norayya Shaikh Nabi, professeur d’art plastique à l’Ecole d’art et d’architecture de la vallée de l’Indus rencontrée par l’AFP explique le projet : « Nous travaillons ensemble pour reprendre la ville, en nous réappropriant ses murs inondés de graffitis de haine ». Au total, ils sont 200 peintres, ouvriers et artisans, décidés à repeindre les murs d’environ 1600 places publiques dans un projet appelé « Imaginons à nouveau les murs de Karachi ».

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Photo Asif Hassan pour l’AFP

Symbole et opportunité

En marge de l’aspect symbolique de ces peintures qui recouvrent la haine d’un mur tout aussi symbolique, le projet permet également à de jeunes artistes locaux de montrer leur travail au plus grand nombre, de sortir du cercle très fermé des galeries d’art. C’est le cas de Munawar Ali Syed qui cherche à « sortir l’art pour le faire vivre sous le regard des millions de passants dans les rues de Karachi. C’est important pour la société de rester en contact avec l’art et la musique, qui sont malheureusement en déclin dans notre culture.»

Karachi Economy Ahead Of Budget

Crédit photo : Getty Images

Organisé par l’association caritative « I am Karachi », le projet est financé par l’agence de développement américaine USAID, très active au Pakistan. Le long du mur, des représentations de la vie rurale du Pakistan, des éléphants, des cerfs-volants, beaucoup de couleurs pour rivaliser avec la tristesse et la violence des anciens graffitis. Pour garantir un bel avenir à ce projet, les artistes ont décidé de faire participer des enfants de la ville.« Lorsqu’ils grandiront, ils se sentiront plus à l’aise pour travailler pour le bien commun de la ville. C’est un peu comme si nous plantions aujourd’hui un arbre pour la génération future.  Je crois que ce projet donnera de bons résultats à long terme. Car lorsque l’environnement qui vous entoure est positif, votre comportement devient positif et des changements importants s’opèrent dans votre vie » (AFP).

Karachi Economy Ahead Of Budget

Crédit photo : Getty Images

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