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Le vitrail contemporain comme vous ne l’avez jamais vu

Marie-Charlotte Burat 23 juillet 2015

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La Cité de l’Architecture propose une échappée belle avec l’exposition « Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain ». De Braque à Poliakoff, les plus grands artistes peintres du XXème siècle se mettent au service des vitraux. Une exposition qui redéfinit notre perception de cet art trop peu connu. A voir absolument jusqu’au 21 septembre.

13 - Alberola - La Création du Monde (détail) TJean-Michel Alberola/Ateliers Duchemin, La Création du monde (détail d’un guépard), 1998-1999, © ADAGP

Dans cette exposition, on parcourt l’histoire du vitrail de 1945 à aujourd’hui. Plongés dans les années d’après-guerre, on se confronte aux problématiques d’une période où tout est à reconstruire. Comment redonner aux églises, classées Monuments historiques, leurs éclats après la destruction de la majorité de leurs vitraux ? Pour l’Etat la réponse se trouve chez les artistes contemporains qui gagnent en notoriété. Sur commandes étatiques, ils unissent leurs forces à celles des artisans verriers. L’année 1960 est un appel au renouveau.

L’exposition fonctionne comme un voyage dans le temps. Une excursion qui devient possible à travers plus de cinquante vitraux provenant des prêts de collections publiques et privées, plus particulièrement de la collection du Centre national des arts plastiques. A leurs côtés, sont aussi présents des cartons (dessins à l’échelle), des photographies, des panneaux d’essai (maquettes au 1/10ème) et des répliques authentifiés par leurs créateurs.

1 - Chagall - Maquette pour la baie TMarc Chagall, maquette pour la baie 9, baie nord du déambulatoire de la cathédrale Saint-Etienne de Metz (Moselle), © ADAGP, © RMN-Grand Palais

Un lieu hybride pour une expérience unique

Lorsque l’on rentre dans l’espace, on brise le contrat établi avec les expositions habituelles. C’est une nouvelle expérience esthétique qui nous attend. La salle se situe au sous-sol, en deçà de la Cité de l’architecture. Observer des vitraux dans un espace sans lumière du jour, le pari semble risqué. Mais bien au contraire, ce lieu atypique participe à la mise en situation. Les murs épais aux briques apparentes et les arcs en plein cintre qui constellent le plafond nous immergent dans une ambiance qui tient du sacré. Sur les côtés, des alcôves renferment les vitraux grands formats. Au centre trône une cimaise qui scinde la pièce en deux et sur laquelle courent des vitraux éclairés. Un conditionnement spatial qui rééduque notre regard à cet art du vitrail.

Le parcours se positionne sous le signe de la désacralisation. Rares sont les occasions comme celles-ci (à l’exception des expositions au Centre international du vitrail à Chartres) où nous sortons du religieux pour découvrir des vitraux, sans pour autant en perdre la dimension spirituelle. Ce sont les artistes que nous venons ici adorer.

5 - Rouault & Bony - Véronique TGeorges Rouault/atelier Bony, Véronique, réplique de la verrière posée en 1947 à la façade de l’église Notre-Dame-deToute-Grâce du plateau d’Assy, vers 1948, Coll. musée des Beaux-arts de Reims © ADAGP, © Photo C. Devleeschauwer

De l’artiste à l’artisan, de l’artisan à l’artiste

Trop souvent oubliés, les maîtres verriers reprennent ici du galon. L’accrochage valorise le « rôle crucial de l’atelier des peintres verriers » comme l’expliquent les commissaires de l’exposition (Véronique David, Laurence de Finance et Emily Rawlinson).

Plusieurs processus sont exposés. Le peintre peut apposer directement sa matière sur le verre (à l’instar de Maria-Helena Viera Da Silva et de l’atelier Simon Marq) ou peindre une toile qui sera reproduite en vitrail par le maître verrier (comme c’est le cas de Georges Rouault et de l’atelier Bony). Dans l’exposition, on peut ainsi observer le vitrail aux côtés de la peinture qui lui sert de modèle. C’est au maître verrier d’en reproduire les couleurs, les épaisseurs de peinture, les nuances, tout en en faisant une œuvre différente.

8 - Poliakoff - Composition bleue TSerge Poliakoff/atelier Simon Marq, Composition bleue, vitrail, panneau d’exposition, 1963. Coll. musée des Beaux-arts de Reims, © ADAGP, © Photo C. Devleeschauwer

Et l’armature fut

A mesure de la visite on voit avec plus de minutie ces vitraux, d’habitude inatteignables. On remarque alors du relief, une armature qui lie les parties d’un tout fragile. Au Moyen-Age étaient utilisées des baguettes de plomb pour assembler les pièces du vitrail. D’ordinaire presque invisible, s’effaçant au profit de l’image qu’elle dessine, cette jonction prend ici toute sa place. Elle dessine les formes tel un contour et délimite la couleur. Pierre Soulages la préfère en ciment, Henri Guérin en minéral.

Une spécificité particulièrement remarquable dans l’œuvre de Soulages accomplie avec l’atelier Oidtmann. Son travail se présente comme imposant, loin d’inspirer la fragilité propre aux vitraux. Pourtant, derrière cette structure épaisse se distingue de fins assemblages de verre qui se déclinent dans un camaïeu allant du bleu au violet et alternant entre des surfaces lisses et d’autres rugueuses. De la même façon que Soulages peint certaines de ses toiles en noir pour mieux mettre en valeur le blanc, il constitue ses vitraux avec une large monture qui met en lumière le verre délicat.

SoulagePierre Soulages et Atelier Oidtmann © Exponaute

7 - Guérin - Pour le Soir THenri Guérin, Pour le soir, vers 5 heures, vitrail en dalle de verre et joint minéral crée pour le Salon d’automne à Paris, 1967, © Fonds Henri Guérin © Photo Matthieu Gasc

Enfin, une surprise nous attend au terme du parcours avec Martial Raysse. Une vidéo nous montre l’artiste en pleine réalisation d’un vitrail pour l’église Notre-Dame de l’Arche d’Alliance à Paris. Le vitrail contemporain touche alors à son paroxysme et prend la forme du Pop Art au contour pixélisé.

IMG_20150702_085751 TMartial Raysse, © Exponaute

 

 

 

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