Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Rencontres d’Arles 2015 : une première réussie pour Sam Stourdzé

Jéremy Billault 20 juillet 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

En 2015, le festival international de photographie des Rencontres d’Arles accueille un nouveau directeur. Une semaine après l’inauguration, voici les premières réactions de la presse autour d’une 46ème édition qui s’annonce réussie. 

rencontres-de-la-photographie-d-arles-2015-architecture-musique-et-john-malkovitch,M214742

C’est dans la chaleur étouffante d’un été arlésien historique que la ministre de la Culture Fleur Pellerin a inauguré, début juillet, la 46ème édition des Rencontres d’Arles. Pas de quoi décourager les amateurs de photo et l’excitation de l’avènement du nouveau directeur Sam Stourdzé, venu avec ses nouvelles idées et de nouvelles perspectives : «Cette année, la photographie fera des incursions dans le monde de la musique, du cinéma, de l’architecture, réaffirmant avec malice qu’elle se trouve bien souvent là où on ne l’attend pas !» Lui, était très attendu. Avec un nombre d’expositions volontairement restreint (35 au lieu d’une cinquantaine les années précédentes), le successeur de François Hébel (2001-2014) a tenu à marquer le début d’une nouvelle ère.

stephen-shore-AR1MSC2228Chambre 125, Westbank Motel, Idaho Falls, Idaho, par Stephen Shore

«Un très bon cru»

Attendu avec impatience à l’occasion de sa grande première, Sam Stourdzé a globalement emballé la presse française et internationale. «Un savant mélange» et «une programmation d’une rare cohérence» ont fait de l’édition 2015 «un très bon cru» et «l’une des meilleures éditions qu’il ait été donné de voir ces dernières années» pour Télérama. Une structure également appréciée par Le Monde qui considère que le nouveau directeur a «peaufiné l’accrochage et le propos» tandis que «l’ancien directeur François Hébel avait parié sur une profusion souvent désordonnée pour attirer le public». L’ouverture de la photographie vers d’autres arts apporte à Arles un vent de fraîcheur qui sans doute manquait au festival. Le journal suisse Le Temps considère cette «transdisciplinarité, mêlant la photographie à la musique, au cinéma ou à l’architecture» comme «l’attrait de ce cru 2015». Du côté de la presse anglophone, The Art Newspaper félicite le nouveau directeur de sa programmation originale «à qui les musées n’oseraient peut-être pas donner une place.»

Changement de lieu ?

Si, comme le précise le journal Le Monde, «l’ancien directeur du Musée de l’Elysée, en Suisse, a réussi à importer un peu de rigueur muséale dans un festival connu pour ses lieux pleins de charme», l’avenir des Rencontres pourrait être remis en cause par la perte de son lieu d’exposition. Les ex-ateliers SNCF de la ville ont en effet été rachetés par la fondation LUMA qui y construit un complexe culturel ouvert dès 2016. Une inquiétude que l’on peut retrouver dans les colonnes du journal Le Temps : «La question des lieux n’est pas résolue sur le long terme. Si les vieilles églises font le charme de ce rendez-vous, Sam Stourdzé, comme les festivaliers, rêve de quelques espaces climatisés». Dès l’an prochain, les Rencontres devront s’exposer ailleurs, ce qui, toujours selon Le Monde pourrait apporter quelques difficultés à ce festival sans domicile fixe : «Si un festival n’est pas un musée à la programmation prévue des années à l’avance, cette instabilité permanente des lieux empêche de prévoir des expositions ambitieuses ou aux conditions de monstration difficiles.»

Filiation par l’oeuvre d’art

Pour sa première édition au poste de directeur, Sam Stourdzé a tenu à créer un face à face entre deux photographes américains majeurs, Walker Evans et Stephen Shore. Un dialogue par l’image d’une grande intensité, l’un ayant inspiré l’autre au point de créer chez le plus jeune (Stephen Shore) un sentiment de filiation spirituelle qui prend vie sous nos yeux, comme l’indique le Quotidien de l’art : « La limpidité du parcours proposé, en respectant la chronologie du travail, permet d’apprécier toutes les nuances d’une carrière moins linéaire qu’en apparence.»Parked Car
Parked Car, Small Town Main Street 1932. © 2015 Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art.

Du propre aveu de Stephen Shore dans les colonnes du Point,  c’est beaucoup plus profond qu’une influence. « Quand je regardais les photos d’American Photographs à 10 ans, je reconnaissais déjà quelque chose même si je n’étais pas assez mûr pour le comprendre. Et j’ai vécu avec ce sentiment tout au long de ces années. Une sorte de parenté.» Les deux expositions sont, entre autres, le coup de cœur de La Croix et du Point qui estime que «l’un et l’autre ont dévoilé l’Amérique, sans fard, telle qu’elle se présentait à leurs regards. L’un et l’autre, des arpenteurs de génie.»

Paradis fiscaux

Le journal Le Monde s’est quant à lui concentré sur l’exposition «Les paradis, rapports annuels de Gabriele Galimberti et Paolo Woods» (passé en 2014 par le musée de l’Elysée de Lausanne, alors dirigé par Sam Stourdzé). Pour intégrer au plus près ces lieux contestés, les deux artistes ont commencé par créer leur compagnie offshore, pour finalement présenter, à Arles, le bilan de son année. Le projet est né d’une considération très concrète, comme l’a confié Paolo Woods à Focus Numérique : «Alors que je travaillais en Haïti sur un projet photo, Gabriele est venu me rendre visite. C’était une bonne année pour lui et il venait de recevoir sa fiche d’imposition du gouvernement italien, qui lui réclamait 50 % de ses bénéfices. Nous avons plaisanté sur l’idée de planquer de l’argent aux îles Caïmans (une heure de vol de Haïti). Et là, nous nous sommes posés la question : mais au fait, c’est quoi un paradis fiscal ?». De là découle un voyage de trois ans à travers les paradis fiscaux du monde entier et une exposition qui est, sans doute, le passage obligé de ces Rencontres d’Arles 2015.panama-paolo-wood-gabriele-galimberti

 Paolo Woods / Gabriele Galimberti / Institute

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE