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La National Gallery associe art pictural et paysage sonore

Jéremy Billault 20 juillet 2015

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Cet été, la National Gallery fait dans le mélange des genres avec «Soundscapes», une exposition qui a permis à six musiciens ou artistes sonores de composer autour d’un tableau. Un projet ambitieux motivé par la volonté d’immersion du spectateur et une nouvelle perspective de réflexion face à des chefs-d’œuvre de l’art pictural.

Écouter un tableau. Voilà l’expérience ambitieuse que propose la National Gallery jusqu’au 6 septembre prochain à travers son exposition « Soundscapes » (paysages sonores). A l’heure de la réalité augmentée et des visites virtuelles, le musée londonien s’est lui aussi tourné vers une nouvelle forme, immersive, de réception de l’art. Six tableaux, choisis par six artistes du monde de la musique, sont installés dans autant de chambres insonorisées. A l’intérieur, un tableau et une ambiance sonore unique, composée pour l’œuvre, inspirée par elle. « Lorsque des sons sont composés en réaction à une œuvre d’art, ils nous incitent et même nous forcent à nous concentrer » estime N. Penny, directeur du musée. « Ils peuvent en outre être associés à une image qui nous captive, nous transporte. »

De l’art au larsen ?

Si le projet d’associer paysages sonores et chefs-d’œuvre de la peinture semble ambitieux (à l’image du partenariat entre le Palais des Beax-Arts de Lille et le groupe Air), il est également très risqué. Le principe étant d’augmenter l’expérience sensorielle de l’art par une chambre insonorisée, entièrement consacrée au duo tableau/sonorité, il ne faudrait pas obtenir l’effet inverse. Distraire au lieu de concentrer, réduire, voire ridiculiser, au lieu d’amplifier. Du coté des premières réactions, c’est malheureusement le cas. Pour le journal britannique Guardian, cette exposition est tout simplement « la plus mauvaise idée que le musée ait prise en l’espace de 200 ans ». Si les conditions de réception sont idéales (un tableau, une pièce), « le fait de devoir utiliser ses oreilles en plus des yeux et de l’esprit vient tout gâcher ».  Avant de faire le déplacement pour en juger par vous-même voici la liste des artistes invités et les œuvres qu’ils ont choisi.

Six salles, six ambiances

Pour créer ces différents paysages sonores, la National Gallery a invité six artistes sonores et musiciens contemporains. Chacun a pu choisir un tableau pour créer une œuvre originale, qui ne vivra que pendant la période de l’exposition.

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Le plus célèbre des six artistes invités est probablement Jamie xx. Membre du groupe de rock londonien The xx, le musicien a choisi le peintre belge Théo Van Rysselberghe et son tableau intitulé Coastal Scene. « J’ai tout de suite pensé à un pointilliste car je savais que je pouvais représenter ce style avec ce que je sais faire. J’ai découvert après coup que ce peintre faisait partie des XX (un groupe de vingt peintres belges) et j’ai aimé la coïncidence.»

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Nico Muhly, connu pour ses travaux auprès des plus grands opéras du monde, a choisi le Diptyque de Wilton : «  J’aime le son des tableaux, je déteste quand on associe le silence avec le sacré. »

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Susan Philipsz, dont les œuvres qui étudient la relation entre le son et l’architecture ont fait le tour du monde, a décidé de relever le défi d’un paysage sonore autour du célèbre tableau Les Ambassadeurs de Hans Holbein. « Le luth à la corde cassée m’avait déjà inspiré une exposition en 2014. Cela représente la discorde entre l’Église et l’État et je veux que les gens se déplacent dans l’espace et sentent le suspens monter. »

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Le compositeur de musiques de film Gabriel Yared a, quant à lui, créé un morceau autour des Grandes Baigneuses de Cézanne. «  Ce qui m’a frappé dans cette œuvre, c’est le mouvement perceptible derrière une immobilité apparente. Je me suis tout de suite senti attiré par l’anonymat de ces femmes qui existent sans véritablement exister et dont les formes désindividualisées se confondent avec la nature autour d’elles »

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Chris Watson, artiste atypique considéré comme l’un des plus grands preneurs de son de la faune et des phénomènes naturels, a créé une ambiance autour du Lac Keitele du peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela.

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Janet Cardiff et Georges Bures Miller, seul duo de la sélection, connus pour les bandes sonores immersives de leurs installations, ont choisi Saint-Jérôme dans son étude d’Antonello de Messine.

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