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Street-art : Shepard Fairey s’est rendu à la police de Détroit

Jéremy Billault 15 juillet 2015

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Accusé de vandalisme, l’artiste de rue Shepard Fairey s’est rendu à la police de Détroit et risque, pour la première fois de sa longue carrière,  une peine d’emprisonnement. Alors que des expositions lui sont consacrées dans le monde entier, notamment à Paris jusqu’au 1er août prochain, Shepard Fairey pourrait payer cher son attachement à une liberté inhérente à son art.

Le 14 juillet dernier, un homme s’est délibérément rendu à la police. Recherché depuis plus d’un mois par les autorités de la ville de Détroit, cet homme, qui a déjà été condamné près d’une dizaine de fois, risque cette fois-ci plus gros qu’une simple amende. Cet homme, c’est Shepard Fairey, figure emblématique du street art, internationalement connu à travers sa marque Obey et créateur du poster de la campagne de Barack Obama pour la présidentielle 2008, accusé de pratique illégale du graffiti par la ville de Détroit et, pour la première fois, de vandalisme. Selon les autorités locales, «Fairey a beau être un artiste reconnu, il reste un vandale». Il risque cinq ans de prison et 10 000 dollars d’amende.

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Shepard Fairey devant son poster Hope

Débordement

Invité par la ville de Détroit en mai dernier, Shepard Fairey avait réalisé la plus grande œuvre de sa carrière, une gigantesque peinture murale, en toute légalité. Seulement voilà, l’artiste a décidé de ne pas s’arrêter là. Selon les autorités et le site Detroit Freepress, Fairey a gratifié au moins 18 bâtiments de ses œuvres ( dont plusieurs propriétés privées) et causé environ 9.000 dollars de dommages. Même si certains propriétaires semblaient plus que ravis de voir leurs immeubles décorés par l’un des artistes emblématiques du genre, la ville de Détroit a du mal, elle, à se débarrasser des graffitis. « Nous avons essayé de tout effacer mais cela endommageait la brique, il a fallu peindre par dessus» déclare Melvin Butch Hollowell représentant de la ville de Détroit.

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La plus grande œuvre de S. Fairey à Detroit.Credit Brandy Baker/Detroit News, via AP

Les risques du métier

Invité, autorisé et encadré, Shepard Fairey a malgré tout tenu à enfreindre les règles, à pratiquer son art partout, là où il ressent qu’il est nécessaire et qu’il sera visible. Et pour cela, la légalité ne suffit pas. Avant même de poser ses outils à Détroit, l’artiste avait annoncé la couleur : «J’ai toujours fait des trucs dans la rue sans permission, alors quand je serai à Détroit, je ferai des trucs dans la rue.» En plus de la promotion apportée par ce genre de confrontations, Fairey conserve son identité d’artiste de rue, libre d’agir au fil de son inspiration. A Paris, il est possible d’admirer son travail dans le XIIIème arrondissement. Une œuvre autorisée certifiée sans «vandalisme».

 

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Shepard Fairey à Paris, XIIIème arrondissement

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