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La collection du musée des Beaux-Arts de Nantes réinvestit la ville

Marie-Charlotte Burat 8 juillet 2015

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En travaux jusqu’en janvier 2016, le musée des Beaux-Arts de Nantes ne laisse pas sa collection dépérir et continue d’exposer ses trésors. On fait le point à travers deux expositions estivales. Deux bonnes raisons de profiter de Nantes cet été.

pourbus_330_rmn TFrançois II Pourbus, Potrait de femme © RMN -Photographie : G. BLOT

Le musée des Beaux-Arts de Nantes met en valeur la ville en diffusant ses plus belles pièces dans différents lieux. D’un côté, un parcours au cœur de l’histoire de la peinture flamande et hollandaise, de l’autre, le récit de la vie d’un seul homme, Charles de la Fosse et sa peinture mythologique.

A la découverte de la peinture de l’école du Nord

Le Château des Ducs de Bretagne accueille, jusqu’au 30 août, une sélection provenant de la collection du musée des Beaux-Arts de Nantes. Au total, soixante-cinq œuvres ont été choisies pour représenter la peinture flamande et hollandaise, du XVIème siècle au XVIIIème siècle. Une exposition possible aujourd’hui grâce à la donation de la collection de François Cacault. Collectionneur sans pareil, il est à l’origine d’une grande partie des œuvres qui composent le musée des Beaux-Arts de Nantes, soit 170 peintures flamandes et hollandaises. Les artistes du XVIème au XVIIIème siècle sont réunis pour l’occasion, de Jan Brueghel l’Ancien à Rubens en passant par les apprentis de Rembrandt (Govert Flinck et Jürgen Ovens).

C’est au XVème siècle, avec l’invention de la peinture à l’huile, que débute l’histoire de la peinture néerlandaise. Les peintures flamandes et hollandaises s’interrogent mutuellement et se distinguent. Dans une période où la religion prédomine, celle-ci influence l’art autant que la vie politique et sociale. Catholicisme et protestantisme s’opposent et scindent la peinture en deux styles bien distincts.

Le catholicisme s’exprime par une exubérance baroque tandis que le protestantisme se focalise davantage contre le culte des images. C’est cette volonté iconoclaste qui va mener au développement d’autres registres tels que les paysages et les scènes de la vie quotidienne. Mais ce sera par l’intervention des donateurs que la notion de genre va s’étendre. Les peintures répondant alors à des commandes et des thèmes spécifiques. Peintures historiques, portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes nous esquissent alors le profil d’une peinture du Nord durant le XVIIème siècle. L’exposition se compose en cinq sections, correspondant à ces cinq registres. On passe ainsi d’un univers à l’autre grâce à une scénographie soignée représentant l’explosion de ces genres dans la peinture du « Siècle d’Or », en Hollande et en Flandres. Ce « Siècle d’Or » est marqué par la domination des Pays-Bas tant au niveau du commerce en Europe que de l’art et de la science.

BEERT_499_rmn TBeert Osias, 1580, Anvers – 1624, Nature morte au singe, © RMN -Photographie : G. BLOT

Charles de la Fosse, un vrai mythe

Jusqu’au 20 septembre, Charles de La Fosse établit ses quartiers à la Chapelle de l’Oratoire avec trente-cinq œuvres présentées. L’exposition « Les amours des dieux » qui lui est consacrée est un clin d’œil à l’exposition fondatrice qui s’est tenue en 1991 au Grand Palais intitulée « Les amours des dieux : la peinture mythologique de Watteau à David ». Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En partenariat avec Versailles, c’est aussi la suite de l’exposition monographique présentée au Château du roi Soleil jusqu’à fin mai. Ce deuxième volet met en lumière l’importance de la mythologie galante dans l’oeuvre de Charles de la Fosse, déjà introduit durant l’exposition du Grand-Palais.

la-fosse_630_rmn TCharles de La Fosse, Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée, XVIIe siècle, Musée des beaux arts de NANTES © RMN

Charles de la Fosse, artiste peintre, dessinateur, décorateur et promoteur du coloris prend ses marques auprès de Charles Le Brun dont il est l’élève. Ce dernier, étant le Premier Peintre du roi Louis XIV, lui inculquera la rigueur du Grand Siècle et la science des grands décors.  Un style propre va alors naître du travail de Charles de la Fosse. En plus de son apprentissage auprès d’un grand maître de la peinture, il va suivre une formation de trois ans à Venise, où il prendra exemple sur ses pairs : Titien, Véronèse et Corrège. Lors de la «Querelle du coloris»  en 1671 qui fera s’affronter les partisans de la couleur et ceux du dessin, de la Fosse ne prendra pas parti. Considérant la couleur comme stimulation des sens et le dessin comme celle de l’esprit, cette bataille picturale n’a pas lieu d’être pour lui.

La mythologie est au cœur de son inspiration dans un siècle qui redécouvre les Métamorphoses d’Ovide. Elle est également un mode d’expression détourné qui lui permet d’appréhender les changements du XVIIème siècle et d’en parler. Il emprunte également à l’opéra qu’il découvre à Venise et apprécie chez Lully et Quinault. Cette rencontre poétique entre la mythologie et l’opéra va lui permettre d’affirmer une esthétique à part. Un style gracieux, galant où les femmes sont peintes avec grâce et sensualité. A la fin de sa carrière il s’émancipera définitivement du trait précis de son maître en s’affirmant dans la couleur et la lumière à travers la technique des trois crayons : pierre noire, sanguine, craie blanche. Charles de la Fosse sera reconnu comme étant le plus grand coloriste de son temps et, dans un sens, préfigure le romantisme.

Ces deux expositions se répondent directement. Charles de la Fosse est particulièrement influencé et transcendé par la peinture Flamande de Anton Van Dyck et de Rubens.

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