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Andres Serrano, le génie du symbole, au-delà du scandale

Jéremy Billault 7 juillet 2015

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C’était en 2011, ambiance scandale, actes de vandales. Alors que quelques œuvres d’Andres Serrano sont exposées dans les espaces de la Collection Lambert, un groupe de jeunes individus s’attaque à deux photos « impies » à grand coups de pic à glace, de marteau et de tournevis. La première, Sœur Jeanne Myriam, représente une religieuse en train de prier. La seconde, devenue ô combien célèbre, c’est le Piss Christ : la photographie d’un crucifix plongé dans un mélange d’urine et de sang.

© Andres-SERRANO_Eros&Psyche-1

Eros and Psyche 1987 © Andres Serrano Private Collection

Cinq ans plus tard, le Piss Christ est là, immaculé, identique, à la différence près que cette fois-ci, il est protégé par l’œil vigilant d’une petite caméra de surveillance. Là, c’est Bruxelles, au cœur de l’un des Musées royaux des beaux-arts de Belgique où Andres Serrano est accueilli pour immense exposition rétrospective qui retrace sa carrière à travers plusieurs séries absolument bouleversantes.

© Andres-SERRANO_The-other-Christ

Evidemment, donc, ce Piss Christ, il est là. Ça ne pouvait être autrement. Il est là, choquant, au moins curieux, mais esthétiquement sublime. Car Serrano est toujours extrêmement profond, techniquement comme symboliquement, quoi qu’on en dise, quoi qu’on en vandalise (et cela arrive souvent). Si les différents scandales et manifestations que subissent fréquemment ses expositions nous ont conduit à réduire son travail à la provocation, la grande rétrospective bruxelloise remet les choses au point : la confrontation des séries, des œuvres, que les années séparent nous apprend beaucoup. Si chacune des salles est bouleversante à sa façon, le sentiment est le même : celui d’une nausée permanente qui, paradoxalement ou pas, nous permet d’accéder à une beauté unique.

© Andres-SERRANO_Colt-DA-45

Colt D.A. 45, 1992 © Andres Serrano Courtesy Galerie Nathalie Obadia Paris/Brussels

Parfois, c’est un réalisme d’une rare violence, parfois, c’est une image fabriquée. Mais toujours, c’est un symbole. Ou plusieurs. Un drapeau américain ensanglanté, le canon d’une arme à feu (chargée, il y tenait) braquée sur l’objectif, les portraits unis de ceux qui font les Etats-Unis (Snoop Dog, Donald Drumpf (il y a une dizaine d’années déjà) ou des anonymes), tout y passe : la vie, la mort, la violence, le racisme, la religion, l’homophobie… Serrano manipule les symbole, il se fait plasticien de l’inconscient collectif pour choquer avant d’émouvoir, repousser avant d’émerveiller.

© Andres-SERRANO_Death-Unknown

Death Unknown 1992  © Andres Serrano Private Collection

Les modèles d’une série de photos sont les cadavres d’une morgue, la violence de la réalité explose, on recule avant d’être submergé d’émotion. Un peu plus tôt, dans une salle réservée au public averti, des photos très explicites de couples homosexuels sont exposées telles quelles, dans l’état dans lequel elles se trouvent : toutes ont été vandalisées, des parties ont été découpées, les œuvres sont meurtries. Serrano forge la matière immatérielle de l’émotion par le symbole, on admire de prime abord ses couleurs remarquables, son travail technique pour ensuite faire un pas en arrière et, enfin, entrer dans l’oeuvre. Réagir, être marqué et admirer. Serrano est magistral, son œil évolue en gardant son style unique, majestueux et bouleversant.

© Andres-SERRANO_Cuba-Juana-Rios-Rios

 

 

Juana Rios Rios, «Juana de Cubana», Fortune Teller 2012  © Andres Serrano Private Collection

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