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Un été des expos 100% féminin, ou presque…

exponaute 28 juin 2015

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Cet été 2015, les musées font mentir les quotas habituellement défavorables aux artistes-femmes. Cinq d’entre-eux (et pas des moindres) consacrent leurs expositions estivales à Barbara Hepworth, Agnès Martin, Valérie Belin, Mona Hatoum, Valérie Jouve et Tania Mouraud, soit des figures incontournables de l’art moderne et contemporain. Sélection de la rédaction 100% féminine, de Paris à Londres.

Mona Hatoum

hatoumTMona Hatoum, Cellules, 2012-2013 © Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris © Photo : Florian Kleinefenn

On inaugure la saison estivale avec la grande Mona Hatoum, artiste d’origine palestinienne née en 1952 à Beyrout et vivant entre Londres et Berlin. Le Centre Pompidou lui consacre sa deuxième exposition depuis 1994. Vaste rétrospective qui réunit ses installations monumentales récentes et les performances vidéos de ses débuts – telle Roadworks, où l’on voit l’artiste, encore étudiante, marcher pieds nus dans les rues de Brixton, des bottes de policiers attachées aux chevilles. Un travail à l’esthétique minimale, trop souvent réduit à ses enjeux politiques et aux origines culturelles de l’artiste. Cages d’acier emprisonnant des cœurs brûlants ou fragile mappemonde constituée de perles de verre — matériaux  sensibles à la moindre vibration du sol (Map , superbe !)… L’œuvre de Mona Hatoum pointe avec une féroce délicatesse nos systèmes coercitifs. Courez !

Où ? Centre Pompidou, Paris.

Quand ? Du 24 juin au 6 septembre.

Valérie Belin

belinTValérie Belin, Michael Jackson, 2003 © Valérie Belin

Une jeune femme, yeux baissés et longs cils courbés, pose devant l’objectif. Jusqu’ici, rien d’insolite. Mais à bien y regarder, le grain de la peau nous apparaît un peu trop lisse, l’expression figée. Cette série de Valérie Belin, prenant pour modèles des mannequins en cire, reste l’œuvre la plus connue de l’artiste française (née en 1964). On la retrouve jusqu’au 14 septembre au Centre Pompidou dans l’exposition « Les Images intranquilles », aux côtés du sosie de Michael Jackson et de sa dernière série photographique intitulée Super Models. Au programme : confusion entre le vrai (le vivant) et le faux (l’inanimé) et inquiétante étrangeté.

Où ? Centre Pompidou, Paris.

Quand ? Du 24 juin au 14 septembre 2015.

Valérie Jouve

Les « Corps en résistances » de Valérie Jouve – qu’on apprécie toute particulièrement chez Exponaute – s’exposent au Jeu de Paume pendant tout la période estivale. Ce sera l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les principales séries photographiques et les films de l’artiste française à la formation d’anthropologue. Ses portraits de femmes (anonymes ou personnalités du milieu de l’art) mettent en relation le corps, et de manière plus générale l’humain, avec son environnement urbain. Ou le médium photographique comme vecteur d’intensité et fantasme d’émancipation.

Où ? Jeu de Paume, Paris.

Quand ? Du 2 juin au 27 septembre 2015.

Agnès Martin

martinAgnès Martin, Friendship 1963, Museum of Modern Art, New York. Courtesy Tate Modern.

Encore une grande, une immense artiste qui sera exposée tout l’été à La Tate Modern à Londres. Peintre canadienne expatriée au Nouveau-Mexique et décédée en 2004, elle reçoit le Lion d’or de la Biennale de Venise en 1997. Sacrée parmi les dix meilleures artistes de son temps par l’Art Newspaper, elle a fait du motif de la grille (parfois déclinée en bande) sa marque de fabrique. Une abstraction qui, sous ses dehors stricts, en appelle à l’émotion du regardeur par son potentiel vibratoire. Pour Agnès Martin, seule l’inspiration spirituelle (et non intellectuelle), le bonheur et l’innocence font l’art, le bon. La Tate Modern retrace la carrière de l’artiste depuis ses débuts. Celle qui se revendiquait expressionniste envers et contre tous et dominait en reine un milieu essentiellement masculin se découvrira à travers des œuvres anciennes et peu vues sur les cimaises.

Où ? Tate Modern, Londres.

Quand ? Du 3 juin au 11 octobre 2015.

Barbara Hepworth

HepworthBarbara Hepworth, Large and Small Form, 1934 © Bowness, Hepworth Estate

Toujours à Londres, un peu plus haut sur les rives de la Tamise, la Tate Britain consacre à la sculptrice Barbara Hepworth (1903-75) sa première rétrospective depuis 50 ans. Soit soixante-dix œuvres dont les lignes abstraites s’inspirent de la nature, et plus particulièrement de la mer qui borde les Cornouailles, son lieu de résidence. Berceaux ou arches de pierre, de bois ou de bronze percées de cavités baignées de lumière. En ligne de mire du projet d’exposition : rendre à une figure nationale l’envergure internationale qu’elle mérite. On y découvrira quelques raretés (tissus,  dessins ou collages)  et des œuvres de son contemporain Henri Moore.

Où ? Tate Britain, Londres

Quand ? Du 24 juin au 25 octobre 2015.

Tania Mouraud

taniaTania Mouraud, Initiation Room, 1969-1970. Galerie Rive Droite, Paris. Photo : André Morain. Collection MAMVP, Paris.

Une exposition qui va déborder largement les frontières du Centre Pompidou Metz, et s’emparer de toute la ville. L’artiste de 72 ans y réactivera dans l’espace urbain ses oeuvres emblématiques comme sa fausse campagne d’affichage publicitaire (1977) prônant la résistance à grands coups de « NI » (écrits en grandes lettres). Après la présentation au Mac/Val de son installation Ad Nauseam, Tania Mouraud bénéficie aujourd’hui d’une rétrospective historique. Quand elle arrête définitivement de peindre en 1968, elle se consacre un temps à ses « chambres de méditation », espaces immaculés dédiés à l’introspection, et reconstitués pour l’occasion au Centre Pompidou. « Je vais à fond dans ce que j’entreprends » confie cette figure essentielle de l’art contemporain français,  « puis je passe à autre chose, un peu comme un gosse ». L’artiste déclare vouloir transmettre sa « douleur » face au fanatisme et à la destruction des oeuvres. Selon elle, l’art « doit faire progresser sur le chemin de la connaissance».

Où ? Centre Pompidou, Metz

Quand ? Du 4 mars au 5 octobre 2015.

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