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La foire Art Basel 2015 : un millésime sans ivresse ?

Céline Piettre 23 juin 2015

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Un (beau) flacon sans ivresse ? La 46ème édition d’Art Basel, la championne toutes catégories des foires d’art contemporain, affiche une fréquentation au beau fixe (légèrement en hausse) et des ventes records. Un happy ending entâché par quelques critiques acerbes de la part de nos confrères présents sur place. Revue de presse.

baselT2Selfie devant la sculpture de Pascale Martine-Tayou, Art Unlimited, Art Basel 2015 © Getty Image

Cinq jours d’effervescence (du 17 au 21 juin), qui électrisent la tranquille ville suisse de Bâle, et un bilan plus que satisfaisant. Rien d’étonnant pour la « reine des foires », connue pour assurer aux galeries sélectionnées – 284 cette année, européennes et américaines en majorité – une part importante de leurs bénéfices annuels. « Quand Art Basel va, tout va » résumerait notre bon vieux Obélix. C’est ici qu’on vend les « grosses » pièces aux « grands » musées et collectionneurs. Bref, une certaine envergure s’y déploie, justifiant à elle-seule les énormes efforts demandés aux exposants. Le New York Times nous le rappelle à l’occasion de cette 46ème édition. Participer à Art Basel équivaut à « intégrer un club ultra-exclusif ». Et son examen d’entrée exige la rédaction d’un dossier épais comme une bible et la conception d’une maquette du stand. Beaucoup restent à la porte.

Des ventes millionnaires

Côté business, l’année 2015 tendrait plutôt au cru millésimé. « Une vraie réussite » (Art Info) qui « témoigne de la vitalité du marché, mais aussi du leadership mondial d’Art Basel » (L’Alsace.fr). Les médias se font le relais des ventes les plus juteuses : un Christopher Wool de 2009 cédé à 5,5 millions de dollars (Galerie van de Weghe) et un Bambi de Paul McCarthy à 2,8 millions de dollars (galerie Hauser & Wirth). Une bonne flambée qui n’atteint pourtant pas les prix pharaoniques des ventes aux enchères – beaucoup de pièces à 7 chiffres, comme les Femmes d’Alger de Picasso chez Helly Nahmad Gallery, n’ont pas trouvé chaussures à leur pied.

« L’effet Venise » ?

Quand elles ne concernaient pas les valeurs sûres de l’art moderne (Rothko, Calder, tous regroupés au même étage cette année) et contemporain (Fontana, Warhol, Beuys), les préférences des collectionneurs sont allées aux artistes bénéficiant d’une certaine actualité. C’est le cas de la Sud-Africaine Marlène Dumas (exposée jusqu’en mai à la Tate Modern de Londres et jusqu’au 6 septembre à la Fondation Beyeler de Bâle), dont les peintures se sont très bien vendues, dès le premier soir, sur le stand de Dominique Lévy. Un « effet Venise » est constaté par le Quotidien de l’art, qui explique la vente de onze sculptures de Chiharu Shiota chez Daniel Templon par le succès de l’installation de l’artiste nipponne à la dernière Biennale de Venise. Idem pour Sarkis, chez Nathalie Obadia. Les vases de l’art contemporain communiquent bien, apparemment. Autre passage obligé de cette édition 2015, les « papis » de l’art français comme les surnomme Le Monde, à savoir les baroudeurs du Nouveau Réalisme, présents en force sur le stand de Georges-Philippe et Nathalie Vallois.

Kader Attia plombe l’ambiance d’Art Unlimited 

Section préférée des visiteurs (car dédiée aux oeuvres monumentales et spectaculaires), Art Unlimited affichait son lot habituel d’attractions. On pouvait s’y prélasser dans des hamacs et y suivre 24h/24 le quotidien de l’artiste Julius von Bismarck, prisonnier d’une plateforme tournant à grande vitesse (Egocentric System). L’arbre en plastique coloré du Camerounais Pascale Martine-Tayou remportait tous les suffrages. On le retrouve aujourd’hui reproduit et cité partout dans la presse (voir l’image plus haut), tout comme le repas participatif du Thaïlandais Rirkrit Tiravanija à déguster sur la Messeplatz. Toujours à l’extérieur, et réparti dans toute la ville, le Parcours Night (programmé par la directrice du FRAC Champagne-Ardenne) a lui aussi rencontré un succès public et critique, du bonhomme de granit d’Ugo Rondinone de dix mètres de haut aux glaces de Davide Balula.

Au coeur de ces festivités, et histoire de plomber un peu l’ambiance en remettant la réalité sur le devant de la scène, l’installation de Kader Attia marque les esprits. Ruine composée de seize vitrines en verre brisée, Arab Spring évoque non seulement les Révolutions arabes mais les récentes destructions en Irak. Interviewé par l’Art Newspaper à l’occasion de la foire, l’artiste français se dit particulièrement choqué par la prise de Mossoul.« Ces types sont des fascistes, confie t-il au quotidien londonien, ils n’ont pas seulement détruit les musées mais aussi 500 000 livres ».

baselT1Arab Spring de Kader Attia, Art Unlimited, Art Basel 2015 © Getty Image

Une édition qui manque de corps

Certains médias tranchent avec l’enthousiasme général (et contagieux). Critiques subliminales pour le New York Times, qui semble regretter le faible renouvellement des galeries dans son article du 14 juin. Critiques lancées comme si de rien n’était (mais non dénuées d’efficacité) par le Quotidien de l’art, «lassé du surcroît de peinture abstraite inoffensive, ou de néo-conceptuel peu inventif abondamment déployé à l’étage supérieur de la foire ». Et enfin critiques coupantes du Monde qui conclue, sous la plume vitriolée d’Harry Bellet, à « une production d’art actuel parmi les plus affligeantes de ces trois dernières décennies, exécutée à la chaîne et sans inspiration par de très jeunes artistes propulsés au sommet par les ventes aux enchères et qui retomberont bien vite». Gloups, en voilà une qui sera plus dure à avaler que la cuisine de Rirkrit Tiravanija.

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