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Quelques (bons) conseils de Marcel Broodthaers pour dérider l’art conceptuel  

Céline Piettre 22 juin 2015

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Exposé à la Monnaie de Paris jusqu’au 5 juillet et bientôt au MOMA de New-York (qui lui consacre une grande rétrospective en 2016), Marcel Broodthaers repeint l’art conceptuel des années 1970 à grands coups d’humour belge. Retour sur ses plus brillants faits d’arme. 

marcelT2Marcel Broodthaers, Pipe, 1969 © DR

Se placer sous la protection de Duchamp, Magritte et Mallarmé

Cadeau du destin, Broodthaers porte le même prénom que le créateur du ready-made. Et entre lui et Marcel Duchamp les affinités ne manquent pas. Même causticité, même remise en cause du système marchand de l’art, même irrévérence virtuose, même passion des rébus. Broodthaers a incontestablement du Duchamp dans le sang et du Magritte dans la peau. Le prince du surréalisme belge ne cessera de l’inspirer toute sa vie. Broodthaers reprendra à son compte le fameux « Ceci n’est pas une pipe », associant l’objet magrittien à des lettres de l’alphabet (imprimées sur plaques) ou faisant de la pipe le sujet d’un film. « J’essaie de déployer le langage de Magritte, explique Broodthaers, pour faire apparaître sa réalité sociologique ». Autre figure tutélaire : le poète français Stéphane Mallarmé qu’il considère comme l’inventeur « de l’espace moderne et contemporain de l’art ». Ce dernier lui inspire la performance la Pluie, texte écrit sous une averse qui en efface simultanément le contenu.

S’autoproclamer artiste

C’est à l’âge de quarante ans que Marcel Broodthaers fait ses premiers pas en tant qu’artiste conceptuel, après avoir été tour à tour poète, libraire, guide d’expositions, journaliste et photographe. Son entrée dans le monde de l’art prend l’allure d’une farce. « Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie » annonce le carton d’invitation de sa première exposition à la galerie Saint-Laurent de Bruxelles (1963). Il y présente une sculpture réalisée à partir des exemplaires invendus de son recueil de poèmes Pense-Bête. Plongé dans du plâtre, le texte perd en qualité littéraire ce qu’il gagne en plasticité. « Jusqu’à ce moment, constate l’artiste, je vivais pratiquement isolé du point de vue de la communication, mon public étant fictif. Soudain, il devint réel ». Enterrement qui tient lieu d’acte de naissance.

Devenir soi-même une oeuvre

En 1962, l’artiste conceptuel Piero Manzoni fait de son ami Marcel Broodthaers une « oeuvre d’art véritable”, le signant de sa main et lui délivrant un certificat d’authenticité. Un an plus tard Broodthaers embrasse la carrière artistique.

Créer son propre musée d’art moderne

C’est le grand œuvre de Marcel Broodthaers. La création de son Musée d’art moderne-Département des aigles l’occupe de 1968 à 1972 et nourrit sa réflexion sur le statut de l’art. Cela commence comme une simple réunion. Marcel Broodthaers invite chez lui les principaux acteurs du milieu de l’art belge suite aux manifestations de Mai 68. Comme les chaises manquent, il loue des caisses à une société de transport d’objets d’art et écrit « Musée » et « Section XIXème » sur les fenêtres de son appartement. Le Département des aigles est né. Un musée à la fois fictif et réel, au sens où l’artiste, qui y exerce les missions de conservateur, directeur et guide, constitue une véritable collection. Objets trouvés aux puces, classés, accrochés au mur ou dans des vitrines et accompagnés de cartels. Broodthaers va jusqu’à concevoir une campagne publicitaire. L’aigle est choisi en tant que symbole de la «représentation majestueuse» de l’art. Jusqu’en juillet, la Monnaie de Paris propose une reconstitution de ce musée.

CRI_213268© MOMA, New York

Interviewer un chat

«Est-ce que c’est un bon tableau ? Êtes-vous certain qu’il ne s’agit pas d’un nouvel académisme ? » questionne Marcel Broodthaers, transformé pour l’occasion en critique d’art/intervieweur. Un concert de miaulements lui répond, et s’engage un échange absurde entre l’artiste et le félin. Hilarant et d’esprit résolument belge. A écouter ici.

Aimer les moules

Sa casserole de moules rouge, remplie à ras bord, fait passer Marcel Broodthaers à la postérité. Il s’agit de l’œuvre la plus connue de l’artiste, qui se proclame lui-même « roi des moules ». Le mollusque fonctionne comme le label d’un art d’origine belge contrôlée. Déclinée ironiquement en cassolettes, tableaux, bureaux, la moule affiche son sex appeal d’objet désirable, connotation sexuelle oblige… Mais Marcel Broodthaers ne s’arrête pas là. Coquilles d’œuf, frites et fémurs (à l’effigie du drapeau français) viennent rejoindre la moule sur la liste de ses matériaux fétiches.

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