Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Les pères et les fils dans l’objectif de Grégoire Korganow

Marie-Charlotte Burat 19 juin 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Tel père tel fils. Cette expression d’une simplicité apparente prend toute sa dimension dans le travail de Grégoire Korganow. Retour sur la dernière série du photographe à l’occasion de la Fête des pères. 

Père et fils TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©, Grégoire Korganow et son fils

Peut-être avez-vous eu la chance de voir, de mars à avril derniers, les portraits réalisés par Grégoire Korganow à la Maison de la photographie. Sur fond noir apparaissent deux corps, deux torses, nus. L’instant se fige mais nous montre l’intemporalité de leur lien indélébile, celui entre père et fils. A travers ces images, nous rencontrons tous les âges, d’un nouveau-né à un homme de 80 ans. Les questions abondent alors suivies d’un travail d’investigation. On cherche à voir leurs ressemblances, à comprendre les regards qui se rejoignent ou non, la relation qu’ils entretiennent. En somme, quelle est leur histoire ?

Masculinité, nouvelle définition

Amour TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©

Amour encore TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©

Amour toujours TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©

Cette nudité nous éblouit par sa tendresse. Les hommes sont dénudés et proches, ils se touchent. Un amour qui transparaît sans artifice en mettant les protagonistes à nu. Cette sensibilité brouille les pistes. On y voit des hommes fragiles qui se réapproprient la notion de paternité. L’archétype viril patriarcal n’est plus de mise et le malaise qui s’en dégage permet de soulever les tabous. Ces pères et fils jouent entre eux comme ils se jouent des codes.

Les chats ne font pas des chiens

Le temps qui passe T Grégoire Korganow, « Pères et fils» ©


Plus le temps TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©

Le temps TGrégoire Korganow, « Pères et fils» ©

Parler de pères et de fils, c’est parler d’hérédité. Les ressemblances que nous cherchions au début apparaissent et nous fascinent en permanence. Cet intérêt vient du pouvoir de prédiction propre à la biologie. « Est-ce que je ressemble à mon père ? » Voilà la question que s’est posée l’artiste. En immortalisant ces modèles sous le format d’un portrait, Grégoire Korganow met en lumière les analogies. On reconnaît les yeux, ou plutôt l’expression qui s’en dégage. Les gestes et attitudes sont démasquées. Le photographe transforme ces corps par la lumière qui fait d’eux de véritables sculptures, impression renforcée par le fond noir. Il y a donc une volonté de stopper le temps afin de nous laisser l’occasion de réfléchir à ce dernier. Les années passent, les fils deviennent pères, les pères vieillissent et le cycle se poursuit. Depuis 2010, l’exposition circule et témoigne ainsi des générations qui se succèdent et du temps qui court.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE