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Pourquoi MUCEM Plage tombe t-il à l’eau ?

Marie-Charlotte Burat 16 juin 2015

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MUCEM Plage coule à pic. Le projet qui devait s’établir à Marseille sur l’esplanade du Musée des civilisations du 25 juillet au 21 août a été annulé en dépit des efforts de l’institution pour le maintenir. Explications. 

MuCEM TMuCEM Plage, Les installations : Medusa, YesWeCamp©

La notoriété grandissante du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée ne lui permettra pas de faire aboutir son initiative : installer une plage éphémère sur l’esplanade J4 et y promouvoir des animations artistiques et de loisir. Vite jugée, vite caricaturée, MUCEM Plage a fait les frais de multiples attaques de la part des médias et des habitants de Marseille. Ces dernières ont pris l’avantage sur les partisans pourtant nombreux de l’événement, et ont contraint le musée à abandonner le projet.

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La faute au sable

A l’origine de la polémique : la fédération CFDT (Fédération communication conseil culture) qui a remis en cause via son site internet la qualité et les coût de la programmation jusqu’à la logique même du projet. «Pour attirer les gens au MUCEM, il faut une bonne programmation et de meilleurs transports pour s’y rendre. Pas du sable…» déclare le syndicat CFDT. Dans la ligne de mire donc : les 640 tonnes de sable provenant de Montpellier, les douches et brumisateurs installés sur une plage où la baignade est interdite et les risques que ce sable fait encourir à la collection du musée en s’immisçant dans les salles d’exposition à chaque pas des visiteurs. Une zone balnéaire qui demande de nombreux coûts pour être constituée (de l’ordre de 380 000 euros d’après le musée et 700 000 pour les autres) mais également pour être démontée. Le fait qu’un musée dépense autant pour organiser une tombola et des cours de yoga n’a donc pas conquis le syndicat qui voit le budget de la programmation culturelle fortement entaillé pour répondre à ces objectifs. Ainsi décrédibilisée, cette initiative a été réduite à la volonté de n’être qu’une pâle copie de son homologue parisien.

Sous les pavés, la culture

L’image du projet une fois entachée, la direction du MUCEM a décidé d’annuler la création de cette plage et regrette dans un communiqué la tournure de la situation : « Cet événement (…) a rencontré de nombreux soutiens enthousiastes, mais a pu également susciter des polémiques. » Un débat qui aura fini par enterrer la plage et réduire à néant les ambitions du musée et de son partenaire Yes We Camp, association spécialisée dans l’équipement éphémère d’espaces partagés.

Mais peut-être ne faut-il pas se prêter si vite au jeu de la critique. Derrière ces accusations faciles se cache une réelle volonté d’une « culture pour tous » de la part du MUCEM qui a été en partie éclipsée par la polémique. Le MUCEM vise avant tout ceux qui ne peuvent pas partir en vacances, dans une période où les activités se font rares et l’errance est à son zénith. Il pense également à ceux qui ne sont pas familiers avec les musées, leur donnant l’occasion d’allier culture, sport et divertissement. Cet événement doit se percevoir comme il a été conçu : une rencontre à la fois culturelle et physique, reprenant l’idéologie du musée des civilisations qui cherche à «réunir» les cultures dans une «approche pluridisciplinaire » et accessible.

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