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Le salon de Montrouge, c’est fini ?

Céline Piettre 15 juin 2015

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Directeur artistique du Salon de Montrouge depuis 2009, Stéphane Corréard vient d’apprendre qu’il ne sera pas renouvelé à la tête de ce qui était devenu un incontournable du calendrier de l’art contemporain. Doit-on craindre pour l’avenir du salon? 

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C’est à l’occasion d’une tribune publiée dans le Quotidien de l’art du lundi 15 juin que Stéphane Corréard révélait son départ inattendu. « Je quitte — à regret — la direction artistique du Salon de Montrouge, que j’assumais depuis 2009. La Ville vient en effet de m’annoncer sa décision de changer de commissaire ».

Un choix pour le moins surprenant (pour lui comme pour nous), au vu du succès public croissant du salon (23 000 visiteurs en 2014) et l’adhésion quasi unanime des professionnels de l’art. Tremplin pour les artistes émergents, Montrouge a ainsi participé à lancer la carrière d’Ivan Argote (galerie Perrotin), de Farah Atassi (finaliste au Prix Duchamp 2013), de Théo Mercier (finaliste au Prix Duchamp 2014), de Julien Nédélec (exposé au Centre Albert Chanot à la rentrée), de Pierre Seinturier (notre coup de cœur de l’édition 2013) ou encore de Justine Pluvinage.

La touche Corréard

Ce critique d’art — connu pour sortir la langue de sa poche aussi souvent qu’il le peut —, directeur du département Art contemporain de la maison de ventes Cornette de Saint-Cyr, a donné sa personnalité au salon d’art émergent. Valorisant l’éclectisme et l’originalité des projets sans discrimination d’âge (la moyenne s’élevait à 32 ans en 2014 avec des pics à 70 ans !) ni de style. Absorbant les tendances un poil avant l’heure — l’art brut, longtemps boudé, désormais incontournable. Ne craignant ni le mauvais goût, ni les écarts du côté de l’art médiumnique, poilu, kitsch, moche, potache – on lui reproche, il en fait sa signature. Confiant la scénographie du salon à la designeuse Matali Crasset. Eteignant les polémiques (en maintenant justement la scéno, souvent critiquée, de cette dernière). Consacrant des ventes aux enchères aux artistes du salon (où l’on pouvait dénicher des perles pas bien chères). Et réussissant même à séduire les journalistes en les invitant à participer au jury, ou tout simplement par sa bonne humeur. « Montrouge n’est pas une compétition […] mais un événement qui réunit des artistes pour les artistes » confiait-il à Exponaute en 2013 lors d’une visite du salon des plus sympathiques.

Pour un service public de l’émergence

Ce changement de tête met-il fin au salon de Montrouge tel qu’on l’aimait et le connaissait ? D’après Stéphane Corréard, l’annonce de son départ s’associe à une volonté de la Ville de « revoir considérablement le projet ». Réagissant à cette décision, le futur ex-directeur rappelle que « ce modèle a fait ses preuves » et invite à créer un « service public de l’émergence ». On attend, de notre côté, de pouvoir parler à un représentant de la municipalité, afin d’en apprendre éventuellement un peu plus sur l’avenir du salon. En espérant qu’il ne subira pas le même sort que certains centres d’art, comme les Eglises de Chelles, qui fermera définitivement ses portes le 31 août. L’époque est au changement. Un changement inquiétant.

Cet article vous a intéressé? Exponaute vous conseille la visite guidée du salon de Montrouge 2013 en compagnie de Stéphane Corréard et les coups de coeur du salon de Montrouge 2015.

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