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Pourquoi la Villa Cavrois est-elle un chef-d’œuvre ?

Florence Bousquet 12 juin 2015

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La Villa Cavrois ?! Inconnue au bataillon. Il s’agit pourtant d’un chef d’œuvre de l’architecture moderniste, construit en 1932 par Mallet-Stevens. Vous allez maintenant en entendre parler partout car elle vient de rouvrir après 12 années de travaux de restaurations (à cause de son état de délabrement depuis 1988) menés par le CMN . Située à Croix, dans le nord de la France, on vous explique pourquoi c’est un chef d’œuvre de l’architecture moderne.

Villa Cavrois, Robert Mallet-Stevens, Croix (Nord-Pas-De-Calais), courtesy Wikipedia

Pour son architecte : Robert Mallet-Stevens

Mallet-Stevens, même s’il est moins connu que son contemporain Le Corbusier, a œuvré à la même période : la première partie du XXème siècle. Architecte clef du mouvement moderne, il a fait partie des personnes engagées pour promouvoir ce nouveau style. Né en 1886 à Paris, il défend le Style International à l’entre-deux-guerres puis participe au premier Congrès International d’Architecture Moderne (CIAM), avant d’en être écarté, et de créer la revue L’Architecture d’aujourd’hui et l’Union des Artistes Modernes. C’est l’un des premiers architectes en France à utiliser des préceptes modernes (géométrisation des formes, fonctionnalisme…) inspirés par l’architecture de Josef Hoffmann, Frank Lloyd Wright ou le mouvement De Stijl.

La Villa Cavrois succède à la construction de la Villa Noailles à Hyères (1922) et aux immeubles de la rue Mallet-Stevens dans le 16ème arrondissement de Paris (en face du Castel Beranger d’Hector Guimard). C’est l’une de ses plus importantes réalisations.

Des équipements modernes avant l’heure

Tout dans l’aménagement intérieur reflète un nouveau mode de vie : la grande piscine extérieure, les nombreuses salles de bains, les surfaces lavables, la ventilation à tous les étages, le chauffage central, l’ascenseur, et même un chauffe-peignoir ! Mallet-Stevens dit à ce propos : « Le vrai luxe, c’est de vivre dans un cadre lumineux, gai, largement aéré, bien chauffé, avec le moins de gestes inutiles et le minimum de serviteurs ». Le programme va jusqu’à l’intégration dans les murs d’horloges, de téléphones et de la TSF (télégraphe sans fil).

Un des rares exemples d’architecture moderne civile en France

Les exemples d’édifices civils modernistes en France sont rares car ce type disparaîtra avec le début de la Seconde Guerre mondiale pour revenir à des modèles domestiques plus simples. Construites pour de riches propriétaires, elles succèdent aux hôtels particuliers. La Villa Cavrois est l’exacte contemporaine de la Villa Savoye de Le Corbusier à Poissy (1929-1931). Même si beaucoup d’éléments les différencient, elles répondent au même programme de villa d’habitation au confort moderne. Cependant, contrairement à la Villa Savoye, la Villa Cavrois n’est pas un manifeste mais une architecture « artistique » et une œuvre de transition entre l’architecture résidentielle traditionnelle et l’architecture moderne.

Intérieur, vestibule, courtesy Les amis de la Villa Cavrois

Simplicité et dépouillement

Mallet-Stevens fait le choix de la simplicité, ce qui est novateur à l’époque, et du dépouillement. Les matériaux utilisés sont industriels (verre, métal, acier) ou plus nobles (marbre, essences de bois…), mais le luxe n’est jamais ostentatoire. Les murs sont blancs et les formes, élémentaires. Seul le mobilier se détache de cette apparente modestie (fauteuils en noyer vernis couverts de tissu par exemple).

Une géométrisation de l’espace

On peut remarquer que plusieurs masses géométriques s’imbriquent, comme ce demi-cylindre au centre (à la manière d’Eileen Gray pour la villa E-1027, il emploie pour les premières fois le mur courbe) s’articulant avec un parallélépipède. La rigueur géométrique se retrouve aussi à l’intérieur : ce sont les « tracés régulateurs » établis à partir des dimensions d’une brique standard. Un jeu de hauteurs a également été mis en place, chaque pièce se distinguant de sa voisine par la hauteur de son plafond ou par des jeux de parois. De grandes baies viennent rythmer la façade et Mallet-Stevens a joué sur l’horizontalité à l’extérieur, inspirée des maisons de Frank Lloyd Wright.

On pourra la visiter dès le 13 juin 2015 (7,5 euros plein tarif, gratuit – 25 ans).

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