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Edith Piaf est toujours en vie à la BNF

Céline Piettre 3 juin 2015

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Ils en piaffaient d’impatience, les fans de la Môme, à la veille de l’ouverture de l’exposition consacrée par la BNF à leur idole. Les voilà aujourd’hui arpentant, nombreux — sans que l’institution n’ait pu nous communiquer les chiffres exacts —, les salles grises (pour l’enfance à Paris) ou rouges (période Olympia). Avec son titre ultra concentré, « PIAF » expose jusqu’au 23 août une femme-monde, en tentant d’en restaurer la vitalité.

image© ADAGP, Bibliothèque nationale française

C’est encore aujourd’hui, plus de 50 ans après sa mort, l’une des chanteuses préférées des Français. Et une référence outre-Atlantique (Lady Gaga reprenait ce 31 mai la Vie en rose à l’occasion d’un concert donné à Los Angeles). Piaf, la fille du peuple née en 1915 dans une famille de saltimbanques, aurait eu cent ans en 2015. La BNF exhume à cette occasion toutes les (nombreuses) archives dont elle dispose. Les photos, affiches de concert et pochettes de disques, typiques de ce genre d’exposition, côtoient dans un espace volontairement « ébouriffé » des objets plus personnels : lettres de fans et célébrissime robe noire que PIAF, superstitieuse, portait pour tous ses concerts. Soit quatre cents pièces au total.

Dans l’oreille

PIAF, c’est d’abord une voix, une grande voix, reconnaissable entre mille, et c’est elle qui nous accueille à la BNF. A peine foulé le seuil de l’exposition et nous voilà avec un casque sur les oreilles. A notre disposition : 50 pistes correspondant aux 50 tubes de la Môme (sur les 400 chansons interprétées et les 80 composées au cours de sa carrière). On peut les écouter à loisir, et/ou en fredonner l’air, paroles à l’appui, dans une cabine/karaoké mise à disposition des visiteurs. Ce qui pourrait sembler anecdotique saisit par l’émotion provoquée. Tête-à-tête avec l’œuvre qui vient activer par le chant (par le souffle!) les archives parcourues, leur insuffler la vie au sens littéral du terme.

Piaf n’est pas morte !

On dirait que la BNF n’a que ça à l’esprit : nous prouver par a+b que Piaf continue de vivre parmi nous. La scénographie tourbillonnante (et un tantinet désordonnée), la relative rareté des textes explicatifs, jusqu’à la mention dans le parcours des 785 000 fans de son actuelle page facebook, tout concourt à en rallumer la vitalité. Au-delà des drames (la mort tragique de son amant le boxeur Marcel Cerdan) et des dépendances (aux anti-douleurs notamment), l’accent est mis sur l’énergie de ce petit bout de femme devenu le symbole de l’American dream à la parisienne. La Piaf reine du Music-Hall rejoint la Piaf/séductrice (la BNF a suivi les traces de sa trentaine d’amants). Les lettres d’admirateurs qu’elle reçoit par paquet tous les jours témoignent de son aura (de sainteté), véritable personnage public dont on sollicite le soutien financier et la protection. Non Piaf n’est pas morte, clament en coeur ceux qui en ont revisité le répertoire : les Catherine Ringer, Alain Bashung, Anne Calvi, Grace Jones et autres héritiers lointains de l’artiste. « Si je ne chante pas, je ne vis pas » confie t-elle dans une interview donnée quelques années avant sa mort. L’entendre, la réentendre, c’est la ressusciter.

Un enthousiasme quasi-unanime 

Il suffit de traîner sur les réseaux sociaux, zyeuter sur le livre d’or ou tendre l’oreille dans les salles d’exposition pour prendre la mesure de l’enthousiasme des visiteurs. Enthousiasme abondamment nourri par cette « poésie directe » (comme la qualifiait Roland Barthes) et le caractère intime (et inédit) des archives — des statuettes de Sainte Rita qu’elle emportait partout avec elle à son rire éclatant, vif comme la poudre, dans l’espace d’exposition. Mais enthousiasme légèrement altéré par l’absence de textes en anglais — absence pointée par les visiteurs étrangers et d’autant plus dommageable que la petite Française est adorée à l’international. Comme Piaf, on ne regrette rien, ou presque.

 

PIAF

14/04/2015 > 23/08/2015

BnF - Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

PARIS

« Allez, venez Milord… », « Non, rien de rien… », « Si un jour la vie t’arrache à moi… ». Les chansons d’Édith Piaf sont d...

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