Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

La petite histoire du bassin de Latone à Versailles

Florence Bousquet 22 mai 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

On n’y voit rien  ! Ironisait Daniel Arasse, nous incitant à regarder le tableau encore et encore. Sur les conseils de l’historien de l’art, Exponaute vous propose chaque semaine « d’entrer » dans une œuvre – peinture, vidéo, monument, objet – à la recherche des détails qui « font voir ». Premier épisode avec le bassin de Latone à Versailles, qui a retrouvé tout son lustre après deux ans de travaux…

Les bassins de Latone, courtesy Château de Versailles

Où ?

Après être entrés dans le parc, avancez un peu et vous tomberez sur la fontaine de Latone. Située en contrebas au début de la promenade perspective du parc, on ne peut pas la manquer.

Quand ?

La construction des bassins dure de 1667 à 1670 pour la première phase puis de 1687 à 1689. La reine Anne d’Autriche vient de mourir. « Vive le Roi ! » : Louis XIV accède au pouvoir. Alors qu’il prend ses quartiers à Saint-Germain-en-Laye, il ne rêve que d’une chose : transformer ce qui n’est encore que le pavillon de chasse de Louis XIII en résidence royale… C’est ce qu’il mettra en œuvre jusqu’à sa mort en 1715.

Qui ?

Les frères Marsy, nés respectivement en 1624 et 1628, ont travaillé à la réalisation du bassin de Latone, le plus ancien et le plus important par sa taille de tout le parc. C’est l’oeuvre de leur vie. Jules Hardouin-Mansart (l’architecte de la Galerie des glaces) reprend et termine le chantier à partir de 1687.

Pourquoi ?

A Versailles, Louis XIV décide de tout. Et ce qu’il ne décide pas, il le modèle à son image, comme la statue du Char du Soleil dans le bassin d’Apollon. C’est donc en toute (modeste!) logique qu’il choisit de représenter pour sa fontaine monumentale Latone (Léto en grec), mère d’Apollon, le symbole du Roi-Soleil.

Quoi ?

Au pied de la sculpture s’agitent des grenouilles, tortues et lézards en plomb doré à la feuille. Juste au-dessus d’eux, des hommes en train de se métamorphoser en crapauds exhibent leurs doigts palmés particulièrement repoussants. Au sommet, Latone, tenant ses deux enfants dans ses bras, scrute telle une déesse, du haut de son piédestal, la perspective des canaux.

La partie immergée de l’iceberg

Sous la fontaine, un réseau de canalisations tout aussi important en taille que la fontaine elle-même, maille les souterrains. Les tuyaux de plomb en place datent de l’époque de Louis XIV. Seuls quelques joints ont été changés durant la restauration à la technique ancestrale de la soudure à la louche.

La légende de Latone

Il y a très longtemps, raconte le poète latin Ovide dans ses Métamorphoses, Latone est chassée du domaine des Dieux pour avoir été la maîtresse de Jupiter. Elle erre alors à travers le monde avec ses deux enfants jusqu’à atterrir dans la région de Lycie, en actuelle Turquie. Exténuée et assoiffée elle aperçoit un étang pour s’y désaltérer. Surgissent alors de nulle part des paysans qui veulent l’expulser de leur royaume. Latone se fâche et transforme ces paysans vipérins en crapauds. L’iconographie du bassin s’ inspire directement de cet épisode mythologique.

On a rouvert des carrières pour la restaurer

A Versailles, on peut tout faire, même rouvrir des carrières abandonnées depuis des siècles. C’est ce qu’il s’est passé pour la fontaine de Latone constituée de trois types de marbre : marbre blanc de Carrare, marbre rouge du Languedoc et campan grand mélange. Tous ont été remplacés par des marbres extraits des mêmes carrières qu’au temps de Louis XIV.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE