Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Les Rencontres de la photographie d’Arles changent de tête

Céline Piettre 20 mai 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Dans le petit monde de la beauté, on appelle ça une « coupe de transformation ». Pour leur 46ème édition (dédiée à feu leur fondateur Lucien Clergue), les Rencontres internationales de la photographie changent de tête : un nouveau directeur, Sam Stourdzé, annoncé par une identité visuelle flambant neuve, et résolument contemporaine. 

arlesT

Finis les rhinocéros, vaches, élans, cygnes, citrons et autres aubergines en enfilades. Les affiches ultra-colorées dessinées par Michel Bouvet pour les Rencontres d’Arles, et devenues depuis 2002 le symbole du festival, ne tapisseront plus les murs de la ville du 6 juillet au 20 septembre prochain.

Pop, un brin absurdes – « Quel rapport avec le programme ?! » –, vénérées par les enfants mais pas toujours bien comprises par le chaland – « C’est quoi ? Un piment ou un poivron ? » – et taquinées sur les réseaux sociaux – « Tous les animaux du zoo vont y passer, c’est sûr » –, elles avaient le mérite d’identifier en deux clignements d’yeux la manifestation. L’édition 2015 en signe l’arrêt de mort – ou plutôt la retraite historique. Leur créateur, Michel Bouvet, peut désormais s’en retourner à ses nombreuses autres occupations (dont l’identité visuelle du Théâtre des Gémeaux). Place aux jeunes, avec l’agence ABM, qui accompagne le changement de direction des Rencontres par une esthétique radicalement différente. Une « rupture de ton » revendiquée par la nouvelle équipe présidée par le Français Sam Stroudé (ex-directeur du musée de la photographie de l’Élysée à Lausanne).

La photo au centre du monde

Le collectif de graphiste (connu pour avoir, entre autres, pondu la monographie numérique de l’artiste Claude Lévêque) s’est contenté d’un geste simple : retourner une image à 180°, sabotant par là les codes de la communication visuelle et suggérant ses manipulations possibles. Retour au médium photo donc, et à sa force subversive, à son potentiel de questionnement, voire d’incommodation : saisir l’image dans sa vérité première implique de se tordre le coup. Retour à la photo dans son contexte social (une famille dans une voiture). Retour à la photo en résonance avec le monde (et d’autres champs disciplinaires, musique, cinéma, comme le préconise cette édition). Carnaval visuel (avec son art du renversement des valeurs) moins ludique que politique. Cette fois, c’est le rhino qui va être surpris.

affiche_rhino

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE