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[Dans la presse] Une Biennale de Venise qui prend l’eau

Florence Bousquet 14 mai 2015

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Quelques jours après le lancement, samedi 9 mai, de la 56ème Biennale de Venise, les premières impressions sont tombées dans la presse. De belles œuvres mais un ensemble décevant, tel est le constat. Coups de cœur, critiques, éloges… le pire et le meilleur de cette édition dans notre revue de presse.

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Chiharu Shiota, The Key in the Hand, 2015. Courtesy Daniel Templon.

Cette année, la Biennale orchestrée par le commissaire américo-nigérien Okwui Enzewor a pour titre « All the World’s Future ». Anxiété, capitalisme et autres problèmes sociaux sont exploités par les artistes dans le but d’ « anticiper le monde futur ». Une vision jugée défaitiste pour Le Quotidien de l’Art. « Les artistes font le constat de vivre dans un monde effroyable, pas forcément fichu mais pas bien loin quand même» renchérit Libération. Le Figaro parle d’une exposition « sombre et guerrière». Tous les journaux s’accordent sur ce point : la Biennale est politique, pas au sens d’engagée, mais tournée vers les malheurs de l’humanité.

Des mots durs pour l’exposition internationale

Aucun journal ne félicite à 100% cette édition. Même si certains pavillons font l’unanimité (voir plus bas), l’exposition collective déçoit. Libération est le plus sévère, fustigeant dans son introduction une galerie qui « conjugue les artistes et les œuvres sans réelle perspicacité critique ni émotion». La circulation à l’Arsenal est décrite difficile et l’accrochage «autant académique que dépassé». Tandis que The Guardian juge carrément l’exposition ratée : « Il y a trop de choses à faire et trop d’artistes à voir ». Seul le journal La Croix félicite la cohérence du parcours. Le refus de prise de position nette du commissaire Okwui Enwezor est regretté par certains quotidiens. « L’exposition flirte avec le politiquement correct. Okwui Enwezor a beau prôner la dissidence artistique, il n’en ménage pas moins les susceptibilités» écrit Le Quotidien de l’Art. En résumé : une biennale trop tragique, trop dense, mal organisée, mais qui se rattrape en donnant une plus large visibilité aux artistes africains et émergents.

Des œuvres se démarquent néanmoins, comme le film aquatique du ghanéen John Akomfrah (Vertigo See), les néons de Bruce Nauman et le film Ashes de Steve McQueen, un court-métrage sur la mort d’un jeune homme noyé dans la mer des Caraïbes.

Des pavillons célébrés

Dans le « top 3 » des meilleurs pavillons, le Japon est celui dont le nom revient le plus souvent. La barque suspendue dans un nuage rouge de l’artiste Chiharu Shiota est encensé par tous. Beaucoup mentionnent également l’installation de la doyenne de cette édition Joan Jonas « qui plonge le pavillon américain dans un jeu d’ombres, de récits et de dessins » selon Le Figaro, et le pavillon danois de Danh Vo, rayonnant autour d’une statue coupée en deux. Les corps déformés de Sarah Lucas dans le pavillon anglais divisent (« une vulgarité sans nom » selon Le Monde), tandis que le pavillon suisse fait polémique à cause de l’installation d’une mosquée dans une église par l’artiste Christoph Büchel.

Le pavillon français de Céleste Boursier Mougenot est plébiscité par les médias français, évidemment, mais aussi cité par les médias étrangers, même s’il n’a pas toujours été bien compris – l’installation réduite pour des raisons logistiques. Pari magnifiquement gagné pour Le Quotidien de l’Art qui ne ménage pas son enthousiasme : « Inédit et hypnotique, audacieux et poétique, le ballet de ses arbres avait tout d’un projet fou». Entonnement, alors que les chiffres de la croissance ne sont pas au plus haut dans l’Hexagone, seul le pavillon français souffle son optimiste sur une édition 2015 pas vraiment réjouissante. Comme l’écrit La Croix :« Visiteur, si tu attends de l’art un pur divertissement, évite cette année la Biennale de Venise ! »

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