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Jean-Michel Othoniel et l’art contemporain posent leur valise à Versailles

Céline Piettre 14 mai 2015

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Inaugurées en grandes pompes ce lundi 11 mai, en même temps que le nouveau Bosquet du Théâtre d’eau, les Fontaines de verre et d’or de Jean-Michel Othoniel prennent leurs quartiers, définitifs, à Versailles. Trois cent ans pile après la mort de Louis XIV.

Sculpture_fontaine_de_Jean-Michel_OthonielLes Belles Danses de Jean-Michel Othoniel, Bosquet du Théâtre d’eau © Château de Versailles

C’est la première fois depuis la construction du Château de Versailles qu’un artiste contemporain se voit offrir l’hospitalité (à vie !) dans les prestigieux jardins dessinés par André Le Nôtre. Première et dernière d’après ce que l’on chuchote entre les allées. Invité par le paysagiste Louis Benech à co-signer son projet pour la résurrection du Bosquet du Théâtre d’eau (abîmé par des tempêtes successives), Jean-Michel Othoniel n’en revient toujours pas. « L’oeuvre d’une vie » se répète t-il comme pour conjurer le mauvais sort, histoire que le carrosse ne se change pas en citrouille. La féerie est d’ailleurs l’un des effets visés par l’artiste. Un lieu de plaisir et de promenade à l’ombre des chênes verts et des hêtres, encore loin d’atteindre leurs 17 mètres réglementaires. Conceptuels, passez votre chemin.

LA_Dance_Project__Versailles

L’un des danseurs de LA Dance Project, la compagnie de Benjamin Millepied, en train d’interpréter O’de, une pièce créée pour l’occasion par Julia Eichten (© Château de Versailles)

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le Français Jean-Michel Othoniel (représenté par la galerie Perrotin) est à la commande publique ce que Jean Nouvel est à l’architecture. Ces dernières années, ce spécialiste de la sculpture en verre soufflé se croise partout sur le bitume. On connaissait (par cœur) son Kiosque des Noctambules accueillant les touristes à la sortie du métro Palais Royal, à Paris. Le voilà désormais à Lyon, sur les bords de Saône, avec un belvédère au look de bal musette. Et aujourd’hui à Versailles, où ses trois sculpture-fontaines fabriquées entre Bâle (pour les perles dorées à la feuille) et Murano (pour leurs versions colorées) redonnent vie au grand bassin.

Prénommées Les Belles Danses en hommage au Louis XIV danseur de ballets, leur forme s’inspire des partitions chorégraphiques de Raoul-Auger Feuillet (1710). Ecriture sautillante – imaginez la trajectoire d’une balle bondissante – qui s’étire en arabesque sur une scène d’eau, et s’offre des accélérations frénétiques (et un brin schizophrènes). Le jour de l’inauguration, quelques chaises alignées comme au théâtre permettaient de jouir confortablement du spectacle. Bon élève, Jean-Michel Othoniel a répondu au cahier des charges (relativement exigeant) sans heurter les susceptibilités patrimoniales. Et a su s’inscrire avec une certaine modestie dans la grandiloquence des lieux, déléguant aux jets d’eau et aux reflets le soin des exubérances baroques.

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