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Les Femmes d’Alger de Picasso vaut-il ses 161 millions d’euros ?

Florence Bousquet 12 mai 2015

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Les Femmes d’Alger de Pablo Picasso, cédé chez Christie’s à New-York ce lundi 11 mai 2015, est devenue la toile la plus chère de l’histoire. Battant ainsi le record précédemment détenu par Bacon, suivi de peu par le bronze de Giacometti L’homme au doigt, adjugé lors de la même vente pour 126 millions d’euros. Quatre tableaux du maître espagnol figurent maintenant dans le « top 10 » des œuvres d’art les plus coûteuses au monde. Retour sur une future icône. 

Pablo Picasso, Les femmes d’Alger (Version « O »), 1955, huile sur toile, © Succession Picasso/DACS, Londres 2015

Une évocation de Delacroix

Les Femmes d’Alger a été peint en 1955 par Pablo Picasso. Inspiré par Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix (1834), cette toile fait partie de la période « Grands Maîtres » du peintre espagnol, initiée depuis 1950. Pendant treize ans, il réalisera au total 250 variations des Ménines de Velázquez, du Déjeuner sur l’Herbe de Manet, ou des Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix. L’artiste s’est toujours nourri de la peinture du passé pour jouer de citations et d’ironie.

Revenant d’un voyage au Maroc en 1954, Picasso choisit spécifiquement Femmes d’Alger dans leur appartement comme modèle car l’Orient et ses couleurs chatoyantes l’ont charmé. De plus, la femme de profil sur le tableau ressemble à son épouse de l’époque, Jacqueline. Il peindra quinze toiles à partir du tableau de Delacroix, nommées de A à O. L’huile vendue aux enchères du 11 mai est la dernière de la série (O).

Eugène Delacroix, Femmes d’Alger dans leur appartement, 1834, 1,8 x 2,3m, musée du Louvre, Paris, © RMN/Musée du Louvre/A. Dequier

Un hommage à Matisse

La toile de Picasso de plus d’un mètre sur un mètre cinquante représente des femmes dans un harem. Par rapport à la toile de Delacroix, Picasso a renversé l’une des femmes assise sur le dos, reprenant le thème de la dormeuse et de la femme assise. Le tableau déborde de couleurs : rouge, bleu, jaune, pour rendre hommage à son ami peintre et immense coloriste tout juste décédé, Henri Matisse. Les formes sont anguleuses et dynamiques, contrairement à la langueur qui se dégage de la toile de Delacroix. Ici l’érotisme est joyeux. Picasso a également joué d’un procédé mis en place récemment (le simultanéisme) consistant à représenter les objets et les corps de tout point de vue. L’unité est créée par le quadrillage décoratif de fond fait de céramiques.

Picasso, Delacroix et Matisse… Ces trois grands noms assemblés pourraient expliquer le succès de ces Femmes d’Alger, qui n’auraient peut-être pas rêvé d’un tel destin. D’après le vice-président de Christie’s, Loïc Gouzer, la toile est «un chef-d’oeuvre à la hauteur de Guernica ou des Demoiselles d’Avignon». Cela confirme une fois de plus la domination de l’art d’après-guerre dans les ventes aux enchères publiques. Avec un « top 10 » des œuvres d’art les plus coûteuses au monde composé de quatre Picasso, trois Giacometti, un Bacon et un Warhol.

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