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Sous la voûte céleste de Boursier-Mougenot

Céline Piettre 7 mai 2015

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Musicien (pour la compagnie du metteur en scène Pascal Rambert pendant dix ans) devenu plasticien, l’artiste Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice) a été choisi pour représenter la France à la 56ème Biennale de Venise. Son projet Rêvolutions, architecture d’écume et forêt chantante, est inauguré ce samedi 9 mai. L’occasion d’un retour sur les oeuvres phares de ces quinze dernières années. 

Nymphéas

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Sans titre, 1997, 1999, 2000, 2001… Piscines, pompes, résistances chauffantes, récipients de porcelaine, verres à pied © Xippas Gallery

Simplissime, l’installation possède un sex appeal (esthétique) inversement proportionnel aux moyens utilisés. Quelques récipients de porcelaine et une piscine d’eau chaude suffisent à créer une sculpture mouvante qui délivre sa petite musique cristalline. Céleste Boursier-Mougenot développe ici ses fameuses « formes sonores vivantes » – ligne mélodique de la vaisselle qui s’entrechoque doublée par la ligne de basse des clapotis de l’eau. Un ciel étoilé se recomposant au fil des saisons et des hémisphères ; une constellation de bulles d’air sur le point d’éclater en surface. Exposées un peu partout dans le monde (New-York, Sao Paulo, Australie), les piscines de Céleste Boursier-Mougenot s’installent à partir de mai 2015 dans le forum du Centre Pompidou/Metz.

Bird on a wire

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From Here to Ear, 1999-2007  © Xippas Gallery

Créée pour la première fois au MOMA PS1 à New-York en 1999, From Here to Ear reste à ce jour l’installation la plus populaire et la plus réactivée de Céleste Boursier-Mougenot. Plus d’une dizaine de versions reprennent le même principe de base : des oiseaux perchés sur des cordes de piano (au Beaux-Arts de Paris en 2002) ou une guitare électrique (au Centquatre en 2012) deviennent musiciens à leur insu. Paysage sonore et plastique sans cesse reconfiguré, From Here to Ear place l’aléatoire au cœur de la pratique artistique, dans la ligne droite de John Cage. Invité à pénétrer dans la volière, le visiteur participe physiquement et émotionnellement à ce « mouvement » musical à l’irrésistible poésie.

Horror Vacuum

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Harmonichaos, technique mixte, 2000-2006 © Xippas Gallery

Alignés comme des soldats, manches au garde-à-vous, les aspirateurs de Céleste Boursier-Mougenot réagissent de façon imprévisible aux mouvements des visiteurs. Equipés chacun d’un harmonica diatonique, ils s’allument et vrombissent au gré des passages. Exposés pour la Nuit blanche 2010 à l’Hôtel de Lauzun, entre candélabres et rideaux pourpres, ils délaissent leur allure martiale pour devenir les protagonistes d’un bal fantastique. Objets domestiques mystérieusement doués de vie, Poltergeist menaçant de leur souffle les gentils consommateurs que nous sommes.

Brise marine

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Recycle, technique mixte, 2006 © Xippas Gallery

Filmé par des caméras de surveillance, le bruissement des feuilles d’un arbre est converti en signal lumineux puis en vent artificiel diffusé dans l’espace d’exposition par neuf ventilateurs accrochés au mur. Recycle propose ainsi plusieurs traductions d’une même réalité (invisible). L’installation offre un subtil jeu de correspondances (un brin baudelairien) entre la vue, le toucher et les sons, important à l’intérieur la vitalité du dehors et la sensation du paysage. Evoquant le haut-parleur, la forme ronde et la disposition des ventilateurs renforcent cette dimension synesthésique. Si on ferme les yeux et tend l’oreille, on peut presque entendre la mer.

Concert 2.0

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Index (v.3), 2009 Piano Pleyel P190 avec système PianoDisc, ordinateurs, programme, 3 fauteuils  © Xippas Gallery

Transformant un texte (tapé sur un clavier d’ordinateur) en musique (jouée par un ou plusieurs pianos acoustiques), l’oeuvre Index connaît différentes formes depuis sa conception en 2006. Présentée au théâtre de Gennevilliers en 2009 (son directeur Pascal Rambert a collaboré de longues années avec Céleste Boursier-Mougenot), l’installation se branche directement sur les postes informatiques destinés à l’usage des spectateurs. A l’occasion d’une recherche sur internet ou de l’impression d’un document, ces derniers composent une partition aléatoire qui retentit un peu plus loin, dans l’escalier du théâtre. Mis au point par Céleste Boursier-Mougenot, ce programme révèle le potentiel rythmique et musical de l’écrit. Voyage du numérique à l’analogique. Inscription dans l’espace collectif de nos présences singulières et anonymes.

Gravitationnel

Transcom 1, 2010, technique mixte © Xippas Gallery

On retrouve dans Transcom 1 la confusion (chère à Céleste Boursier-Mougenot) entre source et récepteur. Deux ballons blancs gonflés à l’hélium effectuent une chorégraphie aérienne dans une pièce plongée dans le noir et tapissée de miroirs. Leur déplacement, impulsé par un ventilateur, dépend de certains autres paramètres (du nombre de visiteurs présents dans la salle à la température de cette dernière). Deux caméras suspendues à chaque ballon filment en direct les visiteurs. Les images enregistrées sont projetées sur des écrans et engendrent à leur tour une « mélodie » sourde. L’installation (créée pour la Maison rouge en 2010) propose une expérience d’immersion visuelle et sonore d’une grande complexité, qui brouille par ses différents niveaux d’interactions et de réverbérations la lecture de l’espace.

Assourdissant

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 Chorégraphie, galets, 2012 © Xippas Gallery

Totalement insonore, Chorégraphie n’en transporte pas moins avec elle le potentiel d’une puissante rumeur, celle du grondement des torrents et du fracas des éboulements. Disposés dans les escaliers de la Galerie Xippas à Paris, et contraignant ainsi le visiteur à une ascension attentive (pour ne pas dire périlleuse), les galets composent une partition verticale née du hasard et du désordre. Là encore l’esprit de John Cage plane sur ces paysages de chaos au silence assourdissant.

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