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Où voir du Le Corbusier à Paris ?

Florence Bousquet 27 avril 2015

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A l’honneur au Centre Pompidou dans le cadre d’une rétrospective-événement, le père de l’architecture moderne a laissé huit bâtiments-manifestes à Paris, presque tous visitables. Suivez le guide ! 

Villa Savoye

Villa Savoye, © Cristina Villora Talavera

Située à Poissy, en proche banlieue parisienne, cette villa construite de 1928 à 1931 pour un riche particulier, est l’une des œuvres les plus célèbres de Le Corbusier et signe sa profession de foi architecturale. L’architecte y applique en effet les cinq principes énoncés dans Les cinq points d’une architecture moderne  publiés en 1927 : les fenêtres en bande, les pilotis, le plan libre, le toit-terrasse et la façade lisse. Conformément à la demande d’une « maison bourgeoise moderne » formulée par les propriétaires, il y instaure un nouveau confort moderne et dynamite les codes du pavillon de banlieue habituel. Respirables et pratiques, les nouveaux espaces sont munis d’un patio, de vues multiples sur le jardin pour que la mère de famille puisse surveiller ses enfants, de rampes intérieures et d’une salle de bain « dernier cri » pour l’époque. Tout est révolutionnaire. La maison est devenue un manifeste, considérée à elle seule comme le point de départ de toute l’architecture moderne; tant le Corbusier a réussi ici à cerner les attentes d’une société nouvelle. Certains dimanches d’avril à octobre, des performances de musique et de danse sont prévues dans le cadre du festival « Corb ».

Où ? 82, rue de Villiers, 78300 Poissy (en transports en commun : RER ligne A gare de Poissy puis bus 50 direction « La Coudraie », arrêt « villa Savoye »)

Comment ? Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h. Prix d’entrée : 7,50 € et gratuit pour les moins de 26 ans.

Villa La Roche

Villa La Roche, © Wikipédia, Radomir Cernoch

Tapie au fond d’une impasse paisible et arborée du 16ème arrondissement, la marche est longue avant de découvrir la villa La Roche. Immaculée, elle nous accueille par un mur courbe. Construite de 1923 à 1925, elle fait partie du cycle des villas puristes. A l’intérieur, élément remarquable, la lumière abonde grâce à des fenêtres en bande situées en hauteur laissant passer une lumière diffuse ; idéale pour l’exposition des toiles du propriétaire Raoul La Roche. Les murs sont de couleurs pâles et peu de mobilier encombre les pièces. Un dépouillement complet permet de « sentir » l’espace architectural, ses formes et ses limites.

Où ? 10, square du Docteur Blanche (Paris 16ème)

Comment ? Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h et le lundi de 13h30 à 18h. Prix d’entrée : 8 € et 5 € en tarif réduit.

Appartement-atelier de Le Corbusier

Appartement Molitor, Paris, © Olivier Martin-Gambier, 2005,  © FLC-ADAGP

Uniquement ouvert le samedi, l’appartement et atelier de Le Corbusier, qu’il habitera jusqu’à sa mort en 1965, est situé aux deux derniers étages (nouveau piano nobile du XXème siècle) d’un immeuble du 16ème arrondissement de Paris qu’il a construit de 1931 à 1934. Entièrement vitré sur rue, il est le premier immeuble d’habitation de verre de l’histoire de l’architecture. Pour lui donner un rythme, l’architecte a employé trois types de verre différents. L’intérieur est clair et dépouillé (pas de couloirs et peu de portes) mais des tâches de couleurs et un mobilier signé Charlotte Perriand suffisent à mettre en valeur chaque espace. C’est le style « Le Corbusier ».

Où ? 24, rue Nungesser et Coli (Paris 16ème)

Comment ? Ouvert de 10h à 17h uniquement le samedi. Prix d’entrée : 8 € et 5 € en tarif réduit.

La Cité Radieuse à la Cité de l’Architecture

Si vous ne pouvez pas vous déplacer à Marseille, Rezé, Firminy ou Briey pour visiter l’une des quatre Unités d’Habitation, rendez vous dans la galerie d’architecture moderne de la Cité de l’Architecture. Au milieu des maquettes de carton un appartement grandeur nature de la Cité Radieuse de Marseille, dans lequel on peut pénétrer, a été reconstitué. Aux dimensions minimales adaptées à l’homme (Le Corbusier vient d’inventer le principe du Modulor, une mesure calquée sur la taille humaine) les intérieurs annoncent l’économie de place des Grands Ensembles d’après-guerre. Par exemple, la petite cuisine (4,8 m²) permet des déplacements minimes et donc une plus grande efficacité. Aspect positif : les appartements sont parmi les premiers à être munis d’une mezzanine pour permettre au maximum de pièces d’être éclairées.

Où ? Cité de l’architecture et du patrimoine, 1, place du Trocadéro et du 11 Novembre (Paris 16ème)

Comment ? Ouvert tous les jours de 11h à 19h sauf le mardi (nocturne le jeudi jusqu’à 21h). Prix d’entrée : 8 € et gratuit pour les moins de 25 ans.

Le Pavillon suisse

Pavillon Suisse, Paris, © Olivier Martin-Gambier, 2005,  © FLC-ADAGP

De 1929 à 1933, Le Corbusier va travailler sur le projet du pavillon suisse de la Cité Universitaire de Paris. Le bâtiment est un parallélépipède à ossature métallique monté sur pilotis. Le Corbusier y mettra en place ses principes de la « machine à habiter » applicables à un immeuble. Les trois étages sont divisés en quinze « cellules tiroirs habitables » (6 mètres sur 2,80 mètres) indépendantes de la structure. Si les chambres sont sommaires, les espaces collectifs en revanche, ont été soignés avec des fresques sur les murs, de grandes bibliothèques ou du mobilier luxueux. Le bâtiment préfigure les échelles minimales des Unités d’Habitation comme celle de Marseille construite en 1947.

Où ? Cité internationale universitaire de Paris, 17, boulevard Jourdan (Paris 14ème)

Comment ? Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h. 2 € par personne.

La Cité du Refuge

La construction du bâtiment situé dans le 13ème arrondissement de Paris a été entreprise en 1929 pour héberger 500 nécessiteux de l’Armée du Salut. Il s’agit du deuxième projet de logement collectif de Le Corbusier. La spécificité de cet immeuble est le système à air pulsé, ce qui en fait l’un des premiers bâtiments à air conditionné de Paris (qui aurait très mal fonctionné par la suite). Construit selon un système poteau /poutre, la façade est entièrement vitrée. Le bâtiment est visitable uniquement sur rendez-vous

Où ? 12, rue Cantagrel, (Paris 13ème)

Comment ? Visitable sur rendez-vous (01 53 61 82 00).

Maison-atelier d’Ozenfant et Maison Planeix

La maison-atelier d’Ozenfant est située non loin du parc Montsouris dans le sud de Paris dans une paisible ruelle privée. Elle a été construite en 1925 pour son ami-peintre Amédée Ozenfant. On reconnaît aux grandes vitres la typologie de la maison d’artiste qui a fait son apparition peu de temps avant la construction de l’atelier. Autour, on retrouve de nombreuses villas d’artistes du début du XXème siècle ayant appartenu à des peintres de l’école de Montparnasse. Profitez-en pour voir les maisons où vécurent Foujita, Soutine, Lurçat ou encore la maison construite par les frères Perret (au 2, square Montsouris).

Où ? Square Montsouris (Paris 14ème)

Comment ? Non visitable.

La maison Planeix est un autre exemple de maison d’artiste, construite en 1927. Elle est la seule habitation mitoyenne construite par Le Corbusier. Sa façade est cubiste et le cube en saillie cache le salon, pièce centrale de l’appartement. Au-dessus se trouve l’atelier d’artiste. Malgré l’apparente symétrie de la façade, la dissymétrie apportée par les fenêtres vient rompre l’harmonie générale. Ces deux maisons font partie du cycle des villas puristes (1920-1930) de Le Corbusier.

Où ? 24 bis, boulevard Masséna (Paris 13ème)

Comment ? Visitable sur rendez-vous (01 45 83 73 50).

Maison-atelier du peintre Amédée Ozenfant, Paris, © Olivier Martin-Gambier, 2006,  © FLC-ADAGP

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