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Le monstre dans l’art sur grand écran

Céline Piettre 20 avril 2015

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Offrant son premier grand rôle au réalisateur Bertrand Bonello (Saint-Laurent, L’Apollonide), Antoine Barraud aborde avec le Dos rouge la question du monstrueux dans la peinture. A l’affiche dès le 22 avril.

boneTJeanne Balibar et Bertrand Bonello au musée du Louvre dans Le Dos rouge 

Le film, sélectionné à la dernière Berlinale, erre entre documentaire (son ambition d’origine) et fiction. Son personnage principal, un cinéaste joué par Bertrand Bonello, s’alloue les services d’une historienne de l’art (Jeanne Balibar) pour l’accompagner dans la quête de l’œuvre « monstrueuse » qui nourrira son prochain film. En parallèle et en écho à cette recherche du monstre « idéal », une tâche rouge grandit dans le dos du cinéaste. Virus pictural dévorant et obsédant, signe avant-coureur d’une métamorphose intérieure.

Antoine Barraud (Les Gouffres) reprend ici un thème cher à la théorie esthétique. Soit le laid, le difforme, l’illimité comme envers du beau ou jumeau obscur, sujet notamment traité par Gilbert Lascault dans son essai sur le Monstre dans l’art occidental (réédité en 2004). Réflexion philosophique et picturale à portée intime et psychologique. « Le Dos rouge est avant tout construit comme une fiction, sur le rapport d’un homme à l’art et aux femmes (mère, épouse, amante, amie etc.), comme créatures multiples, fascinantes, mystérieuses et abyssales » explique Antoine Barraud.

Bande-annonce officielle / Le Dos Rouge d’Antoine Barraud from Epicentre Films on Vimeo.

Sur le chemin (initiatique) emprunté par les personnages on croise quelques peintures célèbres : Les deux sœurs de Chassériau du Louvre, l’« ange » écorché de Jacques Gautier d’Agoty, la jeune Tognina de Lavinia Fontana (1583) passée à la postérité grâce à sa pilosité excessive ou l’inquiétante Alice de Balthus du Centre Pompidou. Mais encore des toiles de Spilliaert, Moreau, Caravage, Blake… Le dernier film de Barraud, qui vaut à Bertrand Bonello le Prix du meilleur acteur au Festival de la Roche-sur-Yon en 2014, permet d’en redécouvrir la puissance symbolique. Cinéma intellectuel non dénué de cocasserie qui hérite du mode discursif d’un Desplechin ou d’un Rohmer époque Collectionneuse. L’occasion pour le réalisateur d’y défouler sa fascination du musée et la peinture.

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