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Markus Lupertz : le prince de la peinture à Paris

Céline Piettre 16 avril 2015

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Retour sur la carrière et la personnalité de l’artiste allemand Markus Lüpertz (né en 1941), en visite à Paris à l’occasion de sa première rétrospective française au MAMVP.

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Andreas Mühe, Portrait de l’artiste dans son atelier, 2008 © Andreas Mühe © ADAGP, Paris 2015

Il parle comme on prophétise ; porte une barbe blanche à la Matisse, son héros ; s’habille en dandy (qu’il n’est pas : « Je me salis trop » plaisante-t-il), et s’autoproclame « génie » sans que l’on puisse en déterminer la dose exacte d’ironie. Le peintre et sculpteur allemand Markus Lüpertz est un fanfaron professionnel, sautillant sur un pied devant un parterre de journalistes fascinés ou blaguant sur la date de sa propre mort qu’il espère « négociable ». Séduire son auditoire est une gymnastique qu’il maîtrise à la perfection. Ce qui ne l’empêche pas de prendre la peinture extrêmement au sérieux : gage de civilisation et seule capable de rendre sa visibilité au monde.

« Je hais mon travail »

L’art de Markus Lüpertz pèse son poids : aussi bien dans sa forme, avec cette plasticité monumentale, que dans sa symbolique.  Pour lui l’artiste, visionnaire, est forcément malheureux. « Je hais mon travail, exprime t-il, c’est une torture d’être ainsi voué à la quête d’un achèvement jamais atteint ». Chez Lupertz, même les joies sont des « excès». Les jaunes des épis de blé durs comme le labeur des moissons et la carlingue des machines agricoles. Les tentes (de camping) épousent la massivité des montagnes ou lévitent tels des monolithiques kubrikiens. L’art est une princesse toute-puissante qui se fout de son prétendant (le peintre) et dont il subit le joug amoureux à la façon « d’une pression venant du dessus ». Celui qu’on surnomme « le prince de la peinture » a renoué définitivement avec la subjectivité de l’artiste, a contrario des avants-gardes contemporaines, tout autant qu’avec un certain « académisme » formel, propre au néo-expressionnisme allemand.

LupT3Zelt 40 – dithyrambisch, 1965 © Galerie Michael Werner Cologne, Märkisch Wilmersdorf & New York/Lothar Schnepf © ADAGP, Paris 2015

Collages mythologiques

Né en Bohème en 1941 (aujourd’hui la Tchéquie), Markus Lüpertz fêtera ses 74 ans le 25 avril. Egalement poète, pianiste (de jazz), décorateur de théâtre et d’opéras, professeur et directeur de l’Académie de Dusseldorf (de 1988 à 2009), il est moins connu en France que son contemporain et ami Georg Baselitz. Comme lui, il peint (d’abord) et sculpte (depuis 1981) à proportion désormais à peu près égale. Les deux pratiques étant devenues au fil du temps inséparables.

Le peintre n’a que 15 ans quand il entre à l’Ecole des beaux-arts de Krefeld. A 20 ans il part vivre à Berlin. Hermétique au Pop Art, il y découvre les œuvres des expressionnistes abstraits Franz Line et Willem de Kooning, soit la « révélation » d’une « peinture libérée ». Elle prendra chez lui la forme d’une abstraction figurative, d’une « ivresse » au sens nietzchéen du terme, c’est-à-dire un sentiment de force et de plénitude, condition première de l’art. Le philosophe lui inspirera d’ailleurs les titres de sa série de « peintures dithyrambiques » exécutées de 1963 à 1976. A l’époque ses motifs dit « allemands » (casques et insignes militaires) sont grossis et synthétisés à l’extrême. Sa rencontre avec les nus de Maillol l’entraîne ensuite à la découverte de la sculpture antique et des kouroï grecs dont il transcrira sur la toile les sourires. Puis ce sera au tour des maîtres (Poussin, Goya) et des grandes figures mythologiques (Parsifal) et historiques (Mozart) de l’inspirer. Les sujets classiques sont intégrés à l’oeuvre sur le mode du collage, sabotés de l’intérieur par une série de perturbations, d »impuretés ».

Commençant à rebours par la production des années 2000, le parcours du Musée d’art moderne de la Ville de Paris remonte le fil de la carrière, des grandes compositions arcadiennes aux chaos multicolores de la Donald Duck Serie. Plus on avance et plus ce qu’on croyait saisi de l’oeuvre, foisonnante et sinueuse, se dérobe. Parfois évidente, limpide ; écrasée ailleurs par une lourdeur référentielle. « Je travaille comme si je devenais de plus en plus jeune » confie Lüpertz au directeur du MAMVP Fabrice Hergott. Il semblerait en effet que les dernières œuvres, édens d’eau tachés de soleil et peuplés d’antiquités, échappent au temps historique, dilution dans une Arcadie idéelle et éternelle.

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Sans titre, 2013 © Galerie Michael Werner Cologne, Märkisch Wilmersdorf & New York/Jochen Littkemann, Berlin © ADAGP, Paris 2015

MARKUS LÜPERTZ

17/04/2015 > 19/07/2015

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM)

PARIS

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une rétrospective consacrée à Markus Lüpertz (né en 1941 à Liberec), artiste ...

Exposition terminée
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