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Andres Serrano à Vence

Florence Bousquet 7 avril 2015

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Andres Serrano est né à New-York en 1950. Depuis, ce photographe américain a fait du tabou et du dérangeant son domaine, abordant des sujets aussi sensibles et ancrés dans le temps que la mort, la religion ou l’exclusion sociale. Sulfureux, il aime aussi à capturer les corps et les visages dans un univers acidulé. Le musée de Vence – fondation Emile Hugues lui consacre une exposition (« Ainsi soit-il », jusqu’au 10 juin) en collaboration avec la Collection Yvon Lambert. Le galeriste prête sa collection personnelle pour l’occasion. Aperçu en images. 

Né de parents honduriens et haïtiens, Andres Serrano s’intéresse dès ses débuts aux problèmes sociaux et photographie des individus en marge (des SDF dans Nomads ou des membres du Ku Klux Klan). Sa carrière démarre véritablement en 1987 grâce à un scandale : Piss Christ, une photographie d’un crucifix baignant dans l’urine. En pleine Amérique conservatrice de Georges Bush père, l’oeuvre déchaîne les passions et l’artiste inconnu se retrouve en procès au Sénat pour non respect du « politiquement correct ». On dit même que Robert Mapplethorpe aurait pris sa défense. En 1991, il réalise une de ses séries les plus célèbres : The Morgue ; un univers baroque et dérangeant de corps en gros plans venant de décéder. Son esthétique puise ses références dans l’histoire de l’art (Vélasquez, Goya, Géricault…). Serrano le dit lui-même : «J’utilise la photographie comme un peintre utilise sa toile». Deux grandes rétrospectives lui ont été consacrées : en 2001 au Barbican de Londres et en 2006 dans la collection Lambert en Avignon.

La Mort

The Morgue (Death Unknown), 1992, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

En 1991, Andres Serrano se rend dans une morgue pour photographier les corps venant de décéder. L’image représente un homme que l’on peine à reconnaitre. Il se détache du fond noir grâce à une lumière blanche et à un cadrage serré. À bien y regarder on peut apercevoir que son cou a été recousu. Le sujet morbide, presque repoussant, est magnifié par une esthétique soignée, lissée, faisant penser aux corps à la limite de la décomposition chez Géricault. Les voilés et les drapés rappellent également l’iconographie chrétienne des memento mori.

Portraits

Nomads (McKinley), 1990, Donation Yvon lambert à l’Etat Français / Centre national des Arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

America (Ethan Hawke), 2004, Donation Yvon lambert à l’Etat Français / Centre national des Arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

America (Anna Nicole Smith), 2004, cibachrome, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

Andres Serrano a commencé dès les débuts de sa carrière à photographier les hommes, leurs visages et leurs corps. Le fond est toujours uni pour mettre en avant les personnages comme dans les portraits de Vélasquez. Jouant d’ombres et de clairs-obscurs, la composition est classique, souvent coupée en buste ou en portrait. Il a aussi photographié des célébrités, comme l’exubérante actrice Anna Nicole Smith, mais aussi les sociétaires de la Comédie-Française.

La religion

Chapelle de Matisse, 2015, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

Father Trotabas, 2015, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

The Church (Soeur Jeanne Myriam, Paris) ,1991, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

The Church (Soeur Yvette II), 1991, Courtersy Galerie Yvon Lambert, Paris, © Andres Serrano

En 1991, il réalise la série The Church à l’église Sainte-Clotilde à Paris. Photographiant les religieux de manière originale, il en fait ressortir un côté « pop » aux couleurs criardes contrastant avec le milieu discret dans lequel on a l’habitude de les voir. Ces images sont devenues des icônes de l’art contemporain. Plus récemment, en 2015, il a photographié la Chapelle du Rosaire à Vence d’Henri Matisse (première image).

Cuba

Cemetery Simon Bolivar, Trinidad 2012, © Andres Serrano

Heriberto Cruz Fernandez. La Moca, Camaguey, 2012, Cibachrome, 115 x 96 x 4 cm, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

Sa série sur Cuba date de 2012. Elle signe pour lui un retour à ses origines de descendant d’esclaves venus d’Haïti et de Cuba. Etonnamment cette série est plus douce, contemplative pour décrire un pays dont il se sent proche et qu’il dépeint plein de tendresse.

Les armes

Objects of Desire (Ruger. 22 Long Rifle Mark II Target, [4]), 1992, cibachrome, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

Objects of Desire (44 Magnum [4]), 1990, cibachrome, Collection Lambert en Avignon, © Andres Serrano

Datant du début des années 1990, Objects of Desire, présente des armes à feu en gros plan sur un fond coloré et uni. Comme pour sa série de portraits de religieux, la couleur éclatante donne une autre lecture à l’arme en gros plan, devenue objet esthétique, fétiche.

ANDRES SERRANO

22/03/2015 > 10/06/2015

Musée de Vence Fondation Emile Hugues

VENCE

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