Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 VIVRE !

18/10/2016 > 08/01/2017

Musée de l'histoire de l'immigration - PARIS

LA NEWSLETTER

Les clefs d’une superproduction à la Fondation Vuitton

Florence Bousquet 1 avril 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

« Les Clefs d’une passion » inaugure le troisième temps de l’ouverture de la Fondation Louis Vuitton et démontre son orientation pluridisciplinaire. Après l’architecture (« Frank Gehry ») et l’art contemporain (« Olafur Eliasson »), c’est maintenant l’histoire de l’art qui s’affiche avec des œuvres fondatrices de la modernité. Malgré la présence du Cri de Munch, des Malevitch, des Matisse ou des Monet exceptionnels, le projet curatorial au titre mystérieux se perd dans les méandres des blockbusters.  

Edvard Munch, Le Cri, 1910 ?, tempera et huile sur carton, 83,5 x 66 cm, Munch Museum, Oslo © Munch Museum

Tous les tableaux que vous rêviez de voir un jour au même endroit sans jamais oser l’imaginer. Ce pourrait être le sous-titre de cette exposition mélangeant éclectiquement Picasso et Rothko, Delaunay et Monet en un assortiment de chefs-d’œuvre. Citons notamment : Le Cri de Munch (du musée Munch d’Oslo), Le Carré noir de Malevitch (Musée national russe, Saint-Pétersbourg), La Danse de Matisse (musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg) et Les Nymphéas de Monet (musée d’Orsay et Musée Marmottan-Monet). Véritable tour de force de la directrice artistique de la fondation, Suzanne Pagé, qui a réussi à réunir en un seul lieu des toiles majeures venues de grandes institutions internationales. Sur soixante œuvres, quarante ont été prêtées par des musées ou des collections privées étrangères grâce au lien privilégié que LVMH [groupe de Bernard Arnault propriétaire de la fondation, NDLR] entretient avec celles-ci, en contrepartie de projets communs dans le futur.

Le Cri de Munch nous accueille dans son habitacle noir. Cette toile peinte en 1910 est le chef d’œuvre de l’expressionniste norvégien. Elle représente un homme épouvanté, la bouche ouverte, dont le cri sourd semble se perdre dans un univers cauchemardesque. Cette icône de l’histoire de l’art existe en quatre exemplaires dont deux appartenant à des institutions. Depuis 2006, le tableau est interdit de sortie de Norvège à cause de vols. Il n’avait même pas été présenté à la rétrospective consacrée à Munch au Centre Pompidou en 2011.

Brancusi, Malevitch, Mondrian (vue d’exposition) © The Museum of Modern Art, New-York © Adagp, Paris pour l’oeuvre de Constantin Brancusi, © Musée national russe, Saint-Pétersbourg, pour l’oeuvre de Kazimir Malévitch © Collection Kröller-Müller Museum, Otterlo pour l’oeuvre de Piet Mondrian. Photo Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

Un catalogue d’icônes

Si la présence d’œuvres d’exception est incontestable, d’autres sont moins iconiques, et certaines manquent à l’appel. Pas de Cézanne, pas de Klee, pas de Man Ray par exemple. Les choix paraissent davantage guidés par des « amitiés » avec des institutions étrangères. Une exposition sur les icônes de l’histoire de l’art de la première partie du XXème siècle est forcément un pari difficile, voire impossible, à tenir.

Au fil des grandes salles blanches, ces symboles se côtoient, partagés en quatre thèmes (l’expressionnisme subjectif, le contemplatif, le popisme (?) et la musique). Suzanne Pagé veut « permettre une expérience contemplative et une rencontre émotionnelle, un dialogue, entre le visiteur et l’œuvre ». Elle n’en échappe pas moins à l’impression d’inventaire.

En conclusion, on adresse un chapeau bas à la fondation Louis Vuitton qui a réuni autant de chefs-d’œuvre et se forge ainsi une place de premier plan dans le cercle des musées parisiens. Se pose cependant la question du sens de l’exposition qui ferait rêver plus d’un publicitaire mais manque de véritable propos. Interrogeons-nous aussi sur ce titre mystérieux porteur de promesses. La directrice artistique explique que les clefs sont les moyens que l’on se donne pour découvrir un trésor au fond de nous, quelque chose que l’on ignorait posséder. Malheureusement la clef qui devait ouvrir ce trésor intérieur a du s’égarer dans les salles de cet imagier géant.

Monet © Adagp Paris 2015Claude Monet (vue d’installation), Nymphéas et Nymphéas bleus, 1916-1919 © Musée Marmottan Monet et Musée d’Orsay. Fondation Louis Vuitton / Martin Argyroglo

Henri Matisse, La Danse, 1909, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg, © Succession H. Matisse © musée de l’Ermitage, Saint Petersbourg / Vladimir Terebenin

Cette exposition sera le point de départ de réflexions et de questionnements abordés lors d’un colloque international qui se déroulera les 12 et 13 juin prochains. Trois tables rondes composées de conservateurs de musées, d’historiens, de critiques et d’experts réfléchiront aux enjeux d’une collection muséale, à l’impact du rôle du marché de l’art et à la place des professionnels dans le « façonnage » de l’histoire de l’art, qui aboutira à une question plus large sur la signification d’une icône.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE