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La semaine du dessin : guide anti casse-tête

exponaute 23 mars 2015

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Une semaine du dessin 2015 qui portera inévitablement la marque des événements tragiques du 7 janvier. Entre foires (dès le 25 mars) et expositions, du dessin ancien au plus contemporain, Exponaute vous ouvre la voie. Suivez le guide ! 

salon

© Hélène Paris

Les Foires

Salon du dessin : l’établie

Le Salon du dessin, dont c’est la 25ème édition, aura pour thème le dessin d’architecture. Il se tiendra au Palais Brongniart du 25 au 30 mars 2015. A l’origine orientée vers le dessin ancien, la foire s’est peu à peu élargie aux œuvres modernes et, dans une moindre mesure contemporaines. Depuis 1991, date de sa création, sa réputation s’est forgée et a traversé l’Atlantique ; des conservateurs de musées américains s’y bousculent pour acheter des pièces recherchées. En 2014, 13 000 personnes avaient franchi le pas des marches du Palais. À voir entre autres : une étude de Jean-Baptiste Greuze, un croquis au fusain de Van-Gogh, une gouache de Gauguin (Galerie Jean-Luc Baroni) et des dessins de Le Brun ou de Géricault. Plus proches de nous : il y aura Zao Wou-Ki, Dubuffet, Degas ou Miró. Il faut compter au moins 3000 euros pour espérer en sortir propriétaire d’une oeuvre.

L’invitée privilégiée du salon, la Bibliothèque nationale de France, présentera ses fonds d’architecture dessinées depuis le XVIème siècle. A voir : une trentaine de chefs-d’œuvre comme le dessin d’Etienne-Louis Boullée du projet visionnaire pour le Cénotaphe de Newton ou les croquis de Ledoux, Lequeu, Androuet du Cerceau ou Mansart par exemple.

Drawing Now : la pointue

Le dessin en lien avec l’actualité on le trouve à la foire «Drawing Now» qui se tient au Carreau du Temple du 25 au 29 mars. Résolument contemporain et dans l’air du temps, la thématique retenue pour cette 9ème édition est la liberté d’expression et l’engagement suite à l’attentat contre Charlie Hebdo. Les 73 galeries nationales et internationales (représentées à part égale) seront réparties entre deux niveaux : en bas, les galeries confirmées (dessins des cinquante dernières années) et au-dessus les galeries émergentes, où vous pourrez découvrir le travail de Lucie Le Boucher par exemple (galerie 22,48 m²) ou Chourouk Hriech (Galerie Mitterrand). Créée en 2007 par un galeriste et un critique d’art, la foire s’est internationalisée grâce à son installation dans le Carrousel du Louvre de 2010 à 2014.

DDessin : l’abordable

Cette foire « off », qui se déroule le week-end du 27 au 29 mars 2015 sous la verrière de l’Atelier Richelieu dans le 1er arrondissement, offre une vitrine à des artistes émergents contemporains. Le coup de cœur est le maître-mot guidant les choix d’amateurs au milieu de la vingtaine d’exposants (œuvres originales coûtant entre 250 et 9000 euros). Cette année, au Corner Illustrateurs, Johanna Thomé de Souza exposera ses aquarelles sur les événements du 7 janvier, et le magazine « Glamour » affichera les dessins des gagnants du concours « Icône Glamour ». Parmi nos préférés : Valérie Vaubourg représentée par la galerie Anne Perré, les dessins à l’encre d’Hélène Paris (de la galerie 3ème Parallèle) et Lauren Collin (de la galerie LWS). Le dimanche 29 mars dans l’après-midi, des dessinateurs viendront performer en direct sur un immense papier tendu.

Les expositions 

Groteske Köpfe und weitere Studien. Um 1524-25

Michel-Ange, Têtes grotesques et autres études, vers 1525. Sanguine © Städel Museum, Frankfurt am Main.

Cette année, beaucoup d’institutions semblent avoir la tête ailleurs, accaparées par leur programmation. Comme le Musée d’Orsay qui reste concentré sur Pierre Bonnard (inaugurée le 17 mars). Ou le Louvre et le Centre Pompidou dont l’engagement, plus que timides, contraste avec l’implication de l’année précédente. Idem du côté des galeries qui n’ont apparemment pas misé sur le médium pour attirer le collectionneur dans leurs espaces.

Notre itinéraire commence avec le dessin italien à travers deux expositions qui devraient séduire autant les amateurs de belles feuilles que les spécialistes du médium. La première, présentée par La Fondation Custodia, emprunte au prestigieux Musée Städel de Francfort (qui fête son 200ème anniversaire cette année) 90 dessins des XVème et XVIème siècles signés Raphaël, Titien, Michel-Ange et Corrège – têtes de grotesques en sanguine et dos noueux. La seconde exhume sur les cimaises de l’ENSBA la production quasi inconnue du Baroque florentin et de ses représentants tout aussi discrets : Barbatelli, Coccapani, Franceschini, Dolci et bien d’autres. A souligner pour chacune de ces expositions l’ambitieux travail de recherche et d’attributions qui en a sous-tendu la mise en œuvre.

Prolongeant hors-les-murs la thématique du Salon du dessin (voir plus haut), le Musée Nissim de Camondo trace à l’équerre un parcours découverte du dessin d’architectes, de Piranèse à Mallet-Stevens. Tandis que l’Institut finlandais pousse le crayon du côté du graphisme en exposant la relève scandinave et ses naïvetés colorées.

La feuille de route nous entraîne ensuite à la Halle Saint-Pierre avec son déluge de dessins charriant, sur une initiative de l’écrivain Frédéric Pajak, 500 œuvres graphiques de 67 artistes du XIXème siècle à nos jours. Même éclectisme et même abondance à la Maison Balzac avec l’exposition « L’Ecriture dessinée ». Cette dernière mêle le médium à la peinture et à la sculpture, confronte Rodin à Christian Dotremont (l’un des chefs de file du groupe Cobra) pour une exploration des expériences plastiques autour du texte. La BNF, elle, profite de l’occasion pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Charlie Hebdo par une exposition sur la caricature de presse.

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Les fruits de McCarthy #2, 2013, mine de plomb et fusain sur papier, 24 x 32 cm, courtesy galerie Eva Hober Paris.

Le dessin actuel tire assez bien son épingle du jeu avec les papiers mutants de Cathryn Boch (prix Drawing Now 2014) au BHV ; les paysages de graphite (et/ou performés) de Nicole Wendel au Goethe-Institut ; et les réalités hallucinées de la Suisse Marta Riniker Radich, qui présente au 8 rue Saint-Bon ses derniers travaux sur le pigment (et qu’on vous recommande chaudement).

A la Maison rouge, le crayon virtuose au protocole strict de Jérôme Zonder – couleur et gomme interdits  –  envahit les murs, le sol et le plafond de son exposition « Fatum ». Un parcours en forêt extrêmement construit (trop ?) jouant sur différents degrés de visibilité (va-et-vient entre flou et net, myopie et presbytie) et intégrant des images de la Shoah et du génocide rwandais « saisies » au doigt. Une violence mémorielle qui divise la critique.

Perle insolite (et inédite) de cette semaine, la collection de dessins de patients des psychiatres espagnols Gonzalo Rodríguez Lafora (1886-1971) et Ramón Sarró (1899-1993) exposée à la galerie Christian Berst jusqu’au 11 avril. Soit une vaste opération de sauvetage d’une matière brute, longtemps prisonnière du secret médical, et aujourd’hui répertoriée dans un catalogue de 280 pages en vente à la galerie.

Pour conclure, on s’offre un hors-piste en dehors des frontières franciliennes avec l’excellent regard croisé entre dessin ancien et dessin contemporain proposé par le FRAC Haute-Normandie de Rouen, qui organise pour l’occasion les 9 et 10 avril un colloque international sur le médium. A seulement une heure de Paris.

Par Florence Bousquet et Céline Piettre 

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