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En 2015, la mode fait le printemps

Florence Bousquet 19 mars 2015

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La saison des expositions de mode printemps-été 2015 s’annonce exceptionnelle. On pourrait même dire qu’elle sera aux couleurs d’une histoire générale de la mode du XXème siècle. Des créateurs rebelles et avant-gardistes, des « enfants terribles », qui ont su insuffler au style de ces dernières décennies un vent de révolte et de subversion. Gageons que cela inspire…

Jeanne Lanvin au Palais Galliera

Jeanne Lanvin, Manteau, 1937 © Katerina Jebb

A cet écrin d’inspiration Renaissance qu’est le Palais Galliera, aux coupoles en or et rideaux lourds, répondent les raffinées, délicates et somptueuses robes de Jeanne Lanvin. Dans une ambiance tamisée créée par la scénographe Laurence Le Bris, on circule au milieu de robes visibles à 360 degrés grâce à un subtil jeu de miroirs. Perdus entre reflets et réalité, chacun sombre peu à peu dans l’univers de cette grande dame de la mode française née en 1867. Ce panorama complet classé par sources d’inspirations nous plonge dans une époque entre guerres et Années folles et une mode bien différente de celle d’aujourd’hui. C’est ce qu’a voulu le commissaire Olivier Saillard : une exposition immersive. On repère bien les influences Renaissance de Jeanne Lanvin, ses inspirations exotiques ou Art déco, mais toujours avec un arrière-fond issu du classicisme français du XVIIIème siècle. Conclusion en apothéose dans la dernière salle « du Grand Soir », où des jeux de miroirs nous donnent l’impression de tourbillonner au milieu d’une soirée des années 1920. Lourdes robes en velours sombre sur lesquelles tombent des fontaines de perles et de cristaux scintillants. « Paris fut rarement plus brillant » disait Dior de cette époque. Un hommage juste et sensible à la plus ancienne maison de couture française encore en activité aujourd’hui. Jusqu’au 23 août 2015.

« Fashion Mix » au musée de l’Histoire et de l’Immigration

Affiche de « Fashion Mix » (détail), Yohji Yamamoto, crédit photographique : © Yohji Yamamoto/Monica Feudi

Elsa Schiaparelli, Kenzo, Paco Rabanne, Azzedine Alaïa, John Galliano… Tous sont présents dans cette exposition. Tous ont des origines internationales et tous ont apporté à la mode française. Telle est l’ambition de cette présentation : montrer que le style hexagonal s’est forgé au multiculturalisme. Une histoire de la mode retracée à grands traits dans un semblant de parcours chronologique. Débutant au milieu du XIXème siècle par le couturier anglais Charles Worth, la découverte se poursuit avec Elsa Schiaparelli et Balenciaga entre autres. A ces créateurs historiques répondent des robes de stylistes contemporains qui s’inspirent de leurs prédécesseurs. Une section spéciale est consacrée à la mode japonaise apparue au début des années 1980. L’exposition porte bien son nom : un grand mix. Un peu de tout, dans un éclectique mélange. Pour certaines pièces remarquables cependant, comme la coiffe en plume de paons de Marc Jacobs pour Louis Vuitton, les robes rarement montrées de Martin Margiela et les folies d’Issey Miyake, l’exposition vaut tout de même le détour. Jusqu’au 31 mai 2015.

La collection 1971 de Saint Laurent à la fondation Pierre Bergé

Affiche de l’exposition, photo d’Hans Feurer/Elle/Scoop

1971. Un vent de scandale souffle sur la mode. Cette année-là, Yves Saint-Laurent provoqua un véritable tollé en présentant une collection inspirée de la mode quotidienne des années de guerre qu’il n’a pas connues. Toute une époque, dans laquelle réussi à nous plonger Olivier Saillard, le commissaire. On pourrait citer parmi d’autres pièces la veste à épaules carrées ou les semelles compensées. Pire, Yves Saint Laurent efface la séparation qui existe entre la haute-couture et le prêt-à-porter. Il est ouvertement critiqué par toute la presse et l’opinion pour la première fois de sa carrière. Une série totalement moderne pour son époque qui inaugure les modes du rétro et a bouleversé définitivement l’habillement.

Les vêtements sont exposés devant des parois où sont reproduits en grand les croquis du styliste. Clou de l’exposition : quatre films de 1971 montrant les mannequins sur le catwalk accompagnées par une musique disco-jazz qui résonne dans toutes les salles. Assis devant l’écran avec notre livret – identique à celui distribué en 1971 aux spectateurs du défilé de la maison de haute-couture – on est immergé dans une époque : celle de la pop, des couleurs criardes. La mise en ambiance est une manière de re-situer en quoi ces vêtements, un peu démodés aujourd’hui, pouvaient être choquants. Jusqu’au 19 juillet 2015.

« Déboutonner la mode » au Musée des arts décoratifs

AFP/François Guillot

De prime abord anecdotique, cette exposition révèle un savoir-faire d’une richesse insoupçonnée. Le bouton était à une époque le détail qui donnait son originalité au vêtement. Apparu au XVIIIème siècle, il connaît son apogée à la fin du même siècle lorsqu’il devient signe ostentatoire et marqueur de rang social. En pierre précieuse, peint, doré, gravé, sculpté, le bouton est l’apanage de toutes les fantaisies. Il va même jusqu’à devenir un signe de revendication lors de la révolution française ou à la Libération. Plongé dans la pénombre, on est immergé dans le monde de ces petits objets illuminés, classés par thèmes et par époques, soignés comme des préciosités. Des œuvres d’art miniatures à part entière. Une salle grandiose regroupe toute la collection d’Henri Hamm, avec 792 pièces Art Déco du sculpteur. Enfin on découvre des créations de stylistes qui ont souvent utilisé le bouton pour orner leurs vêtements comme Elsa Schiaparelli ou Yves Saint-Laurent. En sortant, on est enchanté par la frénésie de formes et d’émotions que ce petit objet anodin a rendues possibles. Jusqu’au 19 juillet 2015.

Jean-Paul Gaultier au Grand Palais

Pierre et Gilles, De la rue aux étoiles, Jean Paul Gaultier, 2014, © Pierre et Gilles

Jean-Paul Gaultier revêt sa marinière et arrive en avril dans la capitale, après presque un tour du monde depuis 2011 (Montréal avec plus d’un million et demi de visiteurs, Dallas, San Francisco, Madrid, Rotterdam, New-York, Londres…). Le Grand Palais accueille ce créateur qui a commencé en 1976, a fondé sa maison de haute-couture en 1997 et a su imposer sa patte originale depuis. Le style de Jean-Paul Gaultier refuse les diktats, revendiquant fièrement son droit à la différence. L’exposition présente plus de 150 pièces de haute couture dans une mise en scène multimédia, mais aussi des costumes de films (Le cinquième élément de Luc Besson ou La piel que habito de Pedro Almodóvar), de spectacles (Blanche Neige d’Angelin Preljocaj) ou les vêtements des stars internationales qu’il a habillées (Madonna, Catherine Deneuve…). Des extraits de films ou de vidéos-clips viendront expliciter les créations. Ses costumes délirants et débridés seront présentés sur des mannequins aux visages animés par des projections vidéo. A partir du 1er avril.

« Mannequin d’artiste, mannequin fétiche » au musée Bourdelle

Denise Bellon, Salvador Dalí portant un mannequin d’artiste, 1938, © Les films de l’Equinoxe – Fonds photographique Denise Bellon, Paris

Cette exposition inaugure la réouverture du musée Bourdelle fermé depuis l’année dernière. Une première partie est dévolue à l’évolution du mannequin de mode depuis la Renaissance à nos jours (même si peu d’entre-eux nous sont parvenus avant le XVIIIème siècle). La seconde partie explore les représentations du mannequin en photographie (chez Man Ray) et en peinture (chez Giorgio de Chirico). Soit deux expositions en une. Panorama extra-large (trop ?), il évoque aussi les poupées pour enfants du XIXème siècle. A partir du 1er avril.

Alexander McQueen au Victoria & Albert museum de Londres

Portrait d’Alexander McQueen, 1997, © Marc Hom

L’enfant terrible de la mode, comme on l’appelait dans le milieu, a frappé, et fort, malgré sa fin tragique en 2010. Le Victoria & Albert Museum organise pour lui rendre hommage sa première rétrospective européenne après New-York en 2010, avec plus de 200 vêtements, dont certaines pièces rares. La scénographie est à son image : étonnante, sensationnelle, théâtrale. Coup d’éclat majestueux pour ce créateur de mode (autant qu’artiste complet), qui mettait en scène ses défilés comme un show total. Les décorateurs ont en effet essayé de retranscrire dans les salles les différentes ambiances inspiratrices du styliste. Tour à tour chamaniques, romantiques, macabres, inspirés par la nature, ou encore par le style victorien anglais, les vêtements exposés dans des cages de verre rappellent qu’Alexander McQueen était aussi tourné vers les nouvelles technologies. Un avant-gardiste, à la fois futuriste et gothique. On retrouvera également dans l’exposition des films de ses défilés. Jusqu’au 2 août 2015.

AFP/ Leon Neal

Cristóbal Balenciaga à Calais

Cristóbal Balenciaga, robe de cocktail en dentelle peinte et brodée, 1953 © Henry Clarke-Corbis

La Cité de la dentelle et de la mode de Calais présente le travail du styliste espagnol Cristóbal Balenciaga né en 1895 et mort en 1972. Fusion évidente entre cette ancienne usine de dentelle construite à la fin du XIXème siècle et le créateur ; ce dernier faisant fabriquer sa dentelle à Calais. Il s’agit de la première exposition montrant le traitement du matériau par le créateur, dans un style à la fois moderne et classique. On y découvre une histoire de la mode et des techniques. Les vêtements de Cristóbal Balenciaga lui sont inspirés des robes de dames dans les toiles de maîtres espagnols, comme Goya ou Zurbaran. Parmi les pièces exposées, on trouve des ensembles rares, comme cette robe du soir courte de 1927 (la plus ancienne du styliste) inspirée par Jeanne Lanvin. La dentelle ici se colore, s’agglutine, se plisse ; à chaque occasion ou moment de la journée son type. A partir du 18 avril 2015.

Le Festival de la Mode à Hyères

Anna Bornhold et Sophie Harand

Dix jeunes stylistes (sur 300 candidats) ont été sélectionnés et exposeront à la Villa Noailles de Mallet-Stevens à Hyères comme tous les ans depuis 1985. Le festival a révélé en 2006 le styliste Anthony Vaccarello qui a travaillé ensuite chez Fendi. La maison Chanel est invitée d’honneur de cette 30ème édition. Parmi les membres du jury citons Anna Mouglalis, Sébastien Tellier ou l’artiste portugaise Joana Vasconcelos. La sélection laisse la place à l’expérimentation et à l’innovation.  Tout est permis, mêmes les idées les plus folles. Pour entrer en beauté dans l’été. Du 23 au 27 avril 2015.

JEANNE LANVIN

08/03/2015 > 23/08/2015

Palais Galliera

PARIS

Première rétrospective parisienne consacrée à Jeanne Lanvin, fondatrice de la plus ancienne maison de haute couture encore en activité,...

Exposition terminée
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