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La Victoire de Samothrace achève son lifting

Florence Bousquet 12 mars 2015

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Elle domine, du haut de l’escalier Daru, tout visiteur pénétrant dans l’aile Denon du Musée du Louvre. Après deux ans et demi d’une restauration minutieuse, elle a retrouvé tout son lustre et repose de nouveau sur son piédestal d’origine. Pour que toujours, cette Victoire mystérieuse sans tête ni bras représente une élancée vers l’avant, un souffle. Retour historique sur une « star » du musée du Louvre et un chef d’œuvre de l’époque hellénistique.

Victoire de Samothrace restaurée, crédit photographique : Musée du Louvre/ Antoine Mongodin

 Samothrace, l’île qui lui a donné son nom

La Victoire a été sculptée en 190 avant JC par un artiste inconnu probablement natif d’Asie mineure ou du Dodécanèse. Elle trônait à l’origine dans le Sanctuaire des Grands Dieux sur l’île de Samothrace – d’où son nom – dans un petit édifice fermé sur trois côtés (dont il reste les fondations) à l’endroit le plus haut et le plus reculé du site. Cette île montagneuse et verdoyante de 180 m² est située dans la mer Égée. Le sanctuaire réunissait de nombreux bâtiments liés au culte à mystères, notamment l’impressionnante rotonde de 20 m de diamètre dédiée à Samothrace par la reine Arsinoé (316-270 av JC) ; et les fidèles venaient de très loin pour s’y faire offrir une protection. Célèbre dès l’époque classique, le sanctuaire disparait à la fin de l’Antiquité.

Sanctuaire des Grands Dieux vu depuis l’ancien emplacement de la Victoire de Samothrace, crédit photo : Musée du Louvre

Baroudeuse

Charles Champoiseau, vice-consul de France à Andrinople (actuelle Turquie) et archéologue amateur, découvre la Victoire en 1863, lors d’une mission au sanctuaire. Elle mettra un an à rejoindre le Louvre. En 1875, l’architecte autrichien Alois Hauser découvre les morceaux du navire (qui la supporte) à proximité de là où avait été retrouvée la Victoire. Entreposée à différents emplacements dans le musée, elle rejoint le haut des marches de l’escalier Daru en 1883 pour ne plus le quitter. « Sa position a fait d’elle une star » explique Ludovic Laugier, conservateur au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du musée.

On n’a jamais retrouvé ni sa tête, ni ses bras, ni son aile droite (remplacée par une copie). Cependant, le Louvre possède une main avec deux doigts découverte en 1950 près de la statue. Elle est actuellement présentée dans l’exposition que le musée consacre à la Victoire. La position des doigts laisse penser qu’elle tenait peut-être une bandelette métallique entre le pouce et l’index.

Une silhouette de rêve

Il s’agit d’une Victoire – ou Niké –  (allégorie d’une déesse messagère ailée), un type iconographique célébrant une victoire militaire ou sportive très répandu dans le monde grec puis romain. Elle serait ici une offrande aux Grands Dieux de Samothrace, commémorant selon certaines hypothèses la bataille navale de Sidé opposant le royaume de Pergame aux royaumes d’Antioche et de Macédoine. Elle mesure 2m75 et a été sculptée dans plusieurs blocs de marbre de Paros. C’est surtout la virtuosité du rendu des drapés mouillés dévoilant son corps et les grandes ailes en porte-à-faux qui en font un chef d’œuvre. Le plissé du chitôn (tunique dans la Grèce antique) et de l’himation (manteau dans la Grèce antique) aux reliefs plus épais révèlent les contours sensuels de son corps. La forme générale de la sculpture, avec la jambe gauche formant une diagonale avec le reste du corps, l’inscrit dans un espace en trois dimensions.

Extrait du livre « A Closer Look at the Victory of Samothrace.”  de Valérie Foret

Trois liftings consécutifs

Deux restaurations ont eu lieu au XIXème siècle: en 1864 pour consolider la sculpture et en 1880 pour combler les lacunes. De 1864 à 1866, on stabilise la statue en la posant sur un bloc de pierre et on fixe à sa hanche droite une tige métallique. Des fragments sont recollés. Elle sera exposée sans ailes et sans le haut du buste. Il faudra attendre 1880 pour que l’équipe menée par Felix Ravaisson, rajoute le haut du buste et les ailes : la gauche retrouvée sur le site et la droite moulée en symétrique.

En septembre 2013, la Victoire est entreposée dans une salle en dehors des regards pour être étudiée par le C2RMF (Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France) avec l’aide de chercheurs et de scientifiques. «Son état sanitaire n’est pas mauvais, mais elle avait perdu de l’éclat» explique Ludovic Laugier. Dans un premier temps, la statue a été nettoyée à l’eau et au bicarbonate d’ammonium et des tests ont été réalisés pour qu’elle retrouve sa couleur d’origine. Ensuite, les fissures et les trous ont été rebouchés avec une pâte plus proche de la couleur du marbre. Le bloc de pierre qui lui servait de socle a été supprimé, et un morceau d’aile ajouté.

 Déplacement de la Victoire de Samothrace par les transporteurs de chez Bovis, crédit photographique : Musée du Louvre / Antoine Mongolin

Des traces de couleur

La statue est passée aux rayons ultraviolets, détaillée au microscope… On découvre alors d’infimes traces de bleu égyptien invisible à l’oeil nu en bas du manteau et des pigments sur les plumes. « Une telle restauration n’est pas dissociable d’un travail d’observation précis qui permet de déceler des détails que l’on n’avait pas encore vus ou d’émettre des hypothèses » explique Ludovic Laugier.

La star du musée

Quelle longue histoire et quelle vie mouvementée ! Depuis juillet 2014, la Victoire nous accueille de nouveau au Louvre, majestueuse et bienveillante du haut de ses 2205 ans. Sa restauration aura été possible grâce à l’opération « Tous mécénes » lancées par l’institution. A la troisième place sur la liste des oeuvres les plus appréciées du musée, elle continuera de se faire admirer par plus de sept millions de visiteurs chaque année.

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