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Le Festival de l’histoire de l’art cherche encore son public

Céline Piettre 6 mars 2015

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Lancé en 2010 sur une initiative du ministère de la Culture, le Festival de l’histoire de l’art présentera sa 5ème édition les 29-31 mai prochains au Château de Fontainebleau. Avec les Pays-Bas en invité d’honneur et «la matière de l’oeuvre» pour thème, il tentera d’attirer à lui un public familial, encore minoritaire.

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 Fiona Tan, Nele/Nellie, 2013. Courtesy de l’artiste et de la Frith Street Gallery, Londres.

Il a accueilli 30 000 visiteurs en 2014, soit le double de la première édition ; il en espère 35 000 en 2015. Réunir sur trois jours les spécialistes internationaux de la discipline (invités à présenter les résultats de leurs recherches) et séduire dans le même temps un large public par une programmation culturelle n’est pas chose facile. Après des débuts timides et à force de persévérance et de partenariats (avec France Culture cette année), le Festival d’histoire de l’art a relevé partiellement le défi. Lui reste à stabiliser sa fréquentation familiale (hors étudiants et scolaires) afin d’insuffler une véritable dimension festivalière à la manifestation. Il s’agit encore de trouver les moyens financiers de sa pérennisation. D’un coût total de 800 000 euros (pris en charge au 2/3 par la Direction générale des patrimoines), le festival a clôturé l’édition 2014 avec un déficit de 5%. « Nous cherchons un mécène » ne cache pas le président du Château de Fontainebleau Jean-François Hebert lors de la conférence de presse. Ce dernier déplore notamment l’engagement insuffisant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Du neuf en 2015 ?

Outre les traditionnelles conférences en lien avec le thème, projections de films (Art et Caméra) et concerts (de J.S Bach, organisés par le Conservatoire de Paris), l’édition 2015 investira un nouveau lieu : le Musée de Barbizon (en plus du Cyclop de Tinguely et du Château de Fontainebleau) et permettra au public de découvrir le fameux Boudoir turque de Marie-Antoinette, fermé à la visite depuis des années. Créé en 1777 pour l’usage privé de la reine de France alors âgée de 22 ans, puis remeublé par l’Impératrice Joséphine, il vient d’être restauré dans son jus Ancien Régime. Soit un petit joyau de 20 m2 orné de « turqueries » et des créations de l’ébéniste Jacob-Desmalter auquel on pourra accéder via un petit escalier. Et seulement par groupe de huit personnes.

Côté tables rondes, la « matière » sera abordée sous toutes ses coutures. Les historiens de l’art et scientifiques en interrogeront la valeur (noble et ignoble), la conservation et la restauration. « Qu’est-ce que la présence de l’oeuvre à l’heure du virtuel ? » se questionne ainsi Florence Buttay, la directrice scientifique du festival. Elisabeth Lebovici et Philippe Peltier viendront débattre de la pratique du grattage chez Matisse ; l’anthropologue à l’Ehess Frédéric Joulian traquera les prémisses de la conscience esthétique chez les primates ; les designers Iris Van Herpen ou François Azambourg anticiperont sur les matières du futur. L’art contemporain sera également de la partie avec les travaux de Jana Sterbak et Fiona Tan. Quant au pays invité (la Hollande), il étudiera la construction de son identité par le biais de sa relation avec l’extrême orient.

Gratuité

Hybride, avec sa double programmation scientifique (dense) et culturelle (plus limitée), et sa vocation pluridisciplinaire, le Festival de l’histoire de l’art reste un objet difficile à appréhender pour les publics. On ne peut néanmoins qu’encourager une initiative qui rend accessible à tout un chacun, gratuitement, des conférences d’une très grande qualité. Et rejoue sous le soleil de mai les Journées du patrimoine, avec la possibilité de visiter le Château de Fontainebleau dans des conditions de médiation optimale – les étudiants de l’Ecole du Louvre et de Paris-Sorbonne se trouvant à disposition des visiteurs. Un château, résidence des rois de France pendant huit siècles, qui s’apprête à entamer sa métamorphoses avec une campagne de restauration au long court chiffrée à 300 000 euros.

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