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Un nouveau président pour Beaubourg

Florence Bousquet 4 mars 2015

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Après maintes spéculations et des grincements de dents de la part des acteurs du secteur culturel, le nom de l’heureux élu à la présidence du Centre Pompidou, succédant ainsi à Alain Seban, a été validé par le Conseil des ministres ce mercredi 03 mars. Il s’agit de Serge Lasvignes, ancien secrétaire général du gouvernement, qui prendra ses fonctions en avril. 

Serge Lasvignes, courtesy AFP

Le défi de la succession va être de taille pour Serge Lasvignes à qui l’on reproche déjà son inexpérience dans le secteur culturel et sa méconnaissance de l’art contemporain.

Cet homme plutôt discret, au vu de ses missions exigeant de la confidentialité, entre sous le feu des projecteurs dans l’une des plus grandes institutions muséales françaises. Ancien professeur de lettres modernes, le nouveau président originaire de Toulouse a changé de voie pour devenir haut fonctionnaire en intégrant l’ENA puis en devenant secrétaire général du gouvernement. Face à des candidats tel Christophe Girard, maire du IVème arrondissement de Paris, mais aussi Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture, ou Éric de Chassey, directeur de la Villa Médicis à Rome, il a reçu les faveurs de la ministre de la Culture Fleur Pellerin approuvée par le président François Hollande et le conseil des Ministres.

La décision de nomination a été prise en privé sans que l’on sache exactement ce qui a motivé ce choix. Un proche du dossier confie au Figaro : « Si Serge Lasvignes est nommé, c’est pour faire de la place à Marc Guillaume, actuel secrétaire général du Conseil constitutionnel» dans un habituel jeu de chaises musicales savamment orchestré.

Le nouveau président va devoir d’abord être un bon gestionnaire pour developper l’attractivité du centre et en premier lieu l’ouvrir à un public plus national. Il sera chargé de présider le conseil d’administration, d’arrêter la programmation annuelle des manifestations, de s’occuper des dons, de gérer le budget, les emplois et définir le règlement intérieur.

Point commun entre le nouveau président et son prédécesseur : leur origine toulousaine. Leur parcours, lui, diffère en de nombreux points. Alain Seban a toujours baigné dans le milieu administratif. Diplômé de l’Ecole Polytechnique, de SciencesPo Paris et de l’ENA, il est nommé très vite auditeur au Conseil d’État. En même temps, il est conseiller juridique du directeur des patrimoines au ministère de la Culture. Il a ensuite travaillé au cabinet de ce même ministère sous Philippe Douste-Blazy de 1995 à 1997 où il est chargé des musées, du patrimoine, de l’architecture et des archives. Puis il devient conseiller pour la culture et les médias et sera chargé de négocier les accords pour le Louvre Abu-Dabi. Parallèlement, il a fait partie de conseils décisionnaires de différentes institutions culturelles (caisse des retraites du personnel de l’Opéra de Paris, conseiller pour le musée du quai Branly…).

Souvent qualifié d’ « homme de fer » aux stratégies bien brodées, il a relevé spectaculairement la fréquentation du musée depuis huit ans. Parmi ses mesures phares : l’organisation des expositions à succès (Kandinsky, Calder, Mondrian/De Stijl…), le lancement du Nouveau Festival (2009), la création du Centre Pompidou Metz (2010), le Studio 13/16 (2010) pour les adolescents, le Centre Pompidou virtuel et le Centre Pompidou mobile.

Les résultats de son prédécesseur étant remarquables avec notamment une hausse de la fréquentation de +40% entre 2007 et 2011, le nouveau président va devoir faire mieux ou aussi bien.

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