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Quelles sont les œuvres saccagées par Daesh ?

Florence Bousquet 27 février 2015

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La vidéo a fait le tour du monde. Hier jeudi 26 février le groupe djihadiste Daesh a publié sur Twitter un film de propagande montrant des hommes en train de détruire à coup de perceuses et de massues des statues préislamiques du musée archéologique de Mossoul en Irak. Un acte barbare d’une rare violence. En réponse à cela, le musée de Bagdad, fermé depuis 2003 à cause de la guerre, a rouvert ses portes le 1er mars avec plusieurs semaines d’avance sur la date annoncée.

Irak: le groupe EI détruit des sculptures par 20Minutes

Les œuvres détruites (originaux ou répliques en plâtre?) n’ont pas encore toutes été identifiées par les experts, sachant qu’une partie des pièces avait été déplacée à Bagdad avant l’occupation de la ville par l’État islamique. Les spécialistes ont cependant réussi à isoler un groupe de sculptures provenant du site d’Hatra, près de Mossoul, et un taureau ailé du site archéologique de Nergal, jumeau de celui du British Museum.

Statue d’Uthal, roi d’Hatra, IIème siècle, musée de Mossoul. Photographie extraite de Persian Art. The Parthian and Sassanian Dy­nasties de R. Ghirshman. DR

Hatra était une grande cité vassale de l’empire Parthe. Située à 100 km de Mossoul, en actuelle Turquie, elle a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985. La ville, fondée au IIIème siècle avant notre ère, fut détruite au IIème siècle par le fondateur de la dynastie sassanide Ardashir Ier. Les vestiges témoignent de la grandeur de sa civilisation aux alentours du Ier siècle. Les sculptures détruites représentaient vraisemblablement des rois ou dignitaires parthes, reconnaissables à leur chapeau pointu et à leur main droite levée en un mouvement d’adoration ou de prière.

Taureau ailé du palais de Sargon II, Khorsabad, 710-705 avant notre ère, courtesy British Museum

Le taureau ailé quant à lui provient de la porte de Nergal (le dieu mésopotamien des enfers) à Mossoul, ancienne Ninive. Les djihadistes sont allés sur le site archéologique même pour le détruire. Il s’agit de l’une des grandes divinités en granit de l’époque assyrienne. Le British Museum de Londres en possède un exemplaire identique datant de 710-705 avant notre ère. Ces sculptures androcéphales gardaient les palais et les villes et mesuraient plus de 4 mètres de haut.

Résultat d’un mélange entre homme, taureau et oiseau, ils protegeaient la cité de tout envahisseur. Leur corps, d’un rendu anatomique précis, est celui d’un taureau marchant à pas lents : l’animal est doté de cinq pattes au lieu de quatre, afin de représenter deux allures : au repos, lorsque l’on regarde la sculpture de face et au pas, lorsque l’on regarde l’œuvre de profil.

Deux de ces animaux mythiques, provenant des fouilles de Khorsabad, sont également conservés au musée du Louvre dans la section « Antiquités orientales » (Aile Richelieu). Les taureaux, motifs d’inspiration syrienne, sont des éléments caractéristiques des décors palatiaux et nous restent comme un héritage de cette civilisation, chefs-d’oeuvre de l’art assyrien.

Le musée de Mossoul abrite des œuvres de la période assyrienne (XIV-VIIème siècle avant notre ère) et hellénistique (IV- Ier siècle avant notre ère). La plupart des sculptures détruites proviennent notamment de l’empire assyrien qui a dominé le Proche Orient aux VIIème et VIème siècles avant notre ère.

 

 

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