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Cinq bonnes raisons d’aller voir Télémaque à Beaubourg

Florence Bousquet 25 février 2015

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Ce mercredi 25 février s’ouvre la rétrospective d’Hervé Télémaque au Centre Pompidou. Redécouverte d’un maître de la figuration narrative qui a eu son heure de gloire dans les années 1960 et revient sur le devant de la scène.

Hervé Télémaque, Portrait de famille, 1962, huile sur toile, courtesy Hellip

1/ Le retour de la figuration narrative

Hervé Télémaque fait partie de ces grands artistes représentatifs d’une époque qui, la mode passant, a peu à peu déserté les cimaises. Sa carrière culmine en 1964 lorsqu’il organise l’exposition « Mythologies quotidiennes » (avec Bernard Rancillac) au Musée d’art moderne de Paris, posant ainsi les bases de la figuration narrative française, nouveau courant s’opposant à l’abstraction lyrique parisienne des années 1950 mais plus engagé que le pop art américain. Aujourd’hui, le mouvement revient sur le marché (une vente lui est dédiée chez Cornette de Saint Cyr le 30 mars) et en institution avec les expositions Erró au MAC de Lyon et Jacques Monory à Landerneau. Télémaque, lui, bénéficie de sa première rétrospective française depuis 40 ans.

2/ Pour rire des clichés du colonialisme

Né à Haïti en 1937, l’artiste a vécu à New York puis a déménagé en France en 1961. Les clichés colonialistes l’ont poursuivi partout. Il en a joué et les a détournés dans ses œuvres, en reprenant notamment la publicité « Y’a bon Banania ».

3/ Observer l’influence américaine en France

Ayant vécu à New York pendant quatre ans, il a subi l’influence d’Arshile Gorky, peintre expressionniste abstrait, dont on retrouve des traces dans l’explosion de couleurs vives. Cependant il ne souhaite pas s’engager dans la voie de l’abstraction et se rapproche plutôt du Pop Art qui émerge à cette époque aux États-Unis, et de la bande-dessinée. Il en retient les applats de couleurs et les tracés réguliers dans le style de la « ligne claire » d’Hergé. Il reprend ce langage formel et esthétique et aussi les thèmes ; s’employant à utiliser des objets quotidiens dans ses œuvres (chaussures de tennis, tentes de camping), à la manière des ready-made de Duchamp. Il essaie de leur donner un autre sens en les assemblant de manière surprenante, comme des enchaînements métaphoriques à portée critique.

4/ Découvrir une œuvre multiforme

Les soixante-quatorze œuvres exposées (peintures acryliques, épiscopes, dessins, collages, objets et dessins au fusain) témoignent des différentes périodes du peintre. Jusqu’à ses expérimentations sur des reliefs en bois recouverts de marc de café, marqué par ses souvenirs de Vaudou à Haïti. Producteur prolifique et protéiforme, il a utilisé presque toutes les formes d’expression possibles  ; grand admirateur de Plantu, il dit ne pas réussir à travailler aussi vite et avoir besoin de couleurs contrairement au caricaturiste français.

5/ Comprendre pourquoi son Portrait de famille a été vendu 403 200 euros

En 2012, la maison de ventes Drouot a cédé ce tableau peint en 1962 par l’artiste. Le prix (son oeuvre la plus chère jusqu’à ce jour) a été justifié par son exposition à la Documenta de Cassel en 1964. Il s’agit de l’une de ses toiles les plus célèbres car elle marque ses débuts et ceux de la peinture narrative française. A travers Portrait de famille, Hervé Télémaque montre un père ubuesque et cynique directement inspiré du roi Ubu d’Alfred Jarry. « Trop tard » semble indiquer le diptyque, comme s’il était vain pour un jeune homme de séduire sa mère à l’âge de la maturité, ironie du drame d’Œdipe. Un portrait de famille caricatural qui porte la trace de l’humour au vitriol de Télémaque.

HERVÉ TÉLÉMAQUE

25/02/2015 > 18/05/2015

Centre Pompidou

PARIS

Avec soixante-quinze peintures, dessins, collages, objets et assemblages, la rétrospective de l’œuvre d’Hervé Télémaque est l’une...

Exposition terminée
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