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Qui sera le Prix Duchamp 2015?

Florence Bousquet 12 février 2015

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On les attendait avec impatience ! Une semaine après l’annonce des nommés aux Césars, ce sont les nommés au prix Duchamp qui sont tombés il y a sept jours. Ça s’est passé chez Artcurial : l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français composée de collectionneurs d’art contemporain) a délivré, le 5 février, les résultats.

 

Qui va succéder à Julien Prévieux, vainqueur 2014, et ainsi voir sa carrière décoller ? Parmi les finalistes : Davide Balula, Neil Beloufa, Zineb Sedira et Melik Ohanian. Une sélection variée (qui, contrairement à l’an dernier, comprend au moins une artiste femme). On remarquera aussi que les quatre artistes ne sont pas cloisonnés à la France. D’origines diverses (Portugal, Arménie, Algérie), ils ont décidé de partager leur travail et leur vie entre Paris et New York ou Londres. Variété également dans les thèmes abordés, plus ou moins ancrés dans des problématiques actuelles comme chez Neil Beloufa, qui n’a que 30 ans. Le petit prodige de la scène française va rivaliser avec des artistes dont la carrière s’est bâtie avec le temps, comme Zineb Sedira, née en 1963. Qui remportera le prix Duchamp 2015, remis le 25 octobre au moment de la FIAC? Portraits des quatre artistes sélectionnés.

Nom : Davide Balula

Âge : 37 ans / Lieu de vie et de travail : Paris et New-York / Formation : École supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, École nationale supérieure d’Arts de Paris-Cergy / Galerie(s) représentante(s) : Galerie Frank Elbaz à Paris, Galerie François Ghebaly à Los-Angeles.

Médiums : dispositifs sonores et électroniques, visuels et plastiques, performances.

Ce qu’on dit de son travail: « Davide Balula s’intéresse aux nouvelles technologies, à la chimie ou à la physique, qui posent à leur manière la question des limites du perceptible et du pensable. Pour lui, il est impossible d’avoir une vision claire et définie de la réalité. Il utilise donc ces connaissances scientifiques pour les mener sur le terrain de l’imaginaire et de l’art, dans le but de renouveler nos façons d’appréhender le monde et ses vérités établies. » (CNAP, Marc Bembekoff, 2012).

Thématique : De sa formation initiale de musicien, Davide Balula, a gardé les traces. Utilisant le rythme, la musique ou le son, il en tire des données scientifiques qu’il réemploie dans son œuvre. Ses recherches sont aussi tournées vers l’organique, comme lorsqu’il enterre dans des galeries des toiles enchâssées et les retire cinq mois plus tard pour voir ce qu’elles sont devenues. L’artiste souhaite révéler la nature ou les principes physiques de notre planète dans ses installations. Il se considère avant tout comme expérimentateur.

Signe particulier : à la fois artiste et chanteur folk (Album Pellicule, 2005, label Active suspension).

Dernière exposition : Davide Balula, Galerie Rodolphe Janssen à Bruxelles (2014) / Monographie : Davide Balula, 2014, Shelter Press / Collection publique : FNAC, MAC/VAL à Vitry-sur-Seine, Centre Pompidou à Paris, FRAC(s) en région.

Actu : Solo show chez son galeriste Frank Elbaz.

River Painting, Davide Balula 2013, Sédiments sur toile, 100 x 150 cm, Pièce unique, courtesy galerie Frank Elbaz

 

Nom : Neil Beloufa

Age : 30 ans / Lieu de vie et de travail : Paris et Los Angeles / Formation : Le Fresnoy – Studio national d’Art Contemporain (France), ENSAD-Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Cooper Union School à New York, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris / Galerie(s) représentante(s) : Galerie Balice Hertling à Paris, Galleria Zero à Milan, Galerie François Ghebaly à Los-Angeles / Prix : De nombreuses récompenses parmi lesquelles le Prix Meurice pour l’Art Contemporain (2013) et l’Audi Talent Awards (2011).

Médiums : installations vidéo « fait main », sculptures.

Ce qu’il dit de son travail : « Je ne suis pas sculpteur, même si je m’intéresse à la forme, parfois c’est bancal, parfois c’est raté,  quelque fois c’est à côté. J’essaye, je ne suis pas drivé par une esthétique » (Palais de Tokyo, 2012). « Je regarde les images sans hiérarchie. J’essaie de me dire qu’un truc de Bresson ce n’est pas plus intéressant que Julie Lescaut » (Arte, 2014).

Thématique : Neil Beloufa réinvestit les stéréotypes culturels occidentaux « mainstream » pour les détourner. Ses installations « fait main » intègrent souvent une vidéo. Elles fonctionnent comme  une sorte de « catalogue » de notre imaginaire. Il expérimente des idées, des concepts, sans se soucier forcément de l’esthétique finale, mais c’est ce qui l’aide à progresser.

Signe particulier : artiste le plus jeune de la sélection, il a connu une ascension notoire et a même bénéficié d’une exposition monographique en 2012 au Palais de Tokyo.

Dernière exposition : « En torrent et second jour », Fondation d’entreprise Ricard à Paris (2014),  « Counting on people », Institute of Contemporary Art à Londres (2014) / Collection publique : Centre Pompidou à Paris.

Actu : (exposition collective) « Scroll infini », La galerie d’art contemporain à Noisy-le-Sec (jusqu’au 28 mars).

Les Manques contenus, Neil Beloufa, 2011, courtesy galerie Balice Hertling

Nom : Zineb Sedira

Age : 52 ans / Lieu de vie et de travail : Londres, Paris et Alger / Formation: Central Saint Martins School of Art et Royal College of Art à Londres / Galerie(s) représentante(s): Galerie Kamel Mennour à Paris, The Third Line à Dubai, Galerie Plutschow & Felchlin à Zurich / Prix : De  nombreux prix reçus parmi lesquels : le Dazibao Prize du Mois de la Photo de Montréal (2011) ; le SAM Art Prize (2011) et le Decibel Award, Arts Council (2004).

Mediums : photographie, installations, vidéos.

Ce qu’elle dit de son travail : « La différence c’est qu’en France on vous dit qu’il faut s’assimiler à la culture française et que l’on devient français de cette manière. En Angleterre on me disais au contraire « mais tu n’es pas française, tu es algérienne ». Ma double expérience française et anglaise s’est complétée, me permettant de redécouvrir mon identité propre et de me reconnecter avec l’Algérie, l’histoire de mes parents, leur rôle pendant la guerre d’Indépendance, leur condition d’intégration en France. On parlait l’anglais, le français et l’arabe dans la même famille, j’ai fouillé ce thème aussi, de la langue et de la transmission » (Diptyk, 2009).

Thématique : Fille d’un couple de militants de l’indépendance algérienne, Zineb Sedira est née en France, puis a déménagé à Londres. Ses nombreuses identités  l’ont amenée à réfléchir à la transmission des traditions culturelles, notamment par voie orale. Elle travaille à partir de bribes et de témoignages de ce qu’il s’est passé en Algérie, pays dont elle a la nostalgie. Ce sentiment de déracinement, d’exil, elle en a fait une question identitaire très actuelle et le centre de son travail. Elle et se considère comme une gardienne de mémoire.

Signe particulier : son exposition au musée Picasso de Vallauris a été censurée à cause de la traduction du mot « harki » par « collaborateur » en 2010. Elle a aussi exposé à la Biennale de Venise en 2001.

Expositions importantes : « Gardiennes d’images », Palais de Tokyo à Paris (2010), « Les rêves n’ont pas de titres » au MAC à Marseille (2010) / Monographie : Beneath the Surface, 2012, Les presses du réel / Collection publique : Centre Pompidou à Paris, Kamel Lazaar Foundation de Tunis, Musée d’art contemporain de Marseille, Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration à Paris, Tate collection à Londres.

Actu : Elle fait partie actuellement de l’exposition collective « The Translator’s Voice » au FRAC Lorraine (janvier-mai 2015). Un solo show est prévu à la Thirdline Gallery à Dubai (juin 2015) et « Made in Algeria, généalogie d’un territoire » au Mucem à Marseille (2016).

Mother, Daughter and I, Zineb Sedira, 2003, Double photographie tryptique,120 x 120 cm & 90 x 26 cm, © Zineb Sedira, Courtesy Kamel Mennour

Nom : Melik Ohanian

Age : 46 ans / Lieu de vie et de travail: Paris et New-York / Formation : École des Beaux-Arts de Montpellier, École nationale des Beaux-Arts de Lyon / Galerie(s) représentante(s) : galerie Chantal Crousel, Paris / Prix : Prize of October Art Salon à Belgrade (2005).

Médiums : installations, vidéos, photographie.

Ce qu’il dit de son travail : « L’art est une langue quasi morte, que seuls les artistes parlent encore. Et pourtant quand je travaille avec de jeunes slameurs ou des Indiens du Mexique, quelque chose de très beau se passe. Je suis né comme ça : dans la banlieue où j’ai grandi, on a autant volé de voitures que passé de soirées au théâtre ; je suis un bad boy qui respecte l’intellectuel. On croit toujours que ces deux sujets s’opposent, mais ils ne font qu’un» (Beaux-Arts magazine, 2008).

Thématique : Melik Ohanian travaille sur le temps, l’espace et la mémoire. Son oeuvre vaste questionne l’image et l’identité. Il s’intéresse aussi aux espaces inhabités, peu identifiables et à son pays d’origine : l’Arménie. Il a institué là-bas le DATCHA Project, une datcha (maison de campagne) où il invite des personnes qui ne se connaissent pas à vivre ensemble pendant un certain temps. En 2014, il a présenté au CRAC à Sète la sculpture Girls of Chilwell – Suspended Acting représentant des ouvrières anglaises remplissant des obus de poudre pendant la première guerre mondiale. Il aime aussi trafiquer des horloges et interroger ainsi le temps.

Signe particulier : jeune prodige des années 2000, benjamin de la bande de Pierre Huyghe et Philippe Parreno.

Dernière exposition: « Stutttering », CRAC à Sète (2014), « Welcome To Hanksville », Utah Museum of Contemporary Art à Salt Lake City (2014) / Monographie : POLYLOGUES Double-Edition, Sternberg Press, 2014 / Collection publique : MAC/VAL à Vitry-sur-Seine.

Actu : « Simples Gestes », Musée du Cristal de Saint-Louis-lès-Bitche (jusqu’au 21 février 2015)

FUTURING, [PLANET], Melik Ohanian, 2011, galerie Chantal Crousel, © Melik Ohanian, crédit photo :M.Argyroglio

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