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Mark Lewis : une photographie en mouvement

Florence Bousquet 6 février 2015

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Mark Lewis, c’est un peu le vidéaste (canadien) arrivé juste après les frères Lumière, posant sa caméra et filmant sans mise en scène la vie quotidienne. Observateur du banal, il use des outils cinématographiques pour en révéler la beauté. Et c’est comme si on redécouvrait le pouvoir de la vidéo. Visite.

Extrait de Above and Below the Minhocao, 2014, © Mark Lewis, courtesy Daniel Faria gallery et Mark Lewis Studio.

C’est au BAL, dans une petite impasse pavée non loin de la place de Clichy, où Mark Lewis expose jusqu’au 3 mai (et au Louvre jusqu’au 31 août), que nous sommes allés le chercher. Les sept films présentés dans l’exposition « Above and Below » ont été réalisés entre 1998 et 2014. Il s’agit de son premier solo show d’envergure en France.

On pénètre dans les salles sombres du BAL. Trois vidéos tournent sans relâche, lentes, silencieuses ; il ne se passe rien – ou du moins en a-t-on l’impression. Arrive alors Mark Lewis, grand, serein, comme ses vidéos. Derrière lui, une vue d’hélicoptère sur la chaîne des Alpes enneigées. Il s’agit de la vidéo Forte ! qu’il présente en anglais, de sa voix grave.

Déstabilisés, on s’arrête pour regarder plus attentivement. Petit à petit, on est pris d’un vertige, comme si on se trouvait avec la caméra au-dessus du vide. Vertigineux. On se demande où l’on va se poser, et progressivement on se rapproche d’un fort italien situé près d’Aoste.

Extrait de Forte !, 2010, © Mark Lewis, courtesy Daniel Faria gallery et Mark Lewis Studio.

C’est ainsi que Mark Lewis, artiste touche-à-tout qui a représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2009, envisage son travail : avec la lenteur des temps de la vie. Si le cinéma la condense parfois en 1h30, Mark Lewis, lui, utilise la temporalité de notre quotidien pour en montrer les gestes anodins. Et c’est justement à travers cette lenteur et ces micro-gestes que se révèle toute la poésie des instants fugitifs de l’existence. Dans la vidéo Above and Below the Minhocao, Mark Lewis filme en plan large et en plongée le Minhocao, autoroute aérienne de Sao Paolo, jusqu’à ce qu’il remarque un couple d’amoureux et zoome sur eux pendant de longues minutes. Enlacés au milieu de cette avenue fermée aux voitures le week-end, l’homme dépose un baiser sur l’épaule de sa compagne. Moment volé, instant de grâce. L’artiste n’engage pas d’acteurs et n’a pas de scénario écrit à l’avance. Parfois, ce sont les scènes qui se présentent à lui, comme cet homme fumant dans un café de Pologne (Cigarette Smoker at the Café Grazynka).

Pour capter cette réalité, Mark Lewis est revenu aux origines du cinéma. Comme dans les premiers films des frères Lumière, il pose sa caméra en plan-séquence ou la déplace lentement. Il use des procédés techniques de base et élimine tous les effets cinématographiques superflus pour rendre à la vidéo ce qui appartient à la vidéo : les mouvements des personnages. Revenant ainsi aux fondamentaux de cet art pour en montrer l’efficacité. Comme Guy Debord qui dénonce le spectacle par le spectacle, il dénonce la violence des images du cinéma actuel par un cinéma sans effets. Remontant aux sources donc, éliminant actions, acteurs, scénario accéléré, ses films sont des images animées, des photographies qui ont pris vie. Ce qui parait évident pour un artiste qui a été pendant longtemps photographe, puis a décidé de s’emparer de la caméra à partir du milieu des années 1990. « L’image photographique hante le film, et c’est l’une des raisons pour lesquelles le film Forte !  demeure « entre les deux », entre la photographie et la vidéo et aussi peut-être entre la peinture et les médias numériques. Et parce que le film existe dans cet « entre-deux », il doit jouer entre l’immobilité – on pourrait même dire la mort –  et le mouvement. » explique Mark Lewis.

Extrait de Cold Morning, 2009, © Mark Lewis, courtesy Daniel Faria gallery et Mark Lewis Studio.

De ces plans-séquences silencieux, sans action, ressort une vérité. « Poésie du rien mais conscience de l’enjeu du tout » conclut Diane Dufour, la commissaire. Comme lorsqu’il filme ce SDF (Cold Morning, 2009) pliant ses affaires après l’hiver et quittant sa plaque d’égout où viennent se poser des pigeons. Ainsi en s’intéressant à l’ordinaire, il pointe la marginalité et parle au plus grand nombre.

Malin, Mark Lewis, piège notre regard, l’hypnotise presque, par une lenteur atypique, pour nous rendre sensible à la beauté de tous les jours. Jour habituel, on sort. Les voitures font la course avec les taxis, qui font la course avec les piétons. Rien à voir avec l’attente dans les vidéos de l’artiste. Alors on repense à cette autoroute au coucher du soleil dans Above and Below the Minhoca, et on se dit qu’il est bien irréel, bien illusoire, ce temps-là, où l’on s’arrêtait pour observer ce qui nous entoure.

 

En même temps, Mark Lewis expose au Louvre jusqu’au 31 août. Il y présente trois films en conversation avec des œuvres du musée. Il réactive ainsi la vieille tradition du mouvement imaginé de la peinture.

MARK LEWIS

05/02/2015 > 17/05/2015

Le BAL

PARIS

Le BAL est heureux de présenter la première exposition importante en France consacrée au travail de Mark Lewis.

L’œuvre de c...

Exposition terminée
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