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[Ouverture ] Le Mudo, un musée tourné vers le présent

Céline Piettre 26 janvier 2015

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Son campanile, sa façade du XVIème siècle et ses fenêtres à meneaux flambant neufs font face à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. Après deux ans de rénovation, le Musée départemental de l’Oise ou Mudo, installé dans l’ancienne résidence épiscopale classée Monument Historique, a rouvert ses portes ce lundi 25 janvier. Et c’est avec solennité que les visiteurs pénètrent pour la première fois dans le nouveau Palais Renaissance, cette aile du musée fermée en 1997 et partiellement restaurée. Visite guidée par sa directrice Josette Galiègue.

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La rénovation du Musée de l’Oise a nécessité deux ans de travaux d’envergure et près de 10 millions d’euros. A quoi ressemble le nouveau Mudo par rapport à l’ancien ?

Il s’agissait à la fois de répondre à la sauvegarde du monument historique classé, le Palais Renaissance, joyau patrimonial fermé depuis plus de quinze ans, et à l’aménagement d’un musée moderne avec climatisation et ascenseur. Ce n’est pas la même chose de réhabiliter un bâtiment datant du XVIème siècle comme le nôtre et, par exemple, un bâtiment du XIXème siècle. C’est très lourd financièrement. Il a fallu trouver des solutions pour appliquer la loi d’accessibilité à un édifice qui compte autant de différences de niveaux au sol. Le doublage des murs s’est avéré indispensable pour cacher la technique (câbles, etc.). Certains décors (fresques), jusqu’alors invisibles, ont été restaurés. Enfin, nous voulions révéler l’aspect renaissant de façade, gommé par une restauration XIXème façon Viollet-le-Duc. A l’intérieur, la rénovation ne concerne pour l’instant que l’accueil du rez-de-chaussée et le premier étage consacré aux collections XIXème du musée avec, en point d’orgue, la salle « Thomas Couture ». Cette dernière a été équipée afin d’accueillir des spectacles et des conférences.

Comment a été pensée la nouvelle muséographie ? On croise notamment des œuvres contemporaines au sein des collections XIXème siècle, ce qui est assez inédit…

Nous avons privilégié un accrochage thématique, qui rend très vivant la visite et l’appréhension des œuvres. On y parcourt tout le XIXème siècle, du paysage (qui devient à cette époque un genre à part entière) à l’Ecole de Barbizon en passant par la peinture italienne sur le motif, le romantisme (avec Paul Huet et son Retour du grognard) et l’orientalisme. Le parcours s’achève sur une toile de Sisley intitulée Moret − le Chantier naval à Matrat, l’unique peinture impressionniste du musée acquise par legs. La collection est trop jeune (moins de trente ans) pour posséder un Delacroix, inaccessible financièrement. Nos artistes ne sont pas forcément des grandes figures mais ils caractérisent bien le XIXème siècle. On cherche plutôt à enrichir ce regard particulier propre au musée. Dans une des salles, un tableau de Jean-Baptiste Camille Corot, la Vasque de l’Académie de France à Rome, très apprécié des artistes, est mis en parallèle avec une œuvre de Maurice Denis où figure cette même vasque. Ailleurs, un ensemble de toiles de l’école danoise apportent de la modernité au parcours, avec cette lumière très pure. L’une d’elle, peinte par Emmanuel Larsen et baptisée simplement Bleu, comme une espèce d’abstraction avant l’heure, dialogue avec la vidéo Mer d’Ange Leccia. L’artiste contemporain intervient aussi au rez-de-chaussée. On lui a demandé de choisir des œuvres de la collection et d’en proposer une interprétation personnelle. Sa vidéo introduit le parcours. Elle donne le ton du Mudo, un musée tourné vers le présent, qui regarde l’art d’aujourd’hui.

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Jean-Baptiste Camille Corot, La Vasque de l’Académie de France à Rome, 1927-28. Crédits photo : Martine Beck-Coppola, RMN-Grand Palais / Mudo

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Ange Leccia, Mer, 2013.

Qu’est-ce qui fait de la toile l’Enrôlement des volontaires de 1792 de Thomas Couture la star des collections du musée ?

Thomas Couture est né à Senlis. C’est un enfant du pays, l’un des nombreux peintres d’histoire du XIXème et un excellent portraitiste. La toile est remarquable pour plusieurs raisons. Par ses dimensions d’abord, presque aussi grandes qu‘ Un Enterrement à Ornans de Courbet. Et par son absence des cimaises ensuite – longtemps roulée dans une réserve, la toile n’a été exposée au Mudo que de 1981 à 1997. Le tableau n’est pas terminé, ce qui rajoute à son aura, avec quelques morceaux emblématiques achevés comme celui figurant le noble et l’ouvrier marchant côte à côte, prêts à combattre pour défendre la République naissante. De Thomas Couture, on connaît seulement Les Romains de la décadence du Musée d’Orsay, primé au Salon de 1847. Le nôtre est à mon avis beaucoup plus intéressant. Il s’agit d’un sujet historique, avec un souffle romantique, lyrique ; c’est la Révolution telle que Michelet l’a décrite à ses auditeurs au Collège de France ; c’est un peu comme un rêve, cette nation rassemblée. Toutes les classes sociales défilent de gauche à droite, surplombées par des allégories. Le peintre s’est attaché à un traitement réaliste : le boulanger va pieds nus, la représentation du canon est documentée. On reconnaît Washington sur son cheval. Il y a, entre autres, une vigueur incroyable du dessin chez Thomas Couture. Il a beau être un peintre académique, sa touche est très moderne. Il ne peint pas de manière lisse, donne des accents avec des empâtements et laisse le dessin apparent. C’est lui qui apprend à peindre à Manet.

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Thomas Couture, Enrôlement des volontaires de 1792, 1848/1852 © MUDO – Musée de l’Oise / Philip Bernard

Les combles, remarquables pour leur charpente en chêne, présentent une installation vidéo de l’artiste finlandais d’origine écossaise Charles Sandison. L’œuvre est une commande du musée et appartient désormais aux collections…

Oui, on vient de l’acheter à l’unanimité du conseil d’acquisition ; elle sera présentée jusqu’au mois de septembre et réactivée ensuite, selon la programmation du musée. Charles Sandison est un artiste formidable qui a déjà créé des œuvres pour le Musée du quai Branly par exemple. Il a projeté des mots sur toute la charpente. Cet espace n’a pas été réaménagé. On l’utilise pour présenter des expositions d’art contemporain.

Le Mudo possède de belles collections de peintures anciennes et/ou d’art moderne. Quand bénéficieront-elles d’un espace d’exposition permanent ?

Ce n’est pas pour tout de suite. Mais nous continuerons à valoriser les œuvres de notre collection par des expositions organisées dans l’enceinte du Mudo ou hors-les-murs comme nous l’avons fait avec la céramique (à Compiègne) et l’Art déco (à Evian). La prochaine en date propose de redécouvrir le travail du peintre Amédée de la Patellière. Il faut qu’un musée bouge, reste vivant.

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