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Eliasson, l’univers et moi à la Fondation Louis Vuitton

Magali Lesauvage 31 décembre 2014

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À la Fondation Louis Vuitton récemment inaugurée, l’artiste danois Olafur Eliasson plonge le visiteur dans les sombres entrailles du vaisseau de lumière de Frank Gehry. Une expérience collective de la perception dont l’artiste s’est fait une spécialité.

Olafur Eliasson, Bridge from the future, 2014. Photo : Iwan Baan.

L’exposition a pour titre Contact et pourtant on fait tout pour s’y éviter les uns les autres. Dès l’entrée, et plusieurs fois au fil du parcours labyrinthique, des guides nous mettent en garde : claustrophobes, agoraphobes, mal-voyants et épileptiques, passez votre chemin, évitez les miroirs trompeurs, ne vous approchez pas trop de la lumière qui éblouit. Evidemment, dans le feuilleté architectural de Gehry déjà difficile à appréhender, on se complait dans cette perte de repères, et on touche à tout pour mieux comprendre : aux bulles de verre qui mettent le monde à l’envers, à notre reflet dans l’obscurité, aux néons de couleur chaude qui barrent l’horizon.

Célèbre pour ses œuvres à l’impact visuel direct teinté d’une certaine naïveté écolo, Olafur Eliasson privilégie dans son travail les effets de monumentalité. D’origine islandaise, l’artiste de quarante-sept ans professe, comme sa célèbre compatriote Björk, un attachement aux problématiques environnementales : ainsi en 1998 introduisait-il dans la Spree un colorant vert non-toxique pour dénoncer les problèmes de l’eau, ou plus récemment disposait cent tonnes de glace provenant du Groenland sur la grand place de Copenhague afin de dénoncer le réchauffement climatique. En 2003 son Weather Project, un grand disque d’or déployé dans le Turbine Hall de la Tate Modern de Londres, attirait près de deux millions de visiteurs.

À la Fondation Louis Vuitton, Eliasson affirme avoir souhaité explorer « les relations qui unissent les perceptions du moi, de l’espace et de l’univers ». Concrètement, ce vaste programme voit se succéder des objets et installations aux noms compliqués comme Parallax Planet ou Double Infinity : un morceau de météorite à l’entrée, que l’on est invité à toucher comme on plongerait ses doigts dans un bénitier en entrant dans une église, des bulles-miroirs à la Van Eyck qui offrent des points de vue renversés vers l’extérieur, une sculpture en forme de spirale, Bridge from the future, répondant aux multiples fractales visibles dans l’architecture de la Fondation, une Big Bang Fountain éclairée au stroboscope et jouissant de son insaisissabilité… Le tout baignant dans une dimension spirituelle vaguement New Age et un brin lourdaude.

Au cœur de l’expo, les ombres des visiteurs sont projetées dans une vaste salle, Map for Unthought Thoughts (Carte pour pensées impensées), expérience collective où chacun peut mesurer sa silhouette à celle des autres. Dans Contact, qui donne son nom à l’exposition, une ligne orange nous guide vers une obscurité où surgit notre propre image reflétée par un mur-miroir. Ce parcours initiatique s’achève le long d’une rivière souterraine (hélas tarie le jour de notre visite), étroit Styx vers un autre monde caractérisé par une chaude lumière jaune diffractée en autant d’issues virtuelles. On ferait bien chemin arrière pour renouveler l’expérience du moi et de l’univers, mais les vigiles nous en indiquent déjà la sortie.

 

OLAFUR ELIASSON

17/12/2014 > 16/02/2015

Fondation Louis Vuitton

PARIS

La Fondation Louis Vuitton lance la seconde phase de son programme inaugural avec une exposition importante d’Olafur Eliasson qui se tiend...

Exposition terminée
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