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La Maison rouge expose la plus grande collection privée d’art brut

Pascal Bernard 31 octobre 2014

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Pour la douzième fois depuis sa création, la Maison rouge accueille en ses murs une collection privée. Bruno Decharme a été invité à présenter une sélection d’œuvres provenant de son exceptionnelle collection d’art brut.

Vue de l’exposition Art brut|collection abcd/Bruno Decharme avec des œuvres d’ACM et Augustin Lesage, la Maison rouge, 2014 © Marc Domage.

Homme de cinéma, ancien assistant de Jacques Tati, scénariste, producteur, réalisateur de clips musicaux (notamment pour Alain Chamfort), de publicités et de documentaires, Bruno Decharme a fait de son activité de collectionneur un métier à temps plein. Depuis près de 35 ans, il achète compulsivement, frénétiquement des œuvres d’art brut. Sa collection compte aujourd’hui, à la louche, entre 3000 et 4000 pièces de 300 artistes provenant des quatre coins du globe, ce qui en fait la plus riche collection d’art brut au monde. Pour la Maison rouge, il a sélectionné un ensemble de 400 œuvres de 200 artistes (dessins, peintures, sculptures, photographies, installations), dont la diversité, tant des techniques que des supports utilisés, frappe : papiers, cartons, tissus, boîtes en tous genres, terre, métal, bois…

Bruno Decharme a toujours eu à cœur de partager sa passion : il a fondé en 1999 l’association abcd (art brut connaissance & diffusion) qui a pour objet de faire connaître et diffuser l’art brut à un large public par le biais d’expositions, de publications, de production de films… En 2004, il ouvrait un espace à Montreuil. Longtemps mis à l’écart, souvent moqué, l’art brut bénéficie depuis plusieurs années d’un regain d’intérêt de la part des musées (le musée d’art moderne de la Ville de Paris mettra à l’honneur Henry Darger en 2015) et du marché de l’art : certaines œuvres se vendent aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’euros. En témoigne aussi la vitalité de la galerie spécialisée Christian Berst qui vient d’ouvrir un second espace à New York (et qui confie jusqu’au 22 novembre une exposition carte blanche à Bruno Decharme).

Difficile à définir, l’art brut regroupe les créations réalisées en dehors des circuits artistiques conventionnels, ainsi que des œuvres dites médiumniques et des objets populaires atypiques. Ou, selon les mots de Jean Dubuffet, son théoricien : « Des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond ».

Installation de Hans-Jörg Georgi dans l’exposition Art brut|collection abcd/Bruno Decharme, la Maison rouge, 2014 © Marc Domage.

Depuis son ouverture, la Maison rouge s’est employée à favoriser le dialogue entre l’art brut et les artistes contemporains. On songe aux expositions Arnulf Rainer et sa collection d’art brut (2005), Henry Darger, bruit et fureur (2006), Augustin Lesage et Elmar Trenkwalder, les inspirés (2008), Louis Soutter, le tremblement de la modernité (2012). Une large place lui était en outre accordée dans l’exposition de la collection d’Antoine de Galbert, grand amateur d’art brut lui aussi, qui s’était confié à exponaute à l’occasion.

Bruno Decharme a souhaité montrer, en douze sections thématiques, l’universalité des thèmes abordés par les créateurs d’art brut : la vie, la mort, le bien, le mal afin de montrer qu’ils sont des artistes contemporains comme les autres. La collection rassemble les classiques comme Aloïse Corbaz, Adolf Wölfli, Alexandre Lobanov ou Augustin Lesage, ainsi que des contemporains moins connus du grand public. S’il est difficile de tenir plus de quelques secondes devant les visions presque sadiennes de Henry Darger mettant en scène des petites filles en proie à des prédateurs terrifiants, à l’inverse on s’arrêtera longuement sur les visions médiumniques transposées sur le papier de Victorien Sardou, les assemblages architecturaux d’ACM, les sculptures textiles de Judith Scott, les plans scientifiques de Jean Perdrizet… On tentera de déchiffrer ici et là les inscriptions quasi-illisibles qui couvrent le papier. Et on s’émerveillera devant la flotille d’avions en carton de Hans-Jörg Georgi, destinés selon lui à « sauver l’humanité ».

Dans l’exposition, un sentiment étrange, difficile à décrire, de répulsion et d’attirance mêlées, s’empare du visiteur et l’habite encore longtemps après avoir poussé les portes vers la sortie. L’art brut interroge. « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? », autant de questions auxquelles tentent de répondre à leur manière, et souvent de manière obsessionnelle, les créateurs d’art brut réunis ici.

 

ART BRUT / COLLECTION ABCD / BRUNO DECHARME

18/10/2014 > 18/01/2015

La maison rouge

PARIS

Depuis plus de trente ans Bruno Decharme assemble sa collection d'Art Brut. Elle compte aujourd’hui 3 500 pièces, recense 300 artistes du...

Exposition terminée
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