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Fondation Louis Vuitton : Paris a son Bilbao !

Magali Lesauvage 17 octobre 2014

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Une semaine avant son ouverture au public lors d’un week-end d’inauguration qui affiche déjà complet, on a visité la Fondation Louis Vuitton, bijou architectural signé Frank Gehry. Une réalisation magistrale au service de l’art (et d’une marque).

Le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton dessiné par Frank Gehry au bois de Boulogne, Paris, 2014.

Pinault n’aura pas eu sa fondation sur l’île Seguin, Arnault a désormais la sienne au bois de Boulogne. Douze ans de gestation, deux années de recherche pour inventer la technologie nécessaire à la réalisation du geste architectural voulu par Gehry, 700 ouvriers sur le chantier, 3600 panneaux de verre… Les chiffres sont colossaux, et la réalisation proprement pharaonique. Frank Gehry, alerte à 85 ans, évoque quant à lui lors de la présentation à la presse du bâtiment allongé tel un sphinx le long du jardin d’Acclimatation, une méthode « intuitive », citant le saxophoniste de jazz Wayne Shorter rencontré récemment. « J’ai dessiné cet édifice il y a sept ans déjà, j’ai déjà d’autres idées ! », s’amuse l’artiste-architecte, lauréat du Pritzker Price en 1989 et auteur notamment du Guggenheim Museum de Bilbao, du Walt Disney Concert Hall de Los Angeles, ou encore, à Paris également, de la Cinémathèque française.

« Building is not static », avance l’Américain : le bâtiment est « comme un iceberg », précise-t-il, qui peut et doit être autre chose que ce pour quoi il a été conçu, un moyen plus qu’une fin. Dès son approche, la Fondation Vuitton évoque immanquablement le Guggenheim de Bilbao : même sensation de légèreté dans cette structure qui semble prête à s’envoler, effleurant à peine le sol, mélange de verre et de métal propre à évoquer un cocon cristallin ou un bouton de fleur fragile prêt à éclore, perspectives vertigineuses et points de vue infinis à l’intérieur de l’architecture qui se regarde elle-même, ouverture sur le paysage alentour (en l’occurrence ici, le bois de Boulogne visible à 360° du haut des terrasses multiples, suspendues comme les jardins de Babylone), jeux d’eau où se reflète le bâtiment, agrémenté d’une spectaculaire cascade en escalier… Un bâtiment inédit, mais avec un air de déjà vu, dans une version plus aérée, plus ample encore que celle de Bilbao. Le coût total reste secret : plus que les 100 millions d’euros prévus, c’est certain, peut-être 300 ou 400 millions… « Un rêve devenu réalité », proclame Bernard Arnault, PDG de LVMH − et on est bien forcé ici d’être d’accord avec l’un des hommes les plus riches de France.

Vue de l’auditorium de la Fondation Louis Vuitton, avec une installation commandée à l’artiste américain Ellsworth Kelly ; en arrière-plan, la cascade, Paris, 2014.

Voilà pour l’écrin, que dire de son contenu, que cache cet iceberg ? La direction artistique de la Fondation Louis Vuitton a été confiée à Suzanne Pagé, à la tête pendant près de trente ans du musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Au programme : une première exposition consacrée à Frank Gehry lui-même (en parallèle de celle organisée au Centre Pompidou), avec notamment ses maquettes-esquisses où est sensible la spontanéité de son inspiration. Puis à partir de décembre la Fondation accueillera l’artiste de l’in situ Olafur Eliasson (déjà présent au sous-sol du bâtiment avec une impressionnante installation de lumière et de miroirs), avant une exposition d’art moderne au printemps. À voir d’ores et déjà, quelques focus sur la collection permanente Vuitton (dont plusieurs commandes), avec une salle entière consacrée à Gerhard Richter, des œuvres de Thomas Schütte, Christian Boltanski, Pierre Huyghe et une performance d’Oliver Beer, et un auditorium magnifiquement orné de toiles d’Ellsworth Kelly. Lieu d’expo, la Fondation prévoit déjà un programme culturel dense, avec concerts (les très recherchés Kraftwerk et Lang Lang prochainement), opéra de Dominique Gonzalez-Foerster, pièce chorégraphique de Noé Soulier, et même des lectures de poésie…

Un contenu que l’on pourrait qualifier de presque idéal, mélangeant moderne et contemporain, attendu et plus pointu, qui doit certainement à l’expertise sans faille de Suzanne Pagé dans ces domaines. Mais, comme nous le rappelle dans le lobby de la Fondation un montage assez énigmatique de bagages siglés du fameux « LV », cette action de grâce au service du Beau et de l’art est aussi, et surtout, au service d’une marque et de sa prospérité.

 

FRANK GEHRY

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